L’ancien Premier ministre chinois Zhu Rongji est décédé le 12 août 2026 à Pékin, à l’âge de 98 ans. Durant son mandat de Premier ministre, de 1998 à 2003, sous le secrétariat général de Jiang Zemin, il a su traiter avec discernement la manifestation pacifique des pratiquants de Falun Gong le 25 avril 1999 et s’est opposé aux velléités de Jiang Zemin de déclencher une persécution contre le Falun Gong, sans toutefois parvenir à l’en dissuader.
Parcours de Zhu Rongji
Né en octobre 1928 à Changsha, dans la province du Hunan. Sa famille était originaire de Fengyang, dans la province d’Anhui, mais s’était établie de longue date à Changsha, où elle constituait une famille notable de la région. Selon certaines sources, il descendrait de Zhu Yuanzhang, fondateur de la dynastie Ming.
Zhu Rongji est entré à l’université Tsinghua en 1947, alors que la Chine était en pleine guerre civile entre le Parti communiste chinois et le Kuomintang. Il a étudié au département de génie électrique, avec une spécialisation en fabrication de machines électriques, et a achevé ses études en 1951.
Zhu Rongji a fait ses débuts dans l’administration économique de l’État. En 1951, il est affecté au bureau de la planification du ministère de l’Industrie du gouvernement populaire du Nord-Est de la Chine, avant d’être muté à Pékin en décembre 1952.
Par la suite, Zhu Rongji a gravi progressivement les échelons pendant plusieurs décennies, avant de diriger l’Institut d’économie industrielle de l’Académie chinoise des sciences sociales, puis de devenir vice-directeur de la Commission économique d’État. Il a ensuite été nommé maire, puis secrétaire du Parti à Shanghai. En mars 1998, à l’âge de 70 ans, il a accédé au poste de Premier ministre du Conseil des affaires d’État, fonction qu’il a quittée en 2003.
Il a également été membre suppléant du 13e Comité central du Parti communiste chinois, puis membre titulaire des 14e et 15e Comités centraux, membre du Bureau politique et de son Comité permanent.
Après sa retraite, Zhu Rongji est resté discret. En octobre 2018, il a reçu à Pékin des membres du comité consultatif de l’École de gestion économique de l’université Tsinghua, sa dernière apparition publique connue.
La gestion mesurée de la manifestation pacifique du 25 avril 1999 par Zhu Rongji
En mai 1992, M. Li Hongzhi a présenté pour la première fois, dans la province du Jilin, dans le nord-est de la Chine, une méthode de Qigong et de pratique spirituelle intitulée Falun Dafa, également connue sous le nom de Falun Gong. Cette discipline repose sur le principe fondateur de « Authenticité, Bienveillance, Patience », dont l’ouvrage central est Zhuan Falun.
Selon les estimations du ministère de la Sécurité publique de la République populaire de Chine établies avant 1999, entre 70 et 100 millions de personnes pratiquaient alors le Falun Gong en Chine continentale. L’ensemble de la société chinoise avait connu, à cette époque, un redressement moral, une amélioration de la santé publique et un essor florissant dans tous les secteurs.
Pourtant, Jiang Zemin, alors au pouvoir, a multiplié, par jalousie, les entraves contre le Falun Gong. En avril 1999, quarante-cinq pratiquants de Falun Gong ont été arrêtés à Tianjin sans motif valable. Le 25 avril 1999, plusieurs dizaines de milliers de pratiquants de Falun Gong se sont réunis pacifiquement devant le bureau des pétitions du régime.

Zhu Rongji, tout juste revenu d’un déplacement officiel aux États-Unis, a reçu des représentants du mouvement et accepté leurs trois requêtes légitimes :
- la libération de 45 pratiquants arrêtés à Tianjin sans motif valable,
- l’instauration d’un environnement libre pour la pratique du Falun Gong,
- l’autorisation de publier ses ouvrages.
Le règlement mesuré de cet événement du 25 avril 1999 avait considérablement rehaussé le prestige de Zhu Rongji tant en Chine qu’à l’étranger, ce que l’ancien chef du Parti Jiang Zemin, rongé par la jalousie et la rancune, n’a pas pu tolérer.
Le 26 avril 1999, lors d’une réunion du Comité permanent du Bureau politique consacrée à la question du Falun Gong, Jiang Zemin se serait brusquement levé dès que Zhu Rongji avait prononcé les mots « Laissons-les pratiquer... », le pointant du doigt en s’écriant : « Cela mènera à la fin du Parti et de l’État ! »
Passant outre l’opposition des six autres membres du Comité permanent du Bureau politique, Jiang Zemin a unilatéralement déclenché, en juillet 1999, la persécution du Falun Gong, laquelle se poursuit à ce jour.
Rédacteur Yi Ming
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