La question du leadership de Xi Jinping

Par Vision Times
Le 02/12/2020

L’autorité de Xi Jinping vacille et ses décrets ne sortent pas de Zhongnanhai

 

Certains commentateurs taïwanais pensent que la crédibilité du leadership de Xi pourrait être annihilée, et ses décrets ne sortent pas de Zhongnanhai. (Image : wikimedia / そらみみ (Soramimi) / CC BY-SA 4.0)
Certains commentateurs taïwanais pensent que la crédibilité du leadership de Xi pourrait être annihilée, et ses décrets ne sortent pas de Zhongnanhai. (Image : wikimedia / そらみみ (Soramimi) / CC BY-SA 4.0)
 

Xi Jinping, qui depuis son entrée en fonction a réprimé ses opposants politiques par des efforts de lutte contre la corruption, a progressivement centralisé le pouvoir et pourrait prolonger son règne à vie. Récemment, il a continuellement renforcé son pouvoir, ce qui a attiré l’attention du monde extérieur. Cependant, certains commentateurs taïwanais pensent que la crédibilité du leadership de Xi Jinping pourrait être annihilée, et ses décrets ne sortent pas de Zhongnanhai.

Selon un récent article publié par le principal commentateur de Taiwan, Wang Zhenming, dans Vocus, le problème des décrets politiques qui ne sont pas appliqués a souvent été l’apanage des dynasties chinoises. C’est souvent au milieu et à la fin d’une dynastie que les problèmes apparaissent : lorsque les décrets ne peuvent pas être effectivement appliqués.

Un système bureaucratique qui devient autonome et incontrôlable

L’article affirme que dans la Chine actuelle, en raison de la tension avec les États-Unis, Xi Jinping a enfreint les pratiques du passé et a l’intention de se maintenir au pouvoir à vie : plongeant la Chine dans un état d’instabilité et de crise. Cependant, à ce moment critique, il s’avère que le système de bureaucratie chinois et les gouvernements locaux mènent leurs propres politiques et prennent des décisions qui se contredisent.

L’article déclare que Xi Jinping n’est peut-être pas en mesure de contrôler efficacement le gouvernement, parce que le président et le secrétaire du parti sont nominalement des dirigeants suprêmes, mais dans les faits, le pouvoir appartient aux membres du Comité permanent du Politburo.

Le Comité permanent du Politburo compte désormais sept membres, dont le Premier ministre Li Keqiang, le président de l’Assemblée populaire nationale Li Zhangshu, le président de la Conférence Consultative Politique du Peuple Chinois ( CCPPC) Wang Yang, et Wang Huning, Zhao Leji et Han Zheng, qui se partagent d’autres responsabilités. Cette organisation présente l’avantage de partager la charge du travail et la prise de décision collective, d’équilibrer le pouvoir des factions au sein du parti et de fournir des freins et des contrepoids. Mais l’inconvénient est que le pouvoir exécutif du pays est fractionné, les partis s’affrontent et les prises de décision se déroulent dans une opacité digne d’une « boîte noire » et au sein de conflits internes.

Cependant, après son arrivée au pouvoir, Xi Jinping a enfreint cette règle interne de « pas de punition au sein du Comité permanent » dans une lutte de pouvoir. C’est ainsi qu’il a pu emprisonner Zhou Yongkang, un ancien membre du Comité permanent du Politburo. L’article affirme que bien que Zhou Yongkang soit également victime d’injustice, ce fait illustre l’âpreté des luttes internes au sein du Parti communiste chinois.

En outre, dès sa prise de fonction, Xi Jinping a utilisé des méthodes anti-corruption pour éradiquer les dissidents et consolider son pouvoir. En surface, la position de Xi Jinping a été consolidée, mais dans les faits, elle est encore plus excentrée. De là, il est possible d’analyser le leadership collectif de la bureaucratie interne du Parti communiste dans le passé. Dans ce système, chacun pouvait semer le chaos au sommet de la montagne.

