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Sagesse. Quel est le vrai sens de la vie contenu dans le roman La Pérégrination vers l’Ouest ? (2/2)

CHINE ANCIENNE > Sagesse

Certains disent qu’après avoir lu le livre La Pérégrination vers l’Ouest, aussi connu sous le titre Le voyage en Occident, il est possible de connaître le vrai sens des calamités qui s’abattent sur une personne, ainsi que le vrai sens de la vie.

L’auteur de La Pérégrination vers l’Ouest suggère le vrai sens de la vie

Wu Cheng’en, l’auteur de La Pérégrination vers l’Ouest, a commencé son roman par un poème qui suggère le vrai sens de l’existence du monde et celui de la vie :

« Lorsque le monde était encore dans le chaos, personne ne pouvait rien voir.
Depuis que Pan Gu a brisé le chaos, le ciel et la terre sont ouverts, le clair et le trouble sont distingués.
Le monde est un endroit bienveillant pour tous les êtres vivants, et toutes les choses ont été créées pour le bien.
Si vous voulez connaître l’œuvre de création et de transformation, vous devez lire la saga du Voyage en Occident. »

La Pérégrination vers l’Ouest peut sembler être une simple histoire de lutte contre les démons extérieurs, mais il s’agit en fait d’une histoire sur la façon de vaincre les démons dans son esprit. À travers l’histoire mythique de la recherche des sutras bouddhistes d’un moine sous la dynastie Tang et de ses quatre disciples en Inde, à l’Ouest de la Chine, Wu Cheng’en (1500 - 1582) guide le lecteur pour l’amener à surmonter ses démons intérieurs et finalement réussir à saisir le vrai sens de la vie.

Quel est le vrai sens de la vie contenu dans le roman La Pérégrination vers l’Ouest
Dans la Pérégrination vers l’Ouest, chacun des démons représente quelque chose qui retient les gens dans le monde humain. (Image : Musée National du Palais de Taïwan / @CC BY 4.0) 

Dans La Pérégrination vers l’Ouest, chaque démon a une profonde connotation

Chacun des démons représente quelque chose qui retient les gens dans le monde humain. Le voyage vers l’Ouest pour chercher les soutras est un processus qui consiste à se débarrasser des démons dans son esprit.

Par exemple, la colère de Sun Wukong l’a poussé à brûler le monastère de Guanyin, le monstre de l’ours noir, qui est un démon du cœur, est donc apparu pour empêcher Wukong de devenir un bouddha.

Dans ce chapitre de la Montagne Flamboyante, la Montagne Flamboyante, le Roi Démon Taureau et le Garçon Rouge sont tous des flammes dans le cœur. La montagne flamboyante est une brique de feu que Sun Wukong a jetée à terre en sortant de la fournaise des Huit Trigrammes dans le Palais Céleste, mais qui est finalement devenue la montagne flamboyante : une calamité sur son chemin vers l’Ouest. La voie de sa libération consiste à « briser le cœur de vengeance et à se tourner vers le Bouddha » selon le roman. Ici, Sun Wukong réalise la vraie signification de cette calamité et élimine son cœur.

Le Roi Démon Taureau et Sun Wukong sont des frères jurés, donc quand Sun Wukong se bat et se met en colère contre le Roi Démon Taureau, il se bat en fait contre lui-même.

L’enfant rouge symbolise le feu de la haine et il a blessé Sun Wukong avec le feu. Cela signifie que si une personne vit dans la haine, elle ne fera que brûler son propre cœur à la fin. En outre, l’enfant rouge symbolise le « cœur innocent d’un enfant », selon une expression chinoise. Dans l’histoire, c’est le Bodhisattva qui a protégé l’enfant rouge, symbolisant que nous devons préserver ce cœur pur sur le chemin de la vie en grandissant.

Le monstre du vent jaune souffle le vent du samadhi, qui représente l’atmosphère sociale qui fait que le cœur humain, Sun Wukong, perd son chemin.

