Appuyez sur “Entrée” pour passer au contenu

Chine. En Chine, le système de don du sang alimente un marché noir de certificats de transfusion

ACTUALITÉ > Chine

Une enquête menée sous couverture a révélé l’existence d’un marché noir qui s’est développé autour du système de certificats de don du sang en Chine. Des intermédiaires y recrutent des donneurs, organisent les transactions et revendent les certificats officiels à des fins lucratives.

L’enquête a montré comment un dispositif de santé publique destiné à encourager le don de sang volontaire s’est transformé en un marché parallèle, où les certificats circulent entre les régions et servent à garantir l’accès aux stocks de sang hospitaliers.

Le don du sang s’est transformé en un marché parallèle

Le système chinois de don du sang accorde aux donneurs, ainsi qu’à certains membres de leur famille, un accès à des transfusions sanguines à tarif réduit ou prioritaires. Dans les faits, ce droit a acquis une valeur tangible, notamment dans les régions où les réserves de sang restent limitées.

En dehors des situations d’urgence, les donneurs et leurs proches peuvent être prioritaires lorsque la demande excède l’offre. Cette politique a créé les conditions dans lesquelles les certificats peuvent influencer les temps d’attente et l’accès aux soins, ce qui en fait une cible pour la revente.

Les journalistes de Upstream New sont documenté le fonctionnement concret de ce système. Dans un cas, un intermédiaire de la province du Jiangsu a fait la promotion de dons de sang « volontaires » rémunérés via les réseaux sociaux, proposant une compensation financière et le transport.

Dans un hôpital de Shanghai, des journalistes ont trouvé des cartes de visite proposant des services d’« entraide sanguine ». Contactée, une coordinatrice nommée Tang leur a indiqué qu’un certificat pouvait être délivré le jour même, sans que la famille du patient ait besoin de rencontrer le donneur.

Tang proposait un certificat de don de sang de 400 millilitres pour 2 000 yuans (environ 275 dollars) et précisait que plusieurs certificats pouvaient être délivrés si nécessaire. Après le versement d’un acompte, un donneur était envoyé dans un centre de transfusion sanguine et le certificat lui était remis peu après. L’authenticité du document a été confirmée ultérieurement.

Un réseau d’approvisionnement parallèle

L’enquête a également examiné le fonctionnement de ce réseau. Des intermédiaires recrutent des donneurs, souvent des travailleurs migrants, et les rémunèrent entre 400 et 600 yuans pour un don standard. Les certificats sont ensuite revendus à des prix plus élevés, parfois par l’intermédiaire de plusieurs intermédiaires.

Dans le Jiangsu, un intermédiaire du nom de Yang a déclaré à des journalistes que même des personnes ne répondant pas aux critères de santé pouvaient obtenir des certificats. Il a décrit un processus consistant à verser des pots-de-vin au personnel médical lors des examens de sélection afin d’éviter une disqualification.

M. Yang a indiqué que ces pratiques étaient devenues courantes et a proposé de se charger de trouver des donneurs et de fournir les documents nécessaires. Il a également précisé que les certificats pouvaient provenir de plusieurs provinces, selon la demande.

Nombre de donneurs semblaient mal comprendre l’utilisation de leurs dons

Un employé a déclaré avoir accepté le paiement sans savoir comment le certificat serait ensuite monnayé.

Le personnel médical interrogé lors de l’enquête a suggéré que les procédures de vérification n’étaient pas toujours appliquées avec rigueur. Un médecin d’un hôpital universitaire a déclaré qu’en pratique, les hôpitaux privilégiaient le maintien de l’approvisionnement plutôt que la vérification de la conformité des donneurs et des receveurs aux exigences officielles.

La disponibilité de certificats provenant de différentes régions permet aux intermédiaires de faire correspondre l’offre et la demande, même au-delà des frontières provinciales.

Pour les familles des patients, le système présente des difficultés pratiques. Certaines ont signalé des difficultés à trouver des donneurs éligibles parmi leurs proches, notamment lorsque des problèmes de santé empêchent la participation. Dans ces situations, l’achat d’un certificat devient une solution de rechange.

Les réactions en ligne à l’enquête ont révélé la frustration des anciens donneurs. Certains ont déclaré s’attendre à ce que leurs dons profitent directement aux patients, tandis que d’autres ont remis en question la transparence de la répartition du sang donné.

La Chine continue de faire face à des pénuries périodiques de sang, notamment dans les grands centres urbains. La demande de transfusions demeure élevée, tandis que les dons volontaires ne permettent pas de répondre systématiquement aux besoins cliniques.

Rédacteur Charlotte Clémence

Source : China’s Blood Donation System Fuels Black Market for Transfusion Certificates

Soutenez notre média par un don ! Dès 1€ via Paypal ou carte bancaire.

Pour améliorer votre expérience, nous (et nos partenaires) stockons et/ou accédons à des informations sur votre terminal (cookie ou équivalent) avec votre accord pour tous nos sites et applications, sur vos terminaux connectés.
Accepter
Rejeter