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Histoire. Jiang Ziya, personnage mythique qui a assisté à la fondation de la dynastie Zhou

CHINE ANCIENNE > Histoire

Jiang Ziya est l’un des personnages principaux dans L’Investiture des dieux, roman historique et fantastique de la dynastie Ming (1368–1644). Jusqu’à nos jours, ses légendes se répandent encore en Chine, circulent parmi les peuples sinophones voire dans le monde entier.

Jiang Ziya s’appelait à l’origine Jiang Shang et était également connu sous le nom de Ziya, ou Lü Shang car ses ancêtres étaient originaires du pays de Lü. Il était l’un des pères fondateurs de la dynastie des Zhou occidentaux (1046 à 771 av. J.-C.), le fondateur de la culture du royaume Qi, un stratège, un militaire et un homme d’État. Il était considéré par les écoles du confucianisme, du taoïsme, du droit, de la guerre et de la diplomatie comme leur propre figure, et était donc vénéré comme le « maître de toutes les écoles ».

Pauvre durant sa jeunesse, il a quitté la montagne à l’âge de 72 ans

Avant que Jiang Ziya assiste le roi Wen de la dynastie Zhou (1045 av. J.-C.– 256 av. J.-C.), il avait une vie très pauvre et difficile. À l’âge de trente-deux ans, il fuit les guerres de la dynastie Shang (1570–1045 av. J.-C.) et se rend dans les montagnes pour échapper au fléau de la guerre, où il médite pendant quarante ans avant de quitter la montagne à l’âge de soixante-douze ans.

Après avoir quitté la montagne, il est resté temporairement dans la famille d’un ami, car il était vieux et n’avait aucune compétence. Pour gagner sa vie, il fabriquait des paniers en bambou, moulait le blé en farine et le vendait au marché, ouvrait un restaurant, vendait du bétail, des chevaux, des porcs et des moutons, et exerçait le travail de voyant auprès des gens… mais il échouait rapidement à chaque fois. Pour cette raison, sa femme s’est souvent moquée de lui.

Plus tard, il est devenu un fonctionnaire à la cour du roi Zhou de Shang, mais le roi Zhou était si despotique et tyrannique qu’il lui a ordonné de construire un « Pavillon des cerfs ». Lorsque Jiang Ziya a parcouru les plans, il a découvert que ce pavillon était trop haut et trop luxueux : sa construction deviendrait un fardeau pour le peuple.

Lorsque Jiang Ziya a vu que le roi Zhou était si despotique et incontrôlable, il savait la fin de la dynastie proche, il a dit à sa femme : « Je ne supporte pas de voir le peuple souffrir. Chère épouse, viens à Xiqi pour un meilleur avenir. » Mais sa femme ne l’aimait pas à cause de son incompétence et ne voulait pas rester avec lui, il n’avait réussi à obtenir qu’un petit emploi de fonctionnaire mais sans bien maîtriser la chance. Jiang Ziya s’est donc enfui tout seul à Xiqi.

Jiang Ziya pêche seulement ceux qui veulent être pêchés

Il allait souvent pêcher dans la rivière Wei, mais comme ses hameçons étaient droits, il n’a pas attrapé un seul poisson pendant trois ans. Mais voici ce qui est étonnant : plus tard, il a non seulement attrapé un gros poisson, mais il a également trouvé dans le ventre d’un poisson un livre stratégique sur la guerre.

Un jour, le roi Wen de Zhou est allé chasser le long de la rivière Wei et a rencontré Jiang Ziya, âgé de plus de 80 ans, assis au bord de la rivière et pêchant. Après s’être entretenu avec lui, il a découvert qu’il était le sage tant désiré par la dynastie Zhou depuis l’époque de Taigong (l’ancêtre de la dynastie Zhou, chef du clan). Il était capable de sécuriser l’État grâce à sa stratégie de guerre et de gouverner le pays grâce à ses connaissances et sa sagesse.

Jiang Ziya, personnage mythique qui a assisté à la fondation de la dynastie Zhou
Tai Gong Wang (Jiang Ziya). (Image : wikimedia / Ogata Kōrin (1658-1716) / Domaine publique)

Alors, le roi Wen de Zhou, très satisfait, a dit : « Depuis notre ancêtre Taigong, on vous a attendu pendant si longtemps ! ». Jiang Ziya était également connu sous le nom de « Taigong Wang », communément appelé Jiang Taigong. Plus tard, il a aidé le roi Wu de Zhou à détruire la dynastie Shang, et a reçu le fief de Qi.