Les trois images du démon de l’os blanc représentent respectivement l’émotion, l’amour et le désir d’une personne. Le Roi Singe, le cœur, les tue toutes, pour montrer que nous devons contrôler notre émotion, notre amour et notre désir sur le chemin de la vie et ne pas les laisser devenir des obstacles à notre progression.

En outre, l’esprit des os blancs symbolise également le masque de peau humaine. Le masque de peau humaine, esprit des os blancs, peut induire le désir instinctif des êtres humains : c’est pourquoi Zhu Bajie a commencé à semer la discorde et fait perdre aux gens leur cœur, et que le moine Tang a chassé Sun Wukong.

Les sept émotions et les six désirs, le vrai et le faux

L’argent, le Roi aux cornes d’or et le Roi aux cornes d’argent, peut lier le cœur des gens et leur rendre difficile la fuite. L’auteur compare cette vérité au fait que les rois à cornes d’or et d’argent ont attaché Sun Wukong avec une corde d’or et l’ont scellé avec une gourde d’or pourpre. Plus tard, dans le Petit Ciel de l’Ouest, le monstre aux sourcils jaunes qui se faisait passer pour le Bouddha a scellé Sun Wukong avec une cymbale en or.

Les sept esprits arachnéens représentent les sept sentiments et les six désirs de l’homme. Les sept sentiments sont comme les toiles d’araignées, qui peuvent piéger les gens. Les gens sont empêtrés par les fils de l’amour. L’esprit mille-pattes a mille yeux : ils sont les symboles de toutes sortes de désirs matériels vus par l’œil humain.

L’esprit scorpion représente la beauté d’une femme, et la beauté est comme un scorpion qui séduit les gens, donc le maître et les disciples ne sont pas de taille face à elle.

Entre le vrai et le faux roi des singes, celui qui est sincère envers le Bouddha va vaincre celui qui ne l’est pas. Il est clairement indiqué dans le livre que cette difficulté est causée par les démons présents dans l’esprit du moine Tang et ses quatre disciples : le « cœur fou » de Sun Wukong, le « cœur ignorant » du moine Tang qui ne distingue pas le vrai du faux, le « cœur jaloux » du Cochon Huit Préceptes qui refuse d’être médiateur, et le « cœur suspicieux » du moine Shah. Ce n’est qu’en éliminant le cœur dévié et en faisant preuve d’un esprit inébranlable que l’être humain peut atteindre le succès ! Ce n’est qu’après avoir tué le faux Roi Singe que le Maître et ses disciples ont pu poursuivre leur voyage.

Au pays de Biju, l’esprit du cerf voulait manger le cœur de mille enfants, symbolisant « beaucoup de cœurs » (suspects). Sun Wukong s’est transformé en moine Tang, ce qui signifie que le moine et le Wukong ne font plus qu’un, et il s’est ouvert le ventre pour en faire sortir un tas de cœurs. Comme on dit souvent, « un cerf dans la tête », si une personne a « deux cœurs », cela conduira à des désastres, sans parler de ces nombreux cœurs. Une fois l’esprit du cerf maîtrisé, on pourra se concentrer et réussir.

Les trois disciples - Sun Wukong, Bajie et Shah - aimaient bien enseigner et ont pris les trois fils du roi comme disciples à Yuhua pour leur enseigner les arts martiaux. Ils aimaient bien prendre les autres pour élèves et n’étaient pas modestes. Ils ont donc attiré les esprits du lion. Le mot lion en chinois forme un homophone avec le mot professeur.

Le Saint originel des neuf réflexions est l’un des démons les plus puissants sur leur chemin vers l’Ouest, c’est un lion à neuf têtes qui peut capturer Sun Wukong. Ce lion symbolise les « neuf pensées ». Confucius a dit : « Un gentleman réfléchit neuf fois. Si une personne peut réfléchir neuf fois, elle peut devenir un saint ». D’où le nom de « Saint originel de neuf réflexions ».

