Press "Enter" to skip to content

Tradition. Les secrets célestes derrière le chinois traditionnel (2/14)

CHINE ANCIENNE > Tradition

L’esprit suit la grande voie et les mains sont connectées au ciel, Calligraphie La grande voie (大道帖) de Wang Xizhi (王羲之, 321-379), les dynasties Wei et Nord-Sud (魏晉南北朝, 220—589). (Image : Musée Nationale du Palais de Taiwan / @CC BY 4.0)

La culture traditionnelle chinoise est également appelée culture divine. Inspirée de la sagesse des dieux, elle est reliée au Divin et dotée d’un sens profond, donc difficile à comprendre. Depuis l’antiquité, combien de philosophes et de sages chinois ont passé leur vie entière à étudier cette culture sans parvenir à comprendre pleinement sa connotation. En tant que véhicule et témoin de la culture divine chinoise, les caractères chinois sont naturellement connectés au monde divin. Par conséquent, pour apprendre la culture chinoise, il faut en tout premier lieu en saisir les fondements : les caractères chinois. Sinon il est difficile de percevoir les vérités subtiles et merveilleuses qui se cachent derrière chaque idéogramme.

Cette série d’articles est une invitation au voyage au cœur de l’univers sans limite des idéogrammes les plus ancestraux du monde où de multiples secrets du ciel et miracles divins se dévoileront au fur et à mesure sur ce chemin de quête vers la vérité.

L’histoire de Pan Gu et la genèse de l’univers : la connexion entre l’univers et l’homme

Avant de comprendre le lien entre les huit trigrammes de Zhou Yi (周易八卦) et l’écriture chinoise, regardons d’abord deux concepts indispensables pour la culture traditionnelle chinoise : « la connexion entre l’univers et l’homme » (天人合一, Tian Ren He Yi), et « l’aspect ou la manifestation » (象, Xiang), sans quoi nous ne pouvons pas apprécier la subtilité du Zhou Yi et de l’écriture chinoise.

La genèse de l’univers selon la légende chinoise Pan Gu ouvre le ciel et la terre. (Image : 该图片由 / beate bachmann在 / Pixabay /上发布)
La genèse de l’univers selon la légende chinoise Pan Gu ouvre le ciel et la terre. (Image : 该图片由 / beate bachmann在 / Pixabay /上发布)

Dans le système de la culture divine chinoise, l’homme est connecté au ciel, à la terre et aux divinités de façon permanente. Lorsqu’un événement de grande envergure va se produire sur terre, on peut souvent détecter des signes dans les phénomènes célestes et des présages dans la nature. « Quand un pays est sur le point de prospérer, il y aura certainement des signes de bon augure; quand un pays est sur le point de décliner, il y aura sans doute un démon », écrit Zi Si (子思) - petit-fils de Confucius - dans le livre Zhong Yong (中庸). Pour les anciens chinois, le corps humain, la nature et l’univers forment un ensemble uni, connecté, cohérent et holographique, ce qui est une expression du concept de « la connexion entre le ciel et l’homme ».

Pour mieux comprendre ce concept, il faut commencer par la naissance de l’univers enregistrée par les archives historiques et les légendes chinoises.

D’après des textes anciens, tels que la Chronique des trois Augustes et des cinq Empereurs (三五曆記) , les Annales des cinq éléments (五運歷年紀) et les Contes du Merveilleux  (述異記), nous pouvons imaginer le processus de la naissance de l’univers et de Pan Gu (盤古), le premier être sorti du chaos originel, séparant le ciel et la terre :

Dans un passé extrêmement lointain, ce petit univers dans lequel nous nous trouvons n’était pas encore né, il n’y avait pas d’êtres humains, ni ciel ni terre, il y avait seulement le chaos originel. Tout comme un œuf dans lequel une vie allait naître. Ainsi, après une longue période, un énorme être est né du chaos, et c’était Pan Gu.

Portrait de Pan Gu. (Image : wikimedia / Domaine public)
Portrait de Pan Gu. (Image : wikimedia / Domaine public)

Suite à la naissance de Pan Gu, toute chose entre le ciel et la terre apparut. Dans le processus, le yang s’étant levé et le yin étant descendu, ils étaient séparés ainsi dans le chaos, le yin et le yang étant interactifs, et le Taiji a commencé à tourner, donnant naissance aux couches après couches du ciel et de la terre et donnant vie à toute chose. Le ciel, la terre et toute chose ainsi que le corps géant de Pan Gu formaient un tout, au fur et à mesure que le corps de Pan Gu grandissait, le reste grandissait également. Le corps de Pan Gu évoluait et se métamorphosait sans cesse entre le ciel et la terre. Il était l’esprit du ciel et le savant sur la terre, il était connecté au ciel, à la terre et à toute chose dont il était maître. Après de longues années, le corps de Pan Gu étant devenu infiniment grand, le ciel, la terre et l’univers ont été ouverts en même temps.

Cela peut paraître incroyable que Pan Gu ait transformé son corps en univers et nature, que la terre sur laquelle nous vivons ainsi que les innombrables galaxies ne soient qu’une partie de son corps. Cependant, il y a deux mille cinq cents ans, le Bouddha a déjà dit à l’homme qu’il y avait trois mille mondes dans un seul grain de sable. Selon les explications dans les soutras bouddhistes, une partie de l’univers illuminée par un soleil et une lune est appelée un petit monde, alors les trois mille grands mondes équivalent à un milliard de petits mondes, c’est-à-dire une vaste galaxie !

L’univers dans la bouche de Krishna, divinité indienne

On trouve des histoires similaires dans la mythologie indienne. Par exemple, l’histoire de Vishnu, le dieu céleste, est enregistrée dans le Mahabharata, la Bhagavata Purana, la Gita Govinda et d’autres textes.

Krishna, divinité indienne, montre à Arjuna sa forme universelle. (Image : wikimedia / CC BY-SA 3.0)
Krishna, divinité indienne, montre à Arjuna sa forme universelle. (Image : wikimedia / CC BY-SA 3.0)

Vishnu est le dieu de la tutelle, l’un des trois principaux dieux de l’Inde, à qui la déesse de la terre a prié de venir sur terre pour aider à chasser les tyrans et à rétablir la paix dans le monde des mortels.

Il s’est incarné en Krishna (sombre ou bleu-noir en sanskrit) dans le monde des mortels. Quand il était enfant, il était très espiègle. Une fois qu’il a eu un problème avec les gardiens de troupeaux, ceux-ci ont couru chez sa mère adoptive, Yehuda, et se sont plaints qu’il jouait à nouveau par terre, en mangeant de la terre. Yehuda a trouvé Krishna et l’a réprimandé pour avoir mangé de la terre, alors Krishna a soutenu qu’il n’avait pas mangé la terre. Yehuda lui a demandé à d’ouvrir la bouche pour l’examiner, et quand Krishna a ouvert la bouche, Yehuda était stupéfaite. Elle a vu dans la bouche de Krishna le soleil, la lune et le ciel étoilé scintillant, la lumière d’une vaste galaxie rayonnait à travers les couches après couches de nébuleuses cosmiques : elle a vu l’univers entier dans la bouche de Krishna! Cette image l’a tellement bouleversée qu’elle a perdu connaissance instantanément.

La légende selon laquelle Pan Gu a ouvert le ciel et la terre, transformé son corps en ce petit univers où nous, les humains, vivons, et que la Voie lactée et d’autres innombrables galaxies énormes tournent en orbite dans son corps, ressemble vraiment beaucoup à la légende de Krishna.

A suivre…

Traduit par Yi Ming

Version en chinois : 解周易八卦與神傳文字(二):天人合一