 

Hong Kong, la plus importante fenêtre économique de la Chine sur le monde extérieur, est en proie à des troubles en raison des protestations contre le régime chinois et contre la version hongkongaise de la loi sur la sécurité nationale, sanctionnée par les États-Unis. (Image : wikimedia / Wpcpey / CC BY-SA 4.0 & Studio Incendo / CC BY 2.0)
Hong Kong, la plus importante fenêtre économique de la Chine sur le monde extérieur, est en proie à des troubles en raison des protestations contre le régime chinois et contre la version hongkongaise de la loi sur la sécurité nationale, sanctionnée par les États-Unis. (Image : wikimedia / Wpcpey / CC BY-SA 4.0 & Studio Incendo / CC BY 2.0)
 

La Chine au coeur d’une crise interne, mais aussi externe

L’article avance que sous le règne de Xi Jinping, la Chine est confrontée à un ralentissement économique, à une rupture des relations avec les États-Unis, à un fort recul des relations avec l’Europe, à des inondations, des épidémies, de mauvaises récoltes, à une flambée des prix de la viande et à d’autres problèmes… Même Hong Kong, la plus importante fenêtre économique de la Chine sur le monde extérieur, est en proie à des troubles en raison des protestations contre le régime chinois et contre la version hongkongaise de la loi sur la sécurité nationale, sanctionnée par les États-Unis. Il n’est pas surprenant que la société chinoise mette de plus en plus en doute la capacité de leadership de Xi Jinping et que la bureaucratie, aussi loyale et patriotique soit-elle, commence à paraître instable au vu de la situation nationale de plus en plus désastreuse.

Dans le même temps, ce qui aggrave la situation, c’est que la société chinoise est contrôlée par la parole depuis longtemps. « Préférer la gauche à la droite » a été la réponse la plus courante des responsables du Parti communiste chinois, dans le passé, lors de crises : ce qui peut amener la bureaucratie chinoise à adopter des mesures plus pugnaces et agressives pour maintenir la stabilité.

Selon l’analyse faite par l’article, la propagande « divinatoire » de l’administration Xi Jinping exige constamment que les différents systèmes de la Chine suivent de près le gouvernement central, s’alignent sur la ligne de pensée du parti et se rallient au noyau de Xi Jinping. Mais ce n’est qu’un article bureaucratique stéréotypé officiel. Il est possible de voir à quel point les choses peuvent mal tourner lorsque des bureaucraties chinoises suivent leur propre voie. La Chine envoie maintenant des messages contradictoires que certains pensent être le résultat d’une tactique intelligente de Xi Jinping, mais le scénario le plus probable est que Xi Jinping n’a plus le contrôle effectif de son gouvernement.

L’article mentionne que si Xi Jinping a essayé de rallier et de contrôler les militaires dès son arrivée au pouvoir, tout en précisant qu’il reste à voir si cela a bien fonctionné, les généraux le suivront-ils encore, maintenant qu’il est confronté à des pressions internes et externes ?

Une organisation interne qui favorise la corruption

L’article précise l’organisation interne de la Chine. Ainsi, le gouvernement du Parti communiste peut être dominé par plusieurs forces différentes : ce qui est plus visible au niveau local, en raison du fort protectionnisme régional du pays.

Dans ce contexte, les fonctionnaires locaux ont abusé de leur pouvoir pour amasser des richesses, encourageant les villes à piller les campagnes. Souvent, au nom d’un développement centralisé, ils concentrent les ressources dans les zones urbaines afin de créer des villes florissantes, dont il est également commode de profiter, pour s’enrichir. Dans cet environnement de corruption, les grandes villes de premier rang sont prises en charge par les politiques de l’État et deviennent comme des « mastodontes aspirant toutes les richesses », tandis que les petites villes de deuxième et troisième rang sont contrôlées par des « fonctionnaires corrompus » et forment une scène particulière de « groupuscules aspirant les richesses restantes », ce qui déséquilibre encore plus le développement de la société chinoise.

