La fête de Qixi : la Saint Valentin chinoise

Par Jiube
Le 24/08/2020
Peinture dans le couloir du palais d’été : Le vacher et la jeune fille tisserande se rencontrent sur le pont de pie. (Image : Wikimedia / shizhao (talk)拍摄,画者不明 / Domaine public)
Peinture dans le couloir du palais d’été : Le vacher et la jeune fille tisserande se rencontrent sur le pont de pie. (Image : Wikimedia / shizhao (talk)拍摄,画者不明 / Domaine public)
 

La fête de Qixi (七夕) est l’une des plus importantes fêtes traditionnelles de Chine. « Qi » signifie « sept » et « Xi » (夕) signifie la « nuit » : « Qixi » signifie la septième nuit du septième mois lunaire. C’est la nuit où les deux amoureux - le vacher (牛郎;Altair) et la déesse tisserande (織女;Véga) - se rencontrent sur un pont de pie selon une légende chinoise.

Dès la dynastie des Zhou (周朝;1045 av. J.-C. – 256 av. J.-C. ), Altaïr et Véga apparaissent en même temps dans des poèmes, mais à cette époque, Altaïr et Véga n’étaient que les noms d’ étoiles, il faut attendre la dynastie des Han orientaux (東漢;25 - 220 apr. J.-C.) pour qu’ils deviennent les symboles de la fête de Qixi et les deux protagonistes de la légende chinoise du vacher et de la tisserande.

Origine de la fête de Qixi - La légende du vacher et de la tisserande

Selon la légende, la tisserande était l’une des filles de l’empereur céleste au paradis et vivait sur la rive Est du fleuve céleste. Elle travaillait assidûment sur son métier à tisser année après année, elle était si douée pour le tissage qu’elle tissait de ses propres mains tous les nuages et toutes les couleurs du ciel. L’empereur céleste eut pitié d’elle qui vivait toute seule et la maria à un vacher qui vivait sur la rive Ouest du fleuve céleste.

Après le mariage, le jeune couple était si heureux qu’elle cessa progressivement de tisser. L’empereur céleste en fut fort mécontent et demanda à la pie de dire au vacher et à la tisserande de se voir seulement une fois tous les sept jours. Malheureusement la pie se trompa en disant au jeune couple qu’ils pouvaient se voir tous les jours. Le vacher et la tisserande étaient si contents qu’ils laissèrent complètement leur travail derrière eux. L’empereur céleste, mécontent, demanda à la tisserande de revenir vivre à la rive Est et décréta qu’elle ne pourrait retrouver le vacher qu’une seule fois par an, à la septième nuit du septième mois, sur le pont construit par les pies.

A la dynastie des Song du Nord (北宋;960-1127), un poète nommé Qin Guan (秦觀)  composa un poème intitulé « Que Qiao Xian » (鹊桥仙 ; Immortel sur le pont de pie) pour parler de cette histoire d’amour :

« Les nuages fins dans le ciel sont toujours changeants, 
les étoiles filantes dans le ciel transmettent la tristesse de la nostalgie, 
et la voie lactée lointaine et sans limites que j’ai tranquillement traversée ce soir. 
Se rencontrer la septième nuit du septième mois en automne est mieux que 
ces couples qui se voient tout le temps mais qui ne s’aiment plus.
Nous partageons ce moment amoureux avec des sentiments tendres.
Cette courte retrouvaille est comme un rêve, 
et quand nous nous séparons, 
nous ne pouvons pas supporter de regarder la route des pies.  
Tant que notre amour reste immuable, 
pourquoi devrions-nous avoir peur de ne pas pouvoir nous revoir tous les jours ? »

Coutumes de la fête de Qixi

La fête de Qixi, également connue sous le nom de la fête de Qiqiao (乞巧), « Qi » (乞) signifie « supplier » et « Qiao » (巧) signifie « habileté ». Selon la tradition chinoise, lors de la nuit de Qixi, les jeunes filles suppliaient la déesse tisserande de leur accorder de la sagesse, de l’habileté, ainsi qu’un mariage heureux, d’où le nom de la fête de Qiqiao.

