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Monde. Selon un expert, le régime chinois prélève chaque année plus de 150 000 organes sur des prisonniers

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Depuis plusieurs années, des enquêtes et des rapports menés par un nombre croissant d’experts attestent d’une industrie lucrative et illégale de transplantation d’organes en Chine.

Selon les rapports, le régime communiste a assassiné des milliers de prisonniers emprisonnés dans des camps de concentration afin de prélever leurs organes et de les vendre au prix fort à des clients locaux et étrangers.

Lors d’une audition au Congrès le 12 mai, Ethan Gutmann, chercheur principal en études chinoises à la Victims of Communism Memorial Foundation et co-auteur des ouvrages de référence sur le sujet, Bloody Harvest et The Slaughter, a déclaré aux législateurs que le Parti communiste chinois (PCC) pourrait assassiner chaque année jusqu’à 50 000 victimes des camps de concentration afin de vendre leurs organes.

Ethan Gutmann a également noté que pour chaque personne en bonne santé tuée, deux ou trois organes pouvaient être prélevés, ce qui signifie que le régime chinois pourrait vendre jusqu’à 150 000 organes de ces victimes chaque année.

Il a suggéré que des dizaines de milliers de prisonniers de conscience détenus dans les prisons chinoises, notamment des pratiquants de Falun Gong, des chrétiens des « Églises de maison »  et, plus récemment, des musulmans ouïghours de la région du Xinjiang, pourraient être la cible de trafic d’organes.

Des experts de premier plan s’expriment

Lors de l’audience du Congrès, organisée par le représentant Chris Smith (Rep-NJ), président de la Commission des droits de l’homme Tom Lantos, intitulée Forced Organ Harvesting in China : Examining the Evidence , Ethan Gutmann a été l’un des nombreux experts à témoigner sur le sujet.

Parmi les autres personnes présentes figurait Enver Tohti, un chirurgien de la région du Xinjiang (nord-ouest de la Chine) qui affirme avoir été contraint de prélever des organes sur un prisonnier politique chinois en 1995.

Enver Tohti a raconté son expérience de jeune chirurgien en 1995, traîné sur un lieu d’exécution et sommé de découper rapidement le cœur d’un prisonnier politique exécuté devant lui. Il a qualifié le Xinjiang, où vivent les Ouïghours et d’autres minorités turques, de « gigantesque laboratoire humain à ciel ouvert » et a accusé le PCC d’utiliser les organes non seulement à des fins lucratives, mais aussi pour des essais nucléaires cachés et, potentiellement, pour la recherche d’armes biologiques.

Enver Tohti a conclu son témoignage par un fait inquiétant, expliquant comment, en octobre 2017, après avoir donné une conférence sur les prélèvements d’organes à Taipei, un homme l’avait approché et lui avait dit : « mon frère est allé à Tianjin pour son rein, et il a dit que son chirurgien lui a dit que tous les organes venaient du Xinjiang maintenant. »

Fin 2020, Ethan Gutmann a déclaré au quotidien national Haaretz en Israël que quelque 15 millions de membres des minorités de la province du Xinjiang, dont les musulmans ouïghours, ont subi des examens médicaux essentiels pour vérifier la compatibilité des organes à transplanter. Ethan Gutmann a ajouté que plus d’un million des personnes testées se trouvaient dans des camps de prisonniers.

« Ce n’est pas sporadique », a-t-il dit, ajoutant que la Chine a « créé une politique de nettoyage ethnique - une politique potentiellement très rentable. »

Exécutés pour leurs organes

Les résultats suggèrent également que certaines des victimes ont pu être tuées au moment où leurs organes ont été prélevés.

« Notre algorithme a recherché des preuves de déclarations problématiques de mort cérébrale lors de prélèvement d’organes. Nous avons trouvé des preuves dans 71 de ces rapports, répartis dans tout le pays, que la mort cérébrale pourrait ne pas avoir été correctement déclarée », ont écrit les auteurs Matthew P. Robertson et Jacob Lavee, qui enquêtent depuis longtemps sur le commerce des prélèvements d’organes en Chine, dans une longue étude publiée le 4 avril de cette année.

Cela constituerait à la fois une violation de l’éthique de base en matière de transplantation et montrerait en même temps que les donneurs ne sont pas morts à la suite d’un accident, comme c’est le cas aux Etats-Unis, mais en raison du prélèvement chirurgical de leurs organes.

« Dans ces cas, le prélèvement du cœur lors de l’obtention de l’organe doit avoir été la cause immédiate de la mort du donneur », écrivent Matthew P.Robertson et Jacob Lavee dans le résumé de l’étude. Les résultats, disent-ils, « suggèrent fortement que les médecins de la République populaire de Chine ont participé à des exécutions par prélèvement d’organes. »

La législation américaine

L’audition fait suite à plusieurs années de preuves alléguant que le régime chinois tue des personnes en bonne santé et vend leurs organes sur le marché noir.

Les preuves mettent également en lumière le fait que les demandeurs qui s’approvisionnent en Chine le font en raison du délai d’obtention rapide des organes et du coût relativement faible de la chirurgie.

À la suite de l’audition, Chris Smith a appelé à un « effort concerté immédiat pour mettre fin à cette pratique barbare, non seulement en Chine, mais aussi par ceux qui la facilitent dans le monde entier », et a présenté une législation renforcée pour sanctionner les personnes qui se livrent au prélèvement forcé d’organes ou au trafic d’organes volés à des prisonniers politiques en Chine et ailleurs.

Chris Smith est à l’origine d’un précédent projet de loi, intitulé Stop Forced Organ Harvesting Act of 2021, qui exige que le Département d’État américain et le ministère de la Santé et des Services sociaux fournissent des rapports réguliers sur le sujet afin que les législateurs puissent savoir correctement qui sanctionner et quelles autres mesures prendre sur la question du prélèvement forcé d’organes.

En Europe, le Parlement européen a adopté à main levée, le 5 mai 2022, une résolution exprimant de « sérieuses inquiétudes » face au prélèvement continu, systématique et inhumain d’organes sur des dissidents chinois, en particulier des pratiquants de Falun Gong.

Rédacteur Fetty Adler
Collaboration Jo Ann

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