Pékin montre à Jack Ma qui est le patron

Par Vision Times
Le 28/12/2020
Jack Ma, fondateur d’Alibaba, est rappelé à l’ordre par le PCC. (Image : Rico Shen / Wikimedia Commons / CC0 4.0 )
Jack Ma, fondateur d’Alibaba, est rappelé à l’ordre par le Parti communiste chinois. (Image : Rico Shen / Wikimedia Commons / CC0 4.0 )
 

En octobre, le célèbre entrepreneur chinois Jack Ma a prononcé un discours à Shanghai dans lequel il a critiqué le Parti communiste chinois (PCC), avertissant que les tentatives du régime de contrôler les risques financiers étoufferaient l’innovation. Depuis, le multimilliardaire fait face aux répercussions.

Début novembre, Jack Ma a même proposé de remettre sa plateforme de paiement numérique Ant Group au gouvernement « tant que le pays en a besoin ». Cependant, le PCC est intervenu à la dernière minute pour annuler l’introduction en bourse de 35 milliards de dollars de Ant Group prévue le 5 novembre, annulation ordonnée personnellement par le dirigeant chinois Xi Jinping, selon une source sous couvert d’anonymat.

Dans un entretien accordé à Fox News, le Dr Jonathan D.T. Ward, auteur du livre China’s Vision of Victory (La vision chinoise de la victoire) et fondateur d’Atlas Organization, un cabinet de conseil en stratégie sino-américaine, a indiqué que la situation actuelle de Jack Ma est un parfait exemple de l’emprise de Pékin sur les affaires privées.

Le pouvoir total du PCC sur les entreprises

« Cela vous montre la nature de la relation entre les entreprises chinoises et l’État chinois. Ils n’arrêtent pas de dire que Huawei n’est pas contrôlé par le gouvernement… Le gouvernement a le pouvoir total sur ces entreprises. Jack Ma était autrefois considéré comme un homme indépendant en Chine. Et puis il a été révélé qu’il est membre du parti… Et puis sous la pression, il offrait apparemment des parts de son entreprise au PCC. Et bien sûr, le gouvernement chinois a fait tout ce qu’il pouvait pour effacer les frontières entre le secteur privé et l’État chinois. Cela fait partie de la façon dont ils ont l’intention de faire de l’innovation. Cela fait partie de la façon dont ils ont l’intention de renforcer leur capacité militaire. Et c’est ce dans quoi vous investissez lorsque vous investissez en Chine », a expliqué Jonathan Ward durant l’entretien.

Le 18 décembre, le président Donald Trump a promulgué une loi exigeant que les sociétés étrangères cotées sur les bourses américaines respectent les normes comptables fixées par le Public Company Accounting Oversight Board (PCAOB). En outre, les entreprises doivent également informer si elles sont ou non contrôlées par le gouvernement chinois. La loi mettra la pression sur les entreprises chinoises comme Alibaba qui devront désormais suivre les procédures comptables américaines.

Pékin refuse de se soumettre aux audits

Pékin empêche actuellement les régulateurs étrangers comme le PCAOB et la Securities and Exchange Commission (SEC) d’inspecter les entreprises chinoises en invoquant des problèmes de sécurité nationale. Jonathan Ward a souligné que l’Amérique doit travailler en étroite collaboration avec ses alliés afin que les entreprises chinoises qui sont retirées de la liste aux États-Unis pour une raison quelconque ne rejoignent pas une autre bourse internationale, comme Londres. Cela permettrait aux entreprises chinoises de continuer à avoir accès aux capitaux mondiaux.

Des institutions financières américaines comme Goldman Sachs et JP Morgan envisagent toujours de s’étendre en Chine, selon Jonathan Ward. Les entreprises américaines n’ont pas une idée claire sur les menaces que représente Pékin. Les entreprises chinoises font partie de la grande stratégie de Pékin pour se développer et dominer les marchés mondiaux, ce qui nuit aux entreprises américaines. Jonathan Ward a mis en garde les PDG et les conseils d’administration de sociétés américaines de prendre la menace chinoise au sérieux et leur conseille de se tenir résolument aux côtés des États-Unis. Il estime que le classement des entreprises Fortune 500 pourrait changer radicalement au cours des prochaines années en raison de l’essor des entreprises chinoises. C’est pourquoi les entreprises américaines doivent être prêtes à relever le défi, selon Jonathan Ward.

Enquête du PCC contre Alibaba

Les régulateurs chinois ont également annoncé jeudi 24 décembre qu’ils avaient lancé une enquête anti-monopole sur le géant du commerce électronique Alibaba, entreprise fondée par Jack Ma. Le même jour, la Banque populaire de Chine et trois Commissions chinoises de réglementation du secteur bancaire et de valeurs mobilières ont annoncé s’entretenir avec la société Ant Group en vue de s’assurer qu’elle se conforme aux exigences réglementaires.

« L’ère de la croissance libre et exponentielle est vraiment révolue… Le gouvernement décidera de ce que vous pouvez faire », a déclaré à Breitbart, Francis Lun, PDG de Geo Securities Ltd. à Hong Kong. La montée en puissance de la plate-forme Ant d’Alibaba a suscité des inquiétudes au sein de l’administration Xi Jinping, car

 la plate-forme financière est en concurrence avec les banques d’État et réduit leurs bénéfices. Pour Francis Lun, Ant Group est attaqué en raison de la menace qu’il représente pour les banques publiques chinoises.


Version en anglais : Beijing Shows Jack Ma Who’s Boss