 

 Cérémonie de prière au Pavillon d’Aiguilles. (Image : Musée national du Palais / Taipei)
Cérémonie de prière au Pavillon d’Aiguilles. (Image : Musée national du Palais / Taipei)
 

C’est la raison pour laquelle, l’activité la plus importante de cette nuit était la cérémonie de prière et la cours d’enfilage du fil. Cette nuit là, les jeunes filles déposaient des fruits et des légumes, du vin et de la nourriture dans la cour et priaient avec tout leur cœur de tisserande.

« Enfiler des aiguilles » était l’activité la plus ancienne pendant la cérémonie de prière et cela a commencé sous la dynastie Han (漢朝;206 av. J.-C. – 220) et devint très populaire jusqu’à nos jours. Sous la période des Cinq Dynasties (五代 ;907 ap. J.-C. – 960 ap. J.-C.), le littéraire Wang Renyu (王仁裕, 880-956) a noté dans son roman « L’Histoire des périodes de Kaiyuan et de Tianbao » que dans le palais impérial, on déposait des fruits et de l’alcool sur la table comme offrandes pour prier auprès de la tisserande. Puis, au clair de la lune, les concubines de l’empereur enfilaient des aiguilles à neuf trous avec du fil coloré. La plus rapide sera la plus habile et la course durait toute la nuit. Plus tard, ces activités ont été vulgarisées et répandues parmi les filles issues des familles ordinaires.

 

Détail de la course d’enfilage des aiguilles. (Image : Musée national du Palais / Taipei)
Détail de la course d’enfilage des aiguilles. (Image : Musée national du Palais / Taipei)
 

Cette fête n’est pas destinée qu’aux femmes, elle est également le jour d’anniversaire de Kui Xing (魁星, les quatre premières étoiles de la Grande Ourse), dieu de la culture et de la littérature selon la tradition chinoise. C’est un dieu très respecté par les lettrés chinois d’autrefois et vénéré cette nuit-là par les élèves qui souhaitaient réussir au concours national.

Sous la dynastie Tang (唐朝;618–690 et 705–907), toutes les familles exposaient ce jour-là leur collection de livres au soleil dans la cour afin de chasser les mites et pour d’être bénites par le dieu Kui Xing. Du point de vue météorologique, le septième mois lunaire (le mois d’août) tombe à la fin de la saison de pluie et avant la saison de récolte, et c’était le moment propice pour sécher les livres.

La fête de Qixi est également le synonyme de la gastronomie chinoise. La spécialité la plus connue de cette fête n’est rien d’autre que les Qiaoguo (巧果), une sorte de petits gâteaux à la base de blé ou de riz, frits dans l’huile ou cuits au four. Selon un essai de style carnet de notes intitulé « Dongjing Meng Hua Lu » (東京夢華錄 ; Rêves de splendeur de la capitale de l’Est) de la dynastie des Song du Nord, parfois, on y rajoutait également du miel, des sésames, des cacahuètes, des noix et même des pétales de rose, c’était délicieux !

 

Qiaoguo, petits gâteaux à la base de blé ou de riz, frits dans l’huile ou cuits au four. (Image : Capture d’écran / Youtube)
Qiaoguo, petits gâteaux à la base de blé ou de riz, frits dans l’huile ou cuits au four. (Image : Capture d’écran / Youtube)
 

Aujourd’hui encore, Qixi reste une fête traditionnelle romantique. Malgré la disparition de nombreuses coutumes et activités, la légende du vacher et de la tisserande perdure toujours et représente le symbole de l’amour fidèle.


Traduit par Yi Ming

Source :
https://www.zhengjian.org/node/52803大纪元
http://www.chinese.ntpu.edu.tw/files/archive/1879_c9539175.pdf