Les groupes d’amitié UE-Chine

Par Vision Times
Le 20/01/2021
Le groupe d’amitié UE-Chine au Parlement européen a été créé en décembre 2006. (Image : Cuong DUONG Viet / Pixabay)
Le groupe d’amitié UE-Chine au Parlement européen a été créé en décembre 2006. (Image : Cuong DUONG Viet / Pixabay)
 

L’Europe est devenue le nouveau centre d’intérêt pour la campagne mondiale d’influence politique du Parti communiste chinois (PCC). Ces dernières années, le PCC a fait intervenir ses groupes d’amitié pour étendre et approfondir son influence en Europe. Le dernier exemple en date est la politique pro-chinoise de Jan Zahradil, vice-président de la puissante commission du commerce international du Parlement européen. Depuis des décennies, Pékin a mis en place clandestinement plusieurs groupes d’espionnage pour infiltrer, saper et subvertir les pays européens, l’Union européenne et la civilisation européenne.

Agendas cachés

Le PCC n’est pas intéressé à se faire des amis, et ces « groupes d’amitié » n’ont rien d’amical. Leur rôle, comme celui de centaines d’autres groupes du PCC, est l’espionnage. Les groupes d’amitié prennent contact, se font des amis et offrent des faveurs et des marchés lucratifs à des personnalités politiques, bancaires, industrielles, des célébrités, des universitaires, des médias et d’autres personnes de grande influence. En retour, ces influenceurs font la promotion du programme du PCC, blanchissent le Parti, y compris son passé sordide et sa nature perverse.

Une enquête menée par Axios sur une période d’un an a révélé qu’un espion chinois a infiltré plusieurs campagnes démocrates afin que le Parti communiste chinois puisse influencer la politique américaine.

 

Fang Fang, une espionne chinoise également connue sous le nom de Christine Fang, a ciblé des politiciens américains entre 2011 et 2015. (Image : Capture d’écran / YouTube)
Fang Fang, une espionne chinoise également connue sous le nom de Christine Fang, a ciblé des politiciens américains entre 2011 et 2015. (Image : Capture d’écran / YouTube)
 

Le Parlement européen est l’une des trois branches législatives de l’Union européenne et l’une de ses sept institutions. Il représente le deuxième plus grand électorat démocratique au monde après le Parlement de l’Inde. La République populaire de Chine a créé un « groupe d’amitié » pour faciliter les échanges éducatifs et culturels et promouvoir la collaboration entre Pékin et l’Union européenne.

Le groupe d’amitié UE-Chine

Le groupe d’amitié UE-Chine au Parlement européen a été créé en décembre 2006 à Bruxelles, en Belgique. Ce groupe compte actuellement 45 membres (députés européens) répartis en 7 groupes politiques de 20 pays, dont 13 occupent des postes clés dans l’Union européenne, tels que présidents de groupes politiques et responsables de commissions parlementaires.

En apparence, le groupe agit comme une plateforme d’amitié et de bonne volonté au sein de la société civile européenne. Mais, en analysant les événements récents liés à ce groupe, depuis l’enquête sur l’espionnage de Gerhard Sabathil jusqu’à la dernière controverse sur Jan Zahradil, on peut voir le plan beaucoup plus sombre de Pékin.

Gerhard Sabathil est un ancien ambassadeur d’Allemagne auprès de l’UE. Les autorités allemandes le soupçonnaient d’être au centre d’une opération clandestine chinoise visant à transmettre des secrets européens à Pékin. Mais après une année d’enquête très médiatisée, il a été lavé de tout soupçon. Bien que les accusations contre Gerhard Sabathil n’aient jamais été prouvées, de nombreux gouvernements européens s’inquiètent toujours des aspirations mondiales de Pékin et de ses efforts pour influencer les dirigeants régionaux. Selon Politico, les autorités allemandes ont refusé de fournir aux médias les détails de cette enquête.