Le monde n’est pas pour un seul homme

Le duc de Zhou était le frère cadet du Roi Wu de Zhou. Après cinq mois, Jiang Ziya est revenu pour faire un rapport sur la situation de son fief Qi au duc de Zhou, qui lui a demandé : « Pourquoi êtes-vous revenu si tôt ? » Il a répondu : « J’ai simplifié les rituels des souverains et des sujets et j’ai tout fait selon les coutumes et les folklores locaux, de sorte que le pays de Qi est rapidement revenu à la normale. » Lorsque le fils du duc de Zhou, Bo Qin, qui a reçu le fief de Lu, est revenu trois ans plus tard pour faire son rapport au duc de Zhou, celui-ci lui a demandé : « Pourquoi as-tu mis si longtemps à revenir faire ton rapport ? ». Et Bo Qin de répondre : « Il faut au moins trois ans pour changer les coutumes et révolutionner les rites et les lois là-bas, je suis donc revenu un peu tard. »  En entendant cela, le duc de Zhou a soupiré : « Ce n’est que lorsque les ordres du gouvernement seront bienveillants et faciles à suivre que le peuple pourra vivre et travailler dans la paix et le bonheur, et que le pays connaîtra une paix durable. »

Dans son livre Liu Tao (Les Six Arcanes stratégiques), qu’il a écrit, Jiang Ziya a déclaré : « Le monde n’est pas le monde d’une seule personne, mais le monde de tous les peuples. » Il préconisait que le dirigeant du pays pratique la bienveillance, cultive la vertu et ne nuise pas au peuple pour son propre intérêt, afin que le peuple soit dans le même bateau que le dirigeant et que le pays devienne de plus en plus puissant et prospère.

Jiang Ziya a non seulement établi un système politique complet et rigoureux pour la dynastie Zhou, mais a également posé des bases solides pour l’hégémonie du duc Huan de Qi (un des Cinq Hégémons pendant la période des Printemps et des Automnes (770 - 476 av. J.-C.)) et de Guan Zhong (le premier ministre du duc Huan de Qi). Ils ont « réuni neuf fois des souverains et apaisé le monde ». Ses idées militaires ont été abordées dans le Liu Tao et dans beaucoup d’autres livres sur l’art de la guerre. Les célèbres stratèges des générations qui succédèrent, tels que Sun Wu, Guigu Zi, Huang Shi Gong et Zhuge Liang, ont tous assimilé l’essence du Liu Tao et d’autres écrits, et les ont transmis, les rendant ainsi immortels dans l’histoire chinoise.

Un nom transmis à travers les âges

Selon les archives historiques, Jiang Ziya a vécu jusqu’à l’âge de 139 ans. Pourquoi a-t-il vécu si longtemps et avait-il tant de sagesse ? Il est entendu qu’après avoir atteint un certain niveau, les gens qui cultivent peuvent ouvrir leur sagesse et également prolonger leur vie.

Après quarante ans de cultivation assidue, Jiang Ziya a non seulement prolongé sa vie, mais s’est aussi éveillé à des vérités que les gens ordinaires ne pouvaient pas comprendre. Puis après plus de dix ans d’épreuves, il a finalement réalisé un vrai mérite et de grande portée.

Jiang Ziya, personnage mythique qui a assisté à la fondation de la dynastie Zhou
Jiang Ziya vénéré comme un immortel dans le temple Ping Sien. (Image : wikimedia / Photo Dharma from Penang, Malaysia / CC BY 2.0)

Parce que sa vie était si grande, si extraordinaire et si exceptionnelle que seul un immortel pouvait le faire, le peuple Qi l’a appelé « l’Être suprême au même niveau que le Ciel ». Les taoïstes, en revanche, disent qu’il avait déjà perfectionné sa cultivation, atteint sa plénitude et qu’il est monté au ciel pour devenir un immortel.

Dans L’Investiture des dieux de la dynastie Ming, il est explicitement inclus dans la liste des immortels. Des temples ont été construits en son honneur tout au long des dynasties pour que les générations futures puissent les admirer.

Rédacteur Jessica Wang

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