Press "Enter" to skip to content

Tradition. Le merveilleux art chinois : Séjour dans les monts Fuchun

CHINE ANCIENNE > Tradition

Séjour dans les monts Fuchun, 1347-1350. Encre sur papier. Ensemble du premier fragment, partie située à droite du rouleau d'origine. Musée provincial du Zhejiang, Hangzhou. (Image : wikimedia / Huang Gongwang / Domaine public)
 

La peinture chinoise Séjour dans les Monts Fuchun est un chef-d’œuvre créé par Huang Kungwang, considéré comme le peintre le plus vénéré parmi les quatre grands maîtres de la dynastie Yuan.

Considéré comme l’apogée de la peinture de paysage de la Chine ancienne, Séjour dans les monts Fuchun a ensuite été estimé comme la plus grande œuvre en son genre.

Séjour dans les monts Fuchun. (Image : Huang Gongwang / Wikimedia / Domaine public)
Séjour dans les monts Fuchun. (Image : Huang Gongwang / Wikimedia / Domaine public)
 

Huang commence des études de peinture à l’âge de 50 ans. À 78 ans, il s’installe dans les montagnes de Fuchun (sud-ouest de Hangzhou, sur la rive nord de la rivière Fuchun) où il passe le reste de sa vie. Il réalise un certain nombre de paysages naturels, dont Séjour dans les Monts Fuchun.

Depuis la dynastie Yuan, tous les artistes ont considéré l’occasion de voir cette peinture comme un grand privilège. Dans la dernière dynastie Ming, Dong Qichang, célèbre peintre et connaisseur, achète ce parchemin en l’an 24 de Wanli (1596), mais peu de temps après il passe dans les mains du collectionneur Wu Zhiju (Zhengzhi).

Séjour dans les monts Fuchun. (Image : Huang Gongwang / Wikimedia / Domaine public)
Séjour dans les monts Fuchun. (Image : Huang Gongwang / Wikimedia / Domaine public)
 

L’amour de la peinture

Ensuite son fils,Wu Wenqing, qui l’apprécie beaucoup, le reçoit en héritage et il construit un monument appelé « Fuchun Xuan » pour conserver ce trésor familial.

Le peintre Zou Zhilin, un ami proche de Wu Wenqing, a inscrit sur l’œuvre : « Le propriétaire vit avec ce tableau depuis des décennies. Il le pose près de son oreiller quand il dort, près de son siège quand il mange. Jour et nuit, où qu’il aille, la peinture l’accompagne. »

Quand Wu Wenqing fuit la guerre, à la fin de la dynastie Ming, il n’emporte avec lui que la toile. Moribond, il tente de brûler la peinture pour qu’elle l’accompagne. Heureusement, son neveu l’a sauve à temps. Cependant, la première partie du parchemin n’échappe pas à l’incendie, et les parties restantes seront séparées au cours des 300 dernières années.

Séjour dans les monts Fuchun. (Image : Huang Gongwang / Wikimedia / Domaine public)
Séjour dans les monts Fuchun. Second fragment. Musée National du Palais à Taipei. (Image : Huang Gongwang / Wikimedia / Domaine public)

L’œuvre secondaire, qui correspond à la première section et qui mesure 51,4 centimètres de long, est ensuite connue sous le nom de La montagne restante (剩 山 圖). En 1956, elle entre au Musée provincial du Zhejiang à Hangzhou.

La plus longue pièce, connue sous le nom du manuscrit principal de Wuyong (無用 師 卷), est emmenée à Taïwan dans les années 1950, et se trouve maintenant au musée national du palais à Taipei.

Vrai ou faux : « Le Rouleau du Maître Wuyong » est connu sous ce nom à cause de l’inscription indiquant qu’il devait être donné à Maître Wuyong, un taoïste, surnommé Zheng, apprenti de Huang Kungwang. Le Rouleau de Maître Wuyong a été identifié à tort comme faux, tandis que l’imitation, Le Rouleau de Ziming, a été tenue pour authentique par l’empereur Qianlong.

Séjour dans les monts Fuchun. (Image : Huang Gongwang / Wikimedia / Domaine public)
Séjour dans les monts Fuchun. (Image : Huang Gongwang / Wikimedia / Domaine public)
 

Des amours qui tuent

L’empereur a une affection particulière pour le Séjour dans les monts Fuchun. Non seulement il l’expose souvent dans le palais, mais il l’emmène également lors de ses visites d’inspection. De 1745 à 1794 il y appose 55 fois des inscriptions. Ses inscriptions remplissent presque tous les espaces disponibles de la peinture, ce qui lui a causé, sans doute, un sérieux dommage.

Quant à la toile de Maître Wuyong, elle n’a pas d’inscription de l’empereur car elle n’était pas considérée comme une œuvre authentique. Elle est par conséquent bien conservée. L’artiste qui l’a finalement identifiée comme une œuvre authentique est le célèbre connaisseur Xu Bangda. En 1973, dans le cinquième numéro du journal du musée du palais national il publie un article intitulé L’identification de Séjour dans les monts Fuchun, certifiant que le rouleau de Maître Wuyong est authentique, et que celui de Ziming est faux.

Rédacteur Gabriel Olamsaint

Soutenez notre média par un don ! Dès 1€ via Paypal ou carte bancaire.