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Monde. Aux États-Unis, le sang des pauvres profite aux riches

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Alors que beaucoup considèrent le fait de donner leur sang comme un acte noble et altruiste, des millions d’Américains font la queue chaque semaine pour vendre leur sang, simplement pour joindre les deux bouts.

Dans un article intitulé Harvesting the Blood of America’s Poor : The Latest Stage of Capitalism (récolter le sang des américains pauvres : la dernière étape du capitalisme), Alan Macleod, qui écrit pour Mint Press News, révèle qu’« environ 130 millions d’Américains admettent leur incapacité à payer les besoins dits de base comme la nourriture, le logement ou les soins de santé. L’achat et la vente de sang est l’une des rares industries en plein essor qu’il reste à l’Amérique ».

Selon Alan Macleod, les États-Unis fournissent 70 % du plasma du monde, principalement parce que « la plupart des autres pays ont interdit cette pratique pour des raisons éthiques et médicales. »

Aujourd’hui, l’industrie vaut plus de 28,6 milliards de dollars et devrait connaître une croissance « radieuse », selon un rapport de l’industrie sur la question.

Dans son article, Alan Macleod révèle que la majorité du sang prélevé aux États-Unis est destiné aux habitants des pays riches d’Europe, ainsi qu’à la Chine et au Japon. L’Allemagne achète 15 % de toutes les exportations de sang des États-Unis.

Le plasma, un liquide de couleur dorée qui transporte les globules rouges et blancs dans le corps, est particulièrement précieux.

Comme pour de nombreuses industries aux États-Unis, quelques sociétés ont accaparé le marché, à savoir Grifols et CSL Plasma. CSL Plasma se vante sur son site Web que les donneurs peuvent « recevoir plus de 1 000 $* le premier mois ».

Alan MacLeod affirme que pour que ces « sociétés vampiriques » fassent d’énormes profits, elles ciblent sciemment les Américains les plus pauvres et les plus désespérés.

Par exemple, une étude a révélé que la majorité des donneurs de Cleveland tirent plus d’un tiers de leurs revenus personnels du « don » de sang.

L’Amérique en difficulté

Aux États-Unis, 58 % des gens vivent avec des économies inférieures à 1 000 dollars, 37 millions d’Américains se couchent le ventre vide et des millions d’autres comptent sur leurs amis et leur famille pour leur fournir un toit. Alan Macleod affirme que ces sociétés, dans un sens véritable, « récoltent le sang des pauvres, leur pompent littéralement la vie ».

Lors d’une conversation avec Mint Press, Andrew Watkins, qui a vendu son sang à Pittsburgh pendant environ 18 mois, a déclaré : « Les centres ne sont jamais dans les beaux quartiers de la ville, toujours dans un endroit où ils peuvent trouver un approvisionnement ininterrompu de pauvres gens désespérés pour les cent dollars par semaine. »

Il a décrit les clients de ces centres comme un « mélange de personnes handicapées, de travailleurs pauvres, de sans-abri, de parents isolés et d’étudiants. » Il a déclaré que si un employeur peut vous licencier à tout moment, vous avez toujours du sang à vendre, ajoutant que « le sang ne compte pas comme un emploi ou un revenu lorsqu’il s’agit de déterminer les prestations d’invalidité, les coupons alimentaires ou l’éligibilité au chômage, c’est donc une source d’argent pour les personnes qui n’ont absolument rien d’autre. »

Zombies américains

Alan Macleod a déclaré que tous les répondants qu’il a interrogés étaient d’accord pour dire qu’ils étaient exploités. Il souligne que c’est le cas à plus d’un titre.

Les gens peuvent donner leur sang deux fois par semaine, soit 104 fois par an, mais la perte d’une telle quantité de sang rend les donneurs léthargiques et les expose à de lourdes conséquences sur leur santé. Cela nécessite des recherches supplémentaires pour déterminer les effets à long terme du don d’un tel volume de sang.

« Environ 70 % des donneurs connaissent des complications de santé », écrit Alan Macleod.

« De nombreux habitués souffrent d’une fatigue quasi permanente et sont à la limite de l’anémie », ce qui amène Alan MacLeod à conclure que « cette pratique débilitante est en train de réduire à l’état de zombie les pauvres de l’Amérique ».

Les donneurs présentent un taux de protéines inférieur dans leur sang, ce qui les expose à des risques d’infections et de troubles hépatiques et rénaux. La rémunération moyenne est de 30 dollars par visite, alors que le sang récolté par les sociétés est vendu des centaines de dollars sur le marché mondial.

Les transfusions sanguines au service du transhumanisme

Les étudiants, qui cherchent à subventionner l’achat des livres universitaires ou à obtenir un peu d’argent pour une nuit en ville, sont ceux qui intéressent le plus ces sociétés.

Le sang des jeunes est très demandé et la recherche de technologies transhumanistes anti-âge est à l’origine de cette ambition.

Alan MacLeod cite la société Ambrosia, qui demande 8 000 dollars pour un « cadre technologique vieillissant » de la Silicon Valley qui reçoit une transfusion de sang d’adolescents, pensant que cela va d’une certaine manière retarder l’inévitable, malgré l’absence de preuves cliniques à l’appui.

Le cofondateur de Paypal, et transhumaniste déclaré, Peter Thiel, dépenserait de « vastes sommes d’argent » pour financer des start-ups anti-âges. Il affirme que les gens se sont fait avoir par « l’idéologie de l’inévitabilité de la mort de chaque individu ». Selon Alan Macleod, Peter Thiel croit que « sa propre immortalité pourrait être à sa portée ».

Rédacteur Fetty Adler
Collaboration Jo Ann

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