La même situation s’est produite en ce qui concerne Fraser Cameron, dirigeant du Centre UE-Asie, un groupe de réflexion bruxellois qui a fait l’objet d’une enquête de la part des services de sécurité belges qui le soupçonnaient de transmettre des informations sensibles à la Chine. Fraser Cameron est un ancien diplomate britannique et un ancien fonctionnaire de la Commission européenne. Il a été soupçonné d’avoir transmis des informations sur l’UE à des espions chinois, ce qu’il a nié.

Controverse au sein de la commission du commerce

La dernière controverse relative à l’influence chinoise sur l’Union européenne concerne Jan Zahradil, un député européen conservateur tchèque et l’actuel vice-président de la commission du commerce international du Parlement européen. Jan Zahradil est également le président du groupe d’amitié UE-Chine. Grâce à sa position au sein de la commission du commerce, il peut influencer les décisions commerciales de l’UE et obtenir l’accès aux documents de négociation sensibles de la Commission européenne.

 

Les frais d’hôtel du groupe d’amitié  ont été pris en charge par le gouvernement chinois. (Image : ming dai / Pixabay)
Les frais d’hôtel du groupe d’amitié  ont été pris en charge par le gouvernement chinois. (Image : ming dai / Pixabay)
 

Selon Bloomberg, les frais d’hôtel et de voyage du groupe d’amitié ont été régulièrement pris en charge par le gouvernement chinois. Les efforts de Jan Zahradil pour initier des accords commerciaux entre la Chine et l’Europe sont très suspects. Il a loué le fait que la Chine puisse développer une voie de reprise, étendre la coopération internationale et activer le commerce extérieur dans le monde post-Covid-19. Selon le post Facebook de la China International Import Expo, les éloges de Jan Zahradil sont venus lors de la China International Fair for Trade in Services-CIFTIS, qui s’est tenue en novembre 2020. C’est à cette occasion que l’Europe et les États-Unis ont vivement critiqué le rôle du gouvernement chinois dans la propagation du coronavirus.

La politique pro-chinoise de Jan Zahradil pourrait éventuellement donner à la Chine un avantage dans les négociations commerciales en cours avec Bruxelles. Récemment, un rapport mettant en lumière cette question a été publié dans Politico. En représailles, Jan Zahradil a exprimé son mécontentement concernant cet article dans une lettre adressée au président du Parlement européen, David Sassoli. Il a rejeté les affirmations, déclarant qu’il ne s’agissait que d’accusations sans fondement.

Un autre accusé est Gai Lin. Il est le premier ressortissant chinois à être employé par le Parlement européen. Il est devenu un acteur clé du « groupe d’amitié » après avoir été employé dans les services de Jan Zahradil en tant qu’assistant accrédité à temps partiel à la suite de l’élection du Parlement européen de mai 2019.

Le titre honorifique de Gai Lin au sein de l’« Association du peuple chinois pour l’amitié avec les pays étrangers » (CPAFFC), qui fait partie de l’establishment des affaires étrangères de la Chine, a suscité des controverses. Un groupe de réflexion atlantiste tchèque, Sinopsis, financé par le National Endowment for Democracy des États-Unis, a publié un rapport de 42 pages à ce sujet. Ce rapport fait état de liens étroits entre le groupe d’amitié UE-Chine et le ministère chinois des affaires étrangères.

Auparavant, les rapports 2017-2018 des services de renseignement belges et un document du groupe de réflexion basé à Washington, le Center for Strategic and BudgetaryAssessments, qui est proche de l’industrie de la défense américaine, avaient également accusé la Chine d’utiliser abusivement les groupes d’amitié internationaux pour acquérir des informations sensibles. Tous ces rapports mettent en lumière l’influence croissante du PCC sur les instances européennes et les pays occidentaux.


Traduit par Fetty Adler

Version en anglais : Uncovering Chinese ’Friendship’ Groups in Europe