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Monde. Selon le Washington Post, Huawei serait impliqué dans des opérations de surveillance et de collecte de données

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Une analyse du Washington Post a révélé que le géant chinois des télécommunications Huawei pourrait avoir joué un rôle important dans des opérations de surveillance et de collecte de données.

L’examen de plus de 100 présentations PowerPoint de Huawei, dont beaucoup sont notées comme « confidentielles », suggère que l’entreprise a joué un rôle bien plus important dans le suivi de la population chinoise qu’elle ne l’a reconnu.

Ces présentations, publiées sur un site Web accessible au public et considérées comme des outils de marketing par l’entreprise, ont été retirées à la fin de l’année dernière. Dans les diapositives, Huawei explique comment ses technologies peuvent aider les autorités gouvernementales à identifier les individus par la voix, à surveiller les personnes d’intérêt politique, à gérer la rééducation idéologique et les horaires de travail des détenus, et à aider les détaillants à suivre les habitudes d’achat des clients à l’aide de la reconnaissance faciale.

« La reconnaissance faciale vectorielle 4D de Huawei identifie les clients au fur et à mesure qu’ils passent, renseignant sur le sexe, les vêtements, la profession, etc., et fournit avec précision des produits spécifiques à différents clients », indique l’une des présentations.

Collecte de données pour Pékin

Après que les journalistes aient contacté les représentants de Huawei pour obtenir des commentaires sur les informations présentées dans les diapositives, la société a déclaré dans un communiqué publié le 14 décembre: « Huawei n’a aucune connaissance des projets mentionnés dans le rapport du Washington Post. » « Comme tous les autres grands fournisseurs de services, Huawei fournit des services de plateforme cloud conformes aux normes industrielles communes. »

Huawei est depuis longtemps accusé de violer la vie privée des utilisateurs, et de partager les données avec le gouvernement chinois. Un certain nombre de gouvernements occidentaux ont même banni Huawei de toute participation au réseau 5G par crainte que l’entreprise n’aide Pékin dans la collecte de renseignements et le suivi biométrique.

L’entreprise a longtemps écarté les questions sur ses liens éventuels avec le gouvernement chinois et a affirmé qu’elle ne vendait que du matériel de réseau à usage général. « La protection de la vie privée est notre priorité absolue », a déclaré l’entreprise.

En octobre 2021, Huawei, ainsi que d’autres grandes entreprises technologiques chinoises, telles que Tencent et Baidu, se sont engagées publiquement à ne pas abuser de la reconnaissance faciale et d’autres technologies de surveillance.

Les entreprises américaines en état d’alerte

L’année dernière, les entreprises technologiques Microsoft et Zoom ont supprimé de leur logiciel des fonctions qui permettaient de suivre l’attention et la productivité des employés, après avoir reçu des réactions négatives de la part du public. Amazon a également été critiqué pour avoir utilisé des caméras, des bracelets et d’autres dispositifs compatibles avec l’intelligence artificielle (IA) pour surveiller ses employés.

L’administration Biden a aussi récemment mis sur sa liste noire la société d’IA SenseTime Group Limited, basée à Hong-Kong, qui, selon le département du Trésor, « exploite ou possède des sociétés qui utilisent une technologie de surveillance pour cibler les membres de la minorité musulmane ouïghoure par le biais de la reconnaissance faciale ».

Le Parti communiste chinois (PCC) est depuis longtemps accusé de violation des droits humains à l’encontre des prisonniers de conscience et de l’incarcération massive de millions de musulmans ouïghours dans les régions reculées de l’ouest du pays.

En réponse à la répression de Washington contre SenseTime Group, le secrétaire adjoint au Trésor, Wally Adeyemo, a déclaré dans un communiqué publié le 10 décembre : « À l’occasion de la Journée internationale des droits de l’homme, le Trésor américain utilise ses outils pour exposer et tenir pour responsables les auteurs de graves violations des droits humains ».

« Nos actions d’aujourd’hui, notamment celles menées en partenariat avec le Royaume-Uni et le Canada, envoient le message que les démocraties du monde entier agiront contre ceux qui abusent du pouvoir de l’État pour infliger souffrance et répression. »

Réprimer l’espionnage économique et le vol de données

Récemment, le gouvernement américain a commencé à sévir contre le vol de données et de secrets commerciaux américains par des espions chinois. En novembre, un jury fédéral a condamné un Chinois du nom de Yanjun Xu, pour « tentative d’espionnage économique et vol de secrets commerciaux ».

Cette affaire révèle comment le PCC a utilisé l’espionnage pour voler des secrets industriels américains afin de stimuler ses efforts de modernisation. Yanjun Xu est également devenu le premier agent des services de renseignement chinois à être extradé vers les États-Unis pour y être jugé.

Pékin a également mis en œuvre une vaste campagne de répression à l’encontre des entreprises technologiques du pays qui ne respectent pas la réglementation. Dans le cadre de la campagne anticorruption du dirigeant chinois Xi Jinping, les plus grandes entreprises technologiques chinoises se sont vu infliger des milliards de dollars d’amendes pour avoir enfreint les lois de régulation.

En avril, Alibaba, la plus grande société de commerce électronique du pays, a été condamnée à une amende record de 2,8 milliards de dollars. Les autorités de régulation chinoises lui ont reproché d’abuser de sa position dominante sur le marché, empêchant d’autres commerçants de vendre des produits sur des plateformes de commerce électronique concurrentes.

Rédacteur Fetty Adler

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