Un crime dépassant l’entendement — le massacre de 361 pratiquants de Falun Gong — a eu lieu fin 1999 dans le district de Shijingshan, à Pékin, au sein de Shougang — l’un des plus grands groupes sidérurgiques d’État de Chine, alors présenté comme un fleuron de l’industrie lourde du pays.
Selon un rapport de l’Organisation mondiale pour enquêter sur la persécution du Falun Gong (WOIPFG, 追查国际) * dévoilé le 18 juillet 2026, ces 361 pratiquants, venus à Pékin pour y déposer pacifiquement une requête auprès des autorités et ayant refusé de décliner leur identité afin de protéger des tiers, auraient été transportés en autocar sous escorte discrète jusqu’à l’aciérie de Shijingshan appartenant à ce groupe. Sous la garde de la police armée, ils auraient été poussés de force dans l’acier en fusion en ébullition, à plus de 1500°C, effaçant instantanément toute trace de leur existence.
Le prétexte invoqué pour ce meurtre aurait été leur seul refus de donner leur nom véritable — un refus qui, sous le régime du Parti communiste chinois, aurait suffi à leur valoir un tel sort.
Pourquoi refuser de décliner leur identité ?
Ce silence s’explique par la crainte des représailles collectives alors en vigueur en Chine : si un pratiquant révélait son nom et sa région d’origine, sa famille, ses voisins, son école ou les responsables de son lieu de travail pouvaient être suspendus de leurs fonctions, licenciés, ou frappés d’autres sanctions sévères. C’est donc pour épargner ces conséquences à leurs proches que les pratiquants auraient choisi de taire leur identité — un geste de protection que le régime aurait retourné en prétexte pour les faire disparaître.
Un autre témoignage à l’appui
À l’appui de ce contexte de persécution, un pratiquant témoigne d’un épisode similaire, qu’il a lui-même vécu dans un autre lieu de détention. Arrêté place Tian’anmen puis emmené en détention, il aurait vu, dès son arrivée, deux hommes évacuer un corps enveloppé dans un drap blanc, immobile — il semblait avoir été battu à mort, et il s’agissait peut-être d’un pratiquant du Falun Gong, sans qu’il ait pu en être certain.
Avec plus d’une centaine d’autres détenus, il aurait ensuite subi diverses formes de mauvais traitements — alimentation forcée, coups, électrochocs administrés dans un hôpital psychiatrique — dans le seul but de lui faire révéler son identité et son adresse. Il dit ne toujours pas comprendre comment un simple refus de donner son nom a pu valoir à ces pratiquants d’être ainsi torturés et massacrés.
Jiang Zemin, le donneur d’ordre
Cet ordre est directement attribué à Jiang Zemin, alors chef du Parti communiste chinois. Le 25 octobre 1999, à la veille d’une visite officielle en France, celui-ci aurait, dans un entretien écrit accordé à Alain Peyrefitte du Figaro, qualifié publiquement le Falun Gong de secte — une déclaration aussitôt reprise et diffusée par les médias officiels chinois, dont le Quotidien du Peuple, qui en auraient fait l’un des principaux arguments de la campagne de répression.
À cette époque, chaque jour, des pratiquants se rendaient place Tian’anmen pour clarifier que le Falun Gong enseignait à faire le bien, cherchant ainsi à rétablir la vérité face au mensonge propagé par le régime. Selon ce qu’un policier aurait confié à l’un des pratiquants arrêtés, Jiang Zemin aurait suivi personnellement, jour après jour, le nombre de personnes venues manifester ou exprimer leur soutien au Falun Gong sur la place, et, rongé par la jalousie et la haine, aurait ordonné à la police d’obtenir coûte que coûte, par tous les moyens, l’identité de ceux qui refusaient de la donner.
Une confession tardive sur le massacre de 361 pratiquants de Falun Gong
La divulgation du massacre de Shougang est attribuée à un ancien policier armé — désigné dans le rapport sous le nom de Cui X., afin de préserver son anonymat, — originaire de Cangzhou, dans la province du Hebei. Il aurait fait partie, avec un autre agent, du détachement de police armée chargé de pousser de force les pratiquants, sous la menace des armes, dans l’acier en fusion. Il aurait d’abord refusé d’exécuter cet ordre, avant qu’un supérieur ne pointe une arme sur sa propre tête pour l’y contraindre.
Dans la semaine qui a suivi, il aurait été en proie à des nausées répétées et aurait sombré dans une détresse psychologique telle qu’il aurait envisagé de mettre fin à ses jours. Ce n’est qu’en 2016, lors d’un repas avec des amis, qu’il aurait fini par raconter, en larmes, ce secret qu’il portait depuis dix-sept ans — le seul témoignage direct connu à ce jour sur cette affaire.
Vingt-sept ans après les faits
Vingt-sept ans après les faits, les noms de ces 361 victimes, leur histoire, leurs derniers instants restent largement enfouis sous le silence imposé par le régime chinois. Le massacre de 361 pratiquants de Falun Gong rappelle que l’idée qu’un outil industriel puisse être détourné de sa fonction pour devenir un instrument d’extermination n’est malheureusement pas nouvelle dans l’histoire du XXe siècle. Mais chaque fois qu’un tel récit refait surface, aussi tardivement soit-il, il rappelle qu’aucun silence n’est éternel.
Ce récit est difficile à lire, et plus difficile encore à croire. Mais c’est précisément pour cette raison qu’il mérite d’être connu : comme pour les victimes de la Shoah, les victimes de ce type de crimes n’ont, la plupart du temps, ni nom ni sépulture — seule la mémoire de ceux qui les découvrent peut encore leur rendre justice.
Que l’on occupe une position élevée ou que l’on soit un simple citoyen, chacun peut, à sa manière, contribuer à exposer la vérité et à faire tomber le mal et l’obscurité qu’incarne le Parti communiste chinois. Les Chinois, comme le monde entier, connaîtront un jour une Chine libre !
*Organisation mondiale pour enquêter sur la persécution du Falun Gong (WOIPFG)
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Rédacteur Yi Ming
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