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Monde. La Chine impose sa propre censure à l’UE

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 Les journaux en Chine sont soumis à une politique de censure stricte qui est en totale contradiction avec le soutien de l’Occident à la liberté individuelle et à la liberté de la presse. (Image : Capture d’écran / YouTube)
 

Le fait que le Parti communiste chinois (PCC) ait mis en place une politique de censure stricte dans le pays est une réalité bien connue. La censure chinoise vise à restreindre toute opinion indépendante, ce qui est en totale contradiction avec le soutien de l’Occident à la liberté individuelle et à la liberté de la presse. La seule voix autorisée en Chine est celle approuvée et tolérée par le régime communiste. Il semble maintenant que l’Union européenne ait tourné le dos aux idéaux de liberté, en indiquant publiquement que la Chine a le droit de censurer tout contenu publié sur son territoire.

La censure chinoise

Les ambassadeurs de 27 états membres de l’Union européenne ont récemment écrit une lettre faisant référence à l’origine du virus du PCC et désignant la Chine comme en étant la source. Lorsque le China Daily, soutenu par Pékin, a publié la lettre pour marquer le 45e anniversaire des liens entre l’UE et la Chine, les gens ont vite remarqué qu’elle avait été modifiée. La lettre originale de l’UE mentionnait que l’apparition du coronavirus « en Chine, et sa propagation ultérieure au reste du monde au cours des trois derniers mois, ont fait que nos plans préexistants ont été temporairement mis de côté ». Mais lorsque les médias d’État chinois ont publié la lettre, cette phrase a été supprimée.

Étonnamment, l’UE n’a pas envisagé la question comme une préoccupation et il semble même qu’elle l’ait acceptée. Virginie Battu-Henriksson, porte-parole de l’UE pour les affaires étrangères, a fait remarquer que même si la lettre a été censurée, le fait qu’elle ait été publiée signifie que des questions clés de l’UE comme les droits de l’homme, le changement climatique, la réponse à une pandémie, etc. ont été transmises au peuple chinois. « La délégation de l’UE a néanmoins décidé, avec beaucoup de réticence, de procéder à la publication de l’article d’opinion, car il a été jugé important de communiquer sur les politiques clés de l’UE », a déclaré la Commission européenne, selon Reuters.

L’UE n’a pas considéré comme une préoccupation le fait que la Chine ait publié une version censurée d’une lettre écrite par ses ambassadeurs. (Image : Capture d’écran / YouTube)
L’UE n’a pas considéré comme une préoccupation le fait que la Chine ait publié une version censurée d’une lettre écrite par ses ambassadeurs. (Image : Capture d’écran / YouTube)
 

Cédric Alviani, directeur du bureau Asie de l’Est de Reporters sans frontières (RSF), a souligné que l’incident montre comment la Chine profite des systèmes médiatiques démocratiques pour faire passer son message, en utilisant les médias d’État pour induire les gens en erreur. Il a fait remarquer que les démocraties du monde entier devraient résister à de telles politiques et que les médias indépendants ne devraient jamais être comparés aux médias de propagande chinois, car les premiers ont un profond respect pour l’éthique journalistique. Le chroniqueur de Hong Kong Michael Chugani a qualifié la Chine de Reine du monde, lorsqu’il s’agit d’abuser des règles du marché libre.

Michael Chugani cite en exemple la décision de Pékin d’interdire le saumon de Norvège après que ce pays d’Europe ait décerné le prix Nobel de la paix 2010 au militant des droits de l’homme Liu Xiaobo. De tels abus sont également pratiqués lorsqu’il s’agit de la liberté de la presse, a-t-il averti. Norbert Röttgen, un politicien conservateur allemand, s’est dit choqué d’apprendre que l’UE avait autorisé la censure de la lettre. Il a rappelé aux gens qu’il est important de parler d’une seule voix et que les opinions de l’UE doivent refléter les intérêts et les valeurs européennes.

Restrictions en matière de visas

L’administration Trump a annoncé des restrictions de visa pour les journalistes chinois qui travaillent aux États-Unis. Ces journalistes qui travaillent pour des médias non américains se verront accorder des visas de travail valables uniquement 90 jours. Auparavant, les journalistes avaient accès à des visas à durée indéterminée et à entrée unique. La réduction de la durée des visas à environ trois mois montre à quel point Washington vise sérieusement à lutter contre l’influence des médias chinois.

Le ministère américain de la sécurité intérieure a publié une nouvelle règle limitant à 90 jours les visas pour les journalistes chinois. (Image : Capture d’écran /  YouTube)
Le ministère américain de la sécurité intérieure a publié une nouvelle règle limitant à 90 jours les visas pour les journalistes chinois. (Image : Capture d’écran / YouTube)
 

Les responsables américains ont déclaré que les nouvelles règles étaient nécessaires pour contrebalancer la suppression par la Chine du journalisme indépendant dans son pays. En mars, Pékin a expulsé la majorité des journalistes américains travaillant pour des médias comme le Washington Post, le New York Times et le Wall Street Journal. La Chine a également réduit la durée des visas, les limitant d’un an à seulement six mois.

Rédacteur Fetty Adler

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