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Monde. Confinement – déconfinement : l’économie mondiale en danger

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Confinement  (Image : GAIMARD / Pixabay)

Dès le mois de mars 2020, l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE) a dressé un rapport inquiétant sur les graves dangers du Covid-19 pour l’économie mondiale. Ce rapport souligne l’arrivée imminente d’une crise économique sans précédent et précise que « la maladie a déjà engendré des souffrances humaines considérables », et qu’elle va créer « un grand chambardement économique ».

L’épidémie de coronavirus sème partout dans le monde un chaos sanitaire et économique.

Le confinement imposé dans la quasi-totalité des villes, se traduit par une restriction dans la circulation de la population, des services, des biens, dans la production des usines… les grandes capitales du monde ont été contraintes de stopper toute activité : New-York, Rome, Los Angeles, Paris, Londres, Madrid... appliquent actuellement le confinement pour lutter contre la propagation du virus.

Alors que la Chine affirme avoir contenu l’épidémie de Covid-19 et être depuis le 8 avril 2020, en phase de déconfinement à Wuhan, la presse chinoise à l’extérieur du pays et la presse internationale accusent le Parti communiste chinois d’avoir menti sur les chiffres des décès officiellement annoncés. Les autorités sanitaires chinoises auraient passé commande de 200 000 sacs mortuaires à Taïwan (NTD). Cette information est particulièrement troublante quand on sait que les dirigeants chinois n’ont déclaré que 3341 morts. En outre, plusieurs pays dénoncent le manque de transparence sur la levée du confinement à Wuhan.

Le confinement, un désastre pour l’économie mondiale

Le confinement fait l’actualité à travers le monde. Les grandes capitales sont devenues des villes fantômes. La population est terrifiée par cette pandémie qui tétanise le commerce et l’économie mondiale.

Face à cette situation, partout des milliards d’euros et de dollars sont injectés dans l’économie mondiale pour éviter les faillites en série. Le FMI qui dispose d’une capacité de prêt de 1000 milliards de dollars, a doublé sa ligne de financement d’urgence à 100 milliards de dollars. Kristalina Georgieva, Directrice du FMI, a déclaré dans son rapport du 9 avril 2020, au sujet de cette crise affectant plus de 170 pays, que « la semaine prochaine, notre Moniteur des Finances Publiques montrera que les mesures budgétaires prises par les pays du monde entier se chiffrent à environ 8000 milliards de dollars. En outre, les pays du G-20, ainsi que d’autres pays, ont adopté des mesures massives sur le plan monétaire ».

En effet, lors du dernier sommet virtuel présidé par l’Arabie Saoudite le 26 mars 2020, les membres du G20 ont décidé « d’injecter plus de 5.000 milliards de dollars dans l'économie mondiale pour contrer les répercussions sociales, économiques et financières de la pandémie ». Cette aide servirait à la relance budgétaire, à la sécurisation des garanties de prêts et au financement de diverses autres mesures.

Aux Etats-Unis, concernant les 7 états en confinement, un plan d’aide de 1500 milliards de dollars a été mis en place. C’est la Réserve fédérale américaine (Fed) qui a injecté cette somme sur le marché monétaire pour permettre, entre autres, à Wall Street de réduire une partie de ses pertes. Donald Trump a envisagé également de faire don de 1000 dollars directement aux ménages américains.

L’Europe fait face à l’arrêt quasi-total de l’activité économique. Et pour éviter une vague de faillites, la Banque centrale européenne a accordé un plan d’aide de 750 milliards d’euros. Ces fonds ont permis aux différents états de proposer leur soutien aux entreprises en difficulté et d’aider les ménages dans le cadre du chômage partiel. Aussi, la fameuse règle de 3% d’endettement imposée par l’UE aux états membres, a été suspendue pour répondre à cette situation exceptionnelle. Mais il n’empêche que les fonds empruntés devront être remboursés dans le futur.

Il faut rappeler que l’économie mondiale était déjà en difficulté avant l’arrivée du Covid-19. Divers évènements géopolitiques, comme la guerre commerciale sino-américaine, le Brexit, les conflits sur la valeur-or du pétrole arabe, les difficultés de coopération au sein de l’UE, limitaient à l’époque les perspectives économiques. Au niveau mondial, les observateurs dénonçaient déjà une stagnation de la production industrielle avec « le passage du taux de croissance annuel des investissements dans les économies du G20 de 5% au début 2018 à 1% seulement en 2019 », selon l’OCDE.

Mais, depuis le nouveau choc du confinement , avec l’arrêt total du secteur économique dans la presque totalité des pays, tous les indicateurs sont passés au rouge. En quelques semaines, la bourse de New York s’est effondrée en perdant plus de 11 000 milliards de dollars, créant ainsi une panique générale au sein du marché boursier.

En France, cette récession économique due au coronavirus, rappelle la crise de 1945. Durant cette période de l’après-guerre, la chute du PIB avait atteint -2,2%, ce qui à l’époque était une vraie « débâcle ». La situation actuelle en 2020 est pire, car la chute du PIB pourrait atteindre, selon Bruno Lemaire, ministre de l’économie, « presque -7% du PIB ». La propagation du Covid-9 est une catastrophe économique pour les industries, l’automobile, le tourisme et l’ensemble des services, qui sont touchés de plein fouet. Malgré les encouragements des différents gouvernements pour éviter la fermeture des entreprises dans tous les pays, beaucoup de petites structures et même certaines entreprises de taille moyenne, qui étaient déjà sur « la corde raide », seront obligées de cesser définitivement leurs activités.

