Les secrets célestes derrière le chinois traditionnel (1/14)

Par Li Daozhen
Le 06/01/2021
L’empereur céleste envoie Cang Jie sur terre pour y créer l’écriture chinoise. (Image : Mimi Zhu / Vision Times)
L’empereur céleste envoie Cang Jie sur terre pour y créer l’écriture chinoise. (Image : Mimi Zhu / Vision Times)
 

La culture traditionnelle chinoise est également appelée culture divine. Inspirée de la sagesse des dieux, elle est reliée au divin et dotée d’un sens profond, donc difficile à comprendre. Depuis l’antiquité, combien de philosophes et de sages chinois ont passé leur vie entière à étudier cette culture sans parvenir à comprendre pleinement sa connotation. En tant que véhicule et témoin de la culture divine chinoise, les caractères chinois sont naturellement connectés au monde divin. Par conséquent, pour appréhender la culture chinoise, il faut en tout premier lieu en saisir les fondements : les caractères chinois. Sinon il est difficile de percevoir les vérités subtiles et merveilleuses qui se cachent derrière chaque idéogramme.

Cette série d’articles est une invitation au voyage au coeur de l’univers sans limites des idéogrammes les plus ancestraux du monde où de multiples secrets du ciel et des miracles divins se dévoileront au fur et à mesure sur ce chemin de quête vers la vérité.

Origines de l’écriture chinoise

« Les grandes portes du ciel sont ouvertes depuis une éternité. Combien de personnes y sont retournées et combien sont descendues sur terre ? », s’interrogea Shao Yong (邵雍) dans son Poème de la fleur de prunier (梅花詩).

Depuis les temps anciens, la Chine est connue sous le nom de « Shen zhou » (神), (Terre divine), un lieu béni par les dieux où ils ont démontré ce qu’est la culture divine. Selon les contes et légendes transmis de génération en génération par les ancêtres du peuple chinois, les dieux sont autrefois descendus sur la Terre et se sont incarnés en tant qu’anciens savants ou augustes sacrés du peuple chinois, tels que Youchao (有巢氏, le dieu inventeur des habitats), Suiren (燧人氏, le dieu qui apprit à l’homme à se servir du feu et cuisiner), Fuxi (伏羲氏, le dieu qui créa les huit trigrammes ), Nuwa (女媧氏, la déesse qui créa l’humanité) et Shennong (神農氏, le dieu qui goûta cent herbes médicinales afin de transmettre la médecine à l’homme)…

Ils guidèrent et accompagnèrent les ancêtres du peuple chinois à travers les différentes civilisations humaines, de la lointaine période préhistorique jusqu’à la civilisation actuelle : ce qui a duré cinq mille ans, et a contribué à bâtir, pas à pas, tout un système culturel chinois dit de transmission divine. À l’époque, les dieux assistaient les hommes sur terre, accomplissant de nombreux miracles et laissant ainsi derrière eux de nombreuses légendes merveilleuses qui ont nourri spirituellement les Chinois, descendants de l’Empereur Yandi (炎帝) et de l’Empereur Huangdi (黃帝).

La naissance de l’écriture chinoise

 

Écriture ossécaille. (Image : wikimedia / 中國國家博物館 / CC BY-SA 3.0)
Écriture ossécaille. (Image : wikimedia / 中國國家博物館 / CC BY-SA 3.0)
 

Han Fei Zi (韓非子), Lu Shi Chun Qiu (呂氏春秋), Huai Nan Zi (淮南子), Shuo Wen Jie Zi (說文解字) et d’autres textes anciens rapportent que Cang Jie (倉頡), l’historien officiel de l’Empereur Jaune, a créé les caractères chinois. Le fait que Cang Jie ait créé des caractères chinois est devenu un fait accepté à travers les âges.

Dans les livres anciens tels que Huai Nan Zi, Chun Qiu Yuan Ming Bao (春秋元命苞) et d’autres textes anciens, il est dit que « Lorsque Cang Jie créa les caractères, le millet tomba du ciel et les esprits mauvais pleurèrent toute la nuit ».

Zhang Yanyuan (張彥遠) de la dynastie Tang (唐, 618-907) a également écrit dans son livre Peintures célèbres des dynasties passées (曆代名畫記) : « Cang Jie créa les caractères afin de divulguer les secrets de la création et de la transformation, les cieux semèrent le millet sur terre (pour le célébrer), ne pouvant plus se dissimuler, les mauvais esprits et fantômes pleuraient dans la nuit. À cette époque, l’écriture et la peinture étaient une seule et même chose, pas encore séparées. Les pictogrammes venaient d’être créés et étaient encore très simples. Parce qu’il était impossible de transmettre son sens, l’écriture a été créée, et parce qu’il était impossible d’exprimer sa forme, la peinture a été créée. C’était l’intention des sages du ciel et de la terre ».

Ces explications laissent place à l’interprétation selon laquelle les caractères chinois ont une origine de très haut niveau et seraient un outil de transmission des secrets célestes des divinités à l’humanité.

Quel genre de secrets célestes se cachent derrière les caractères chinois ? Cette série d’articles permettra de les explorer.

