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Nutrition. À la cueillette des plantes sauvages et comestibles (1/2)

SANTÉ > Nutrition

Qu’il s’agisse de leur propre cuisine ou de plats cuisinés par d’autres, beaucoup de personnes font face à certaines habitudes alimentaires qui, bien que pratiques et familières, ne sont pas toujours très satisfaisantes ni même nutritives. Si la variété est ce qui met du piment dans la vie, la monotonie ferme la porte au rêve. Examinons quelques moyens passionnants et aventureux d’ajouter du piquant à votre régime alimentaire grâce