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Chine. À la frontière Tibet-Népal, une coulée de boue a fait de nombreuses victimes

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Une coulée de boue meurtrière à la frontière Tibet-Népal, dans la région autonome du Tibet, a fait d’innombrables victimes le 26 août. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des personnes emportées en quelques secondes alors qu’elles tentaient de fuir. Côté népalais, le bilan est nettement plus lourd, avec près de 500 morts et disparus recensés, dont environ 340 touristes étrangers.

Une coulée de boue à la frontière Tibet-Népal a fait de nombreuses victimes

Selon la chaîne publique chinoise CCTV, la catastrophe trouve son origine dans une coulée de boue survenue côté népalais, qui a causé d’importantes pertes humaines au poste-frontière de Gyirong, dans le district du même nom, relevant de la préfecture de Xigazê (Shigatse). À 20 heures le 26 août, un premier bilan faisait état de trois morts et 265 personnes portées disparues. Or, les vidéos qui circulent en ligne montrent une coulée de boue d’une ampleur impressionnante, laissant penser que le nombre réel de victimes dépasse largement ce chiffre.

Sur place, les secours progressent difficilement : la boue atteint par endroits 1,5 à 2 mètres de profondeur, rendant les opérations extrêmement lourdes. Les communications avec le poste-frontière restent coupées. Des images prises par drone montrent que les routes environnantes sont totalement détruites, tandis qu’une pluie fine fait craindre une nouvelle montée des eaux. Les autorités locales redoutent par ailleurs un glissement de terrain sur les versants voisins, qui pourrait déclencher une seconde coulée de boue.

Routes, réseaux de communication et électricité sont coupés entre la ville de Gyirong et le poste-frontière. Les prises de vue aériennes montrent des bâtiments partiellement ensevelis, le village de Guoba, situé à proximité, apparaît comme l’un des plus durement touchés.

Une rescapée raconte sa fuite en marche arrière : « j’avais les jambes qui tremblaient »

Le 26 août dans l’après-midi, une touriste identifiée sous le nom de Fang a raconté son expérience au média chinois Xiaoxiang Chenbao. Ce matin-là, elle et ses compagnons de voyage prévoyaient de se rendre au Népal depuis la ville de Gyirong. Le départ, initialement prévu à 9 heures, avait été repoussé à environ 10 heures à cause de leur grasse matinée. La distance entre la ville de Gyirong et le poste-frontière de Gyirong est d’environ 20 kilomètres, un trajet qui prend normalement une quarantaine de minutes en voiture.

À environ quatre kilomètres du poste-frontière, la scène a basculé : « Les arbres et les poteaux électriques devant nous étaient tous couchés, l’eau est arrivée en nous poursuivant, on n’osait pas faire demi-tour, on ne pouvait que reculer », raconte-t-elle.

Une autre voiture arrivait, le groupe lui faisant signe de ne pas continuer. « Mais cette voiture est quand même passée, je pense qu’elle n’a pas dû s’en sortir », confie Mme Fang. 

Après avoir reculé sur environ trois kilomètres, la force du courant a fini par diminuer. Une fois le véhicule arrêté, un épais brouillard s’est abattu sur la zone, rendant les environs totalement invisibles. « J’avais les jambes qui tremblaient ! », dit-elle.

« Nous sommes tous descendus de voiture avec les gens qui étaient derrière nous, on en discutait, on essayait de joindre nos proches. » Mme Fang est revenue à la ville de Gyirong, qui n’a pas été touchée par la catastrophe. Vers 17 heures le 26 août, elle indiquait qu’un de ses amis, resté au poste-frontière, restait injoignable.

Familles des disparus : « je n’arrive plus à joindre ma femme »

Un proche d’une employée du chantier de réfection de la route de Syabrubesi, au Népal, un projet mené par l’entreprise chinoise Tibet Tianlu, a confié à l’hebdomadaire China News Weekly que la coulée s’est engouffrée dans une vallée proche de la frontière sino-népalaise, débouchant sur le flanc droit du bâtiment douanier du poste-frontière de Gyirong. Le camp de son épouse, situé à environ trois kilomètres de là, se trouve précisément de l’autre côté de ce cours d’eau.

« On se parlait encore hier soir. Ce matin vers 11 heures, j’ai appris qu’il y avait eu une coulée de boue là-bas, et depuis, je n’arrive plus à joindre ni ma femme ni personne du chantier », raconte-t-il. Selon lui, les trois camps installés le long de la rivière, dont celui de son épouse, sont tous injoignables. Le projet emploierait au total une soixantaine de travailleurs chinois, auxquels s’ajoutent d’autres équipes de chantiers voisins et un atelier logeant une dizaine d’ouvriers supplémentaires, eux aussi emportés.

Un autre proche, cité par le site d’information Phoenix, explique que son mari s’était rendu sur place pour conduire un engin de chantier. Parti le 22 août à l’insu de sa famille, qui redoutait justement ce type d’accident après un précédent glissement de terrain dans la zone, il n’avait travaillé que quatre jours avant de perdre tout contact, faute de réseau.

Un poste-frontière habituellement très fréquenté

Un professionnel du BTP qui emprunte régulièrement cet axe témoigne également auprès de China News Weekly : le poste-frontière de Gyirong à la frontière Tibet-Népal est un lieu de passage animé en temps normal, fréquenté non seulement par des douaniers, mais aussi par des touristes et de nombreux employés de sociétés de logistique. Au moment des faits, il se trouvait côté népalais, où, dit-il, aucune pluie n’était tombée avant que la coulée ne surgisse presque instantanément.

Côté népalais : plus de 95 morts et 400 disparus, dont 340 touristes étrangers

D’après BBC Chinese, des crues dévastatrices ont frappé le nord du Népal, à la frontière tibétaine, faisant plus de 400 disparus côté népalais, parmi lesquels environ 340 touristes étrangers, et un peu plus de 260 côté chinois. Le gouvernement népalais a confirmé au moins 95 morts, la télévision publique chinoise fait quant à elle état d’au moins trois décès côté tibétain.

Selon les autorités népalaises, une avalanche survenue en territoire tibétain, de l’autre côté de la frontière avec le Népal, aurait bloqué le cours d’une rivière, formant un barrage naturel. La rupture soudaine de ce barrage a ensuite provoqué une crue dévalant toute la vallée, emportant un village entier ainsi que des routes, des ponts et une centrale électrique.

Le poste-frontière de Gyirong, point de passage terrestre de première catégorie entre la Chine et le Népal, est situé dans le village de Ruso, district de Gyirong (préfecture de Xigazê), au fond d’une vallée du versant sud de l’Himalaya, à 2 850 mètres d’altitude. C’est l’un des principaux axes d’échanges entre la Chine et l’Asie du Sud, à 560 km de Xigazê et 830 km de Lhassa.

Rédacteur Yi Ming

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