Comment Cang Jie a créé l’écriture ainsi que les liens entre les idéogrammes et le Yijing

 

Cang Jie, l’historien officiel de l’Empereur jaune, est né avec quatre yeux et c’est lui qui a créé l’écriture chinoise. (Image : wikimedia / Domaine public)
Cang Jie, l’historien officiel de l’Empereur jaune, est né avec quatre yeux et c’est lui qui a créé l’écriture chinoise. (Image : wikimedia / Domaine public)
 

D’après les livres anciens tels que Chun Qiu Yuan Ming Bao et Peintures célèbres des dynasties passées, « Cang Jie est né avec quatre yeux, et il regardait les phénomènes célestes et toutes les choses sur la terre, observant les motifs et les empreintes des oiseaux et des animaux, créant ainsi l’écriture ».

En fait, les comparaison entre les archives sur la création des caractères par Cang Jie et celles sur la création des huit trigrammes (八卦,Ba gua) par l’ancien roi-sage Fuxi montrent que ces deux systèmes ont été créés de façon extrêmement similaire.

Le Zhou Yi • Xi Ci (Volume II) (周易•系辭下) rapporte que « L’ancien sage Fuxi regardait les phénomènes célestes et toutes les choses sur la terre, observant les motifs et les empreintes des oiseaux et des animaux. Il procéda directement à partir de lui-même et indirectement à partir des choses, créant ainsi les huit trigrammes, pour se connecter au divin et décrire toute chose entre le ciel et la terre ».

Selon ces écrits, il n’est pas difficile de trouver qu’il existe des liens particuliers entre les caractères chinois et les huit trigrammes de Zhou Yi.

Jiang Shi (江式), le célèbre ministre et linguiste de la dynastie Wei du Nord (北魏, 386 - 534), a expliqué dans son Mémorial sur la calligraphie Lunshu Biao (論書表) présenté à l’empereur Xuanwu (宣武帝) que « Cang Jie a créé les caractères en observant les images naturelles présentées par les huit trigrammes de Fuxi, les motifs colorés de la tortue sacrée et les traces d’oiseaux et d’animaux à l’époque de l’Empereur jaune ».

Le Yi Tong Gua Yan (易通卦驗) dit : « Fuxi a créé le Yi. À cette époque, il n’y avait pas d’idéogrammes et les huit trigrammes étaient utilisés pour noter des choses ». Cela signifie qu’avant la naissance de l’écriture en Chine, les huit trigrammes du Zhou Yi étaient dotés de la même fonction que l’écriture.

Notamment « quand ils sont utilisés en paire de façon superposée, ils forment soixante-quatre hexagrammes de Zhou Yi qui englobent toute chose sous le ciel sans rien omettre », selon le Zhou Yi • Xi Ci (Volume I) (周易•系辭上), « l’écriture ne peut pas exprimer pleinement la pensée. La parole ne peut pas non plus décrire pleinement les idées et les humeurs. Est-ce pour cela que les pensées profondes des sages ne peuvent pas être exprimées ? C’est pourquoi les sages ont créé les 64 hexagrammes pour exprimer l’ensemble des idées et leur humeurs ».

 

Le cheval-dragon offre à Fuxi le diagramme céleste à l’origine de la création des huit trigrammes. (Image : wikimedia / CC BY-SA 3.0)
Le cheval-dragon offre à Fuxi le diagramme céleste à l’origine de la création des huit trigrammes. (Image : wikimedia / CC BY-SA 3.0)
 

Cette explication montre que les 64 hexagrammes peuvent remplir les mêmes fonctions que les mots pour exprimer les idées et les pensées, et ils peuvent même les dépasser pour décrire un sens encore plus profond.

En résumé, avant de créer l’écriture, les soixante-quatre hexagrammes composés par les huit trigrammes ont été utilisés pour noter des choses. Et les caractères ont été créés en référence aux principes du Zhou Yi : les idéogrammes chinois et le Zhou Yi utilisent le même principe et peuvent être interactifs. Ainsi, ce sera bien utile d’apprendre quelques notions de base sur les huit trigrammes du Zhou Yi avant d’étudier les idéogrammes chinois afin de comprendre la signification authentique des caractères chinois.

Les huit trigrammes du Zhou Yi sont l’une des sources de la civilisation chinoise, ils datent de la lointaine période préhistorique de la civilisation, transmis de génération en génération, posant une base très importante pour l’établissement de la culture chinoise. Toutes sortes d’études prédictives mystérieuses dans la culture chinoise sont directement développées sur la base des trigrammes du Zhou Yi. En même temps, Zhou Yi est l’un des cinq classiques du confucianisme, posant la pierre angulaire de la pensée confucéenne.

La culture chinoise est impénétrable, Zhou Yi est la partie la plus difficile à comprendre de la culture chinoise. On l’a appelé l’écriture céleste sans mots, depuis l’Antiquité. Pendant des milliers d’années, peu de gens ont pu comprendre le véritable mécanisme derrière cela. Cet article abordera le principe du Zhou Yi du point de vue personnel de l’auteur qui s’en servira pour interpréter les caractères chinois, dans le but d’explorer les secrets célestes derrière les caractères les plus mystérieux du monde.


A suivre…


Traducteur rédacteur Charlotte Clémence
Collaboration Yi Ming

Version en chinois : 神傳文字藏天機