Lorsque le maître et le disciple sont hébergés par Monsieur Ko, homophone du mot chinois voleur, ils ont subi des vols. Monsieur Ko, aussi homophone du mot chinois bandit, a été tué par les bandits et le moine Tang a été emprisonné à tort. Monsieur Ko porte le nom de Ko. Mais, il a été tué par les bandits (Ko), le moine cherchait la voie (Dao) mais a subi des vols (homophone avec le mot voie en chinois), car le bien et le mal ne sont séparés que par une simple pensée.

À la fin de leur chemin, ils ont rencontré l’esprit du Lièvre de jade qui s’est transformé en princesse. Après avoir trouvé le vrai et éliminé le faux, la vérité est à leur portée.

Quel est le vrai sens de la vie contenu dans le roman La Pérégrination vers l’Ouest
Puisque son cœur de bouddha est comme un Diamant inébranlable, la couronne de diamant sur la tête de Sun Wukong pour stabiliser le cœur n’a plus besoin d’exister. En réalité, le grand classique du Bouddha est bel et bien le Sutra du Diamant. (Image : wikimedia / Domaine public)

La fin du voyage révèle les résultats positifs et négatifs

Pour le moine Tang et ses disciples, après avoir traversé des épreuves et éliminé les démons et les monstres en chemin, ils ont finalement atteint la montagne spirituelle et sont devenus des bouddhas. Pour une personne, après avoir vaincu ses propres habitudes et éliminé les démons, elle verra la Montagne de l’Esprit.

Enfin, le cœur, Sun Wukong, a été couronné comme le Bouddha du guerrier sacré. Peu importe ce que la personne fait, tant qu’elle sait comment maîtriser son coeur, elle peut réussir à la fin. Le corps, le moine Tang, a été anobli avec le titre de Bouddha du Mérite et de la Vertu de Candana. La passion, Zhu Bajie, a été nommée messager de l’Autel Pur. La passion ne peut être abandonnée en fin de compte, le cochon Zhu Bajie n’a donc été ordonné que comme messager. La nature humaine, le moine Shah, est devenue un arhat au corps d’or, car la nature originelle est aussi précieuse que l’or. La force de l’esprit, le cheval Dragon Blanc, est nommée en tant que l’une des huit catégories d’êtres non-humains protecteurs du dharma, car une personne doit défendre sa volonté à tout moment.

Les calembredaines qui se produisent dans les différents pays décrits dans le livre sont une satire acerbe de la société de l’époque. Ainsi, la Cité du Chameau et du Lion est un immense royaume de gobelins et un reflet de l’âge des ténèbres.

En fin de compte, le Bouddha a donné au maître et aux disciples le sutra sans mot - Wu Zi Jing - parce que le sutra sans mot est le véritable sutra. Le sutra sans mot signifie « Expériences sans mots » et l’expérience acquise tout au long du chemin est le sutra le plus important, bien plus importante que les écrits.

Si une personne peut conserver un cœur authentique après avoir fait l’expérience de tout ce qui se passe dans ce monde, même si elle n’a pas encore atteint le paradis à l’Ouest, elle est déjà devenue un bouddha dans son cœur. Puisque son cœur de bouddha est comme un Diamant inébranlable. La couronne de diamants sur la tête de Sun Wukong pour stabiliser le cœur n’a plus besoin d’exister. En réalité, le grand classique du Bouddha est bel et bien le Sutra du Diamant.

Si une personne lit le même passage à différents moments de sa vie, elle en fera une expérience différente. Par exemple, si elle lit La Pérégrination vers l’Ouest très jeune, elle vivra une expérience complètement différente de celle qu’elle vivra si elle le lit à l’âge de vingt ans. Si elle le relit vingt ans plus tard, son expérience sera à nouveau différente.

Il est dommage que trop peu de gens puissent comprendre la vraie intention de La Pérégrination vers l’Ouest.

Rédacteur Charlotte Clémence
Collaboration Yi Ming

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