 

Les rumeurs actuelles d’une mésentente entre Li Keqiang et Xi Jinping ne sont pas sans fondement. Li Keqiang pourrait être en mesure de contraindre Xi Jinping à se retirer. (Image : wikimedia / DoD photo by Erin A. Kirk-Cuomo / Domaine public & English: Foreign and Commonwealth Office / OGL v1.0 / Domaine public)
Les rumeurs actuelles d’une mésentente entre Li Keqiang et Xi Jinping ne sont pas sans fondement. Li Keqiang pourrait être en mesure de contraindre Xi Jinping à se retirer. (Image : wikimedia / DoD photo by Erin A. Kirk-Cuomo / Domaine public & English: Foreign and Commonwealth Office / OGL v1.0 / Domaine public)
 

Toujours dans le cadre de l’organisation interne, l’article avance que bien que le Parti communiste chinois (PCC) souligne depuis longtemps que la Chine est un pays de droit, tout le monde sait que la Chine est une société dirigée par des personnes. De fait, les fonctionnaires de tous les niveaux s’appuient sur des relations personnelles et sur la collusion avec les intérêts des autres, du niveau central jusqu’aux fonctionnaires locaux les plus basiques : formant diverses factions et petits groupes. C’est le schéma que l’on a pu voir dans les relations entre Zhou Yongkang et Bo Xilai. Alors que le comité permanent du Politburo au sein du gouvernement central a son propre agenda en raison des luttes politiques, les fonctionnaires locaux ont leur propre agenda en raison du protectionnisme régional et de la corruption. Xi Jinping sera-t-il encore capable de contrôler efficacement cette énorme machine à gouverner devenue obsolète, lorsque son autorité sera encore plus contestée par des problèmes internes et externes ?

L’article poursuit en disant que dans le passé, le fait que Zhou Yongkang et Bo Xilai se soient associés pour planifier un coup d’État n’est connu que par quelques uns des principaux acteurs, et que cela pourrait dans le futur devenir un mystère historique. Mais les rumeurs actuelles d’une mésentente entre Li Keqiang et Xi Jinping ne sont pas sans fondement. Si Li Keqiang, associé à des fonctionnaires de tous les niveaux, ne coopère pas de manière négative aux politiques ou même ne prend pas de mesures pour forcer Xi Jinping à quitter ses fonctions à l’expiration de son deuxième mandat, il pourrait être en mesure de contraindre Xi Jinping à se retirer : ce qui constitue la menace la plus sérieuse et le déclencheur d’une affaire plus grave, dans l’année ou les deux années à venir, pour Xi Jinping.

L’article a également souligné que Xi Jinping n’a pas nommé de successeur pour le moment. Il veut définitivement continuer à être au pouvoir. Cependant, dans la situation actuelle en Chine, même si Xi Jinping peut poursuivre un troisième mandat, pourra-t-on encore l’appeler mandat ?

La nature centralisée de la bureaucratie chinoise et sa tendance à ne pas suivre les ordres pourraient s’aggraver. Xi Jinping pourrait ne plus être en mesure de contrôler efficacement le vaste appareil qu’est le gouvernement du PCC, ce qui serait un désastre majeur pour le PCC, voire mener à sa disparition.

 

Xi Jinping pourrait ne plus être en mesure de contrôler efficacement le vaste appareil qu’est le gouvernement du PCC, ce qui serait un désastre majeur pour le PCC, voire mener à sa disparition. (Image : wikimedia / Domaine public)
Xi Jinping pourrait ne plus être en mesure de contrôler efficacement le vaste appareil qu’est le gouvernement du PCC, ce qui serait un désastre majeur pour le PCC, voire mener à sa disparition. (Image : wikimedia / Domaine public)
 


Traduit par Charlotte Clémence

Source : https://www.secretchina.com/news/gb/2020/11/30/954199.html