Actuellement au niveau mondial, le nombre de demandeurs d’emploi monte en flèche : à la date du 7 avril 2020 on comptait en Grande-Bretagne 1 million de demandeurs, aux USA plus de 10 millions, en Espagne 3,54 millions, en France 8 millions de salariés en chômage partiel. De plus, on dénote une baisse généralisée du PIB sur le 1er trimestre 2020 : en France -6%, en Allemagne -10% du PIB, en Italie -7%. Des chiffres qui indiquent que la reprise sera extrêmement difficile dans tous les secteurs économiques.

Cette récession étant actuellement financée par les fonds publics, les états qui ont injecté des sommes massives dans les entreprises, se posent la question d’une prise de participation de l’Etat dans les activités des sociétés concernées. Quel que soit le pays, cette perspective est envisagée, pour faire barrage aux entreprises étrangères, particulièrement asiatiques, qui profiteraient de la fragilité des entreprises locales pour en faire l’acquisition et ainsi démunir les pays de leur patrimoine. En France, les entreprises concernées par cette problématique seraient Air France KLM, les aéroports de Paris, la Française des jeux, les sociétés automobiles, les grosses entreprises. Le Ministre Bruno Le Maire se penche déjà sur cette question.

En Chine la situation n’est pas meilleure, car près de 11 millions de personnes sont dans la pauvreté absolue, les principales industries sont à l’agonie et la croissance économique qui était de 6,1% avant l’arrivée du Covid-19 a chuté à 2,3% à la fin du 1er trimestre 2020.

Déconfinement, un espoir, mais qui paiera ?

Le déconfinement est très attendue par les français qui souhaitent pouvoir travailler et subvenir normalement à leurs besoins. La date officielle de sortie du confinement fixée par le gouvernement français est le 11 mai 2020. Pourtant « le plateau » tant attendu, avec la stagnation des chiffres d’hospitalisation et de décès, semble arriver très timidement, et de surcroît c’est un « haut plateau » avec des chiffres importants. Au 15 avril 2020, la France comptabilise 15 729 décès et 103 573 cas de contamination.

Alors que les pays au nord de l’Europe organisent déjà leur déconfinement, des dates ont été annoncées. Les pays qui ont pris des mesures strictes dès le début pour contenir l’épidémie ont été très peu infectés. C’est le cas de l’Autriche, du Danemark et de la Suède. Au 12 avril on dénombrait : en Autriche 14159 contaminés et 384 décès, au Danemark 6 318 cas positifs et 295 décès, en Norvège 6 566 personnes touchées et 127 décès. Ces pays ont dès le début appliqué les règles de confinement et de protection, adoptant rapidement le port de masques et les gestes barrière.

Pour ces 3 pays européens, le calendrier prévoit le déconfinement à partir de la mi-avril. En Autriche : le 14 avril pour les petits commerces, le 1er mai pour tous les autres commerces et le 15 mai pour l’hôtellerie et les restaurants. Au Danemark, le déconfinement est prévu le 15 avril pour les crèches et les écoles maternelles, le 15 mai pour les collèges et lycées, les bars et restaurant resteront fermés 10 jours de plus. En Norvège, le déconfinement est prévu le 20 avril pour les crèches, le 27 avril pour les collèges et les lycées, les autres activités réouvriront petit à petit.

La Suisse a pour sa part prévu d’annoncer son plan de déconfinement, le 16 avril prochain.

L’Italie, en revanche, prolonge son confinement de 3 semaines, jusqu’au 3 mai. Il en est de même pour la France qui prolonge également son confinement jusqu’au 11 mai. L’Espagne assouplit ses restrictions en matière de confinement à l’égard de certaines entreprises, mais maintient le confinement pour le reste de la population.

En Chine, une seconde vague d’épidémie de Covid-19 semble se profiler à l’horizon. Cette menace est liée à la reprise des activités, décidée par le gouvernement désireux de relancer son économie, « une propagation silencieuse » arrive à grand pas, selon Courrier International.

En France plusieurs schémas ont été évoqués par le gouvernement concernant le déconfinement : le port de masque obligatoire, les gestes barrière comme la distance de 1m et le lavage des mains, une application mobile non encore officialisée pour tracker le coronavirus (système de dépistage mis en place également par la Corée du Sud), des dispositions très strictes dans le milieu du travail pour éviter tout contact. Toute une procédure sera dévoilée quinze jours avant le début de déconfinement.

Ainsi le virus de Wuhan qui s’est répandu à travers le monde en faisant des milliers de morts, a paralysé l’économie mondiale. Si le virus a été capable de contaminer le monde entier, en voyageant à travers les frontières, il est difficile de comprendre comment il aurait pu n’être localisé qu’à Wuhan sans traverser les frontières des autres provinces du pays, pour atteindre Pékin ou Shanghai. Et même si une discipline draconienne a été imposée dès le départ, le confinement à Wuhan n’a été appliqué que le 23 janvier 2020, alors que l’existence du virus était connue depuis novembre 2019 et qu’il a commencé à se répandre à cette époque. Ainsi, de novembre à janvier, beaucoup de gens se sont déplacés à travers la Chine et le monde. Au vu des chiffres annoncés officiellement, peut-on encore croire aux déclarations du Président Xi Jinping sur l’état de la situation sur l’épidémie de coronavirus ?

« Actuellement plus de 3 milliards d’êtres humains sont confinés chez eux et cela représente presque la moitié de la population mondiale », selon LCI info. Il s’agit d’un fléau au niveau humain et économique.

Va-t-on vers un bouleversement économique et social mondial qui amènera les pays à prévoir un nouvel ordre économique ? Le système monétaire pourrait-il s’effondrer si cette situation perdure dans les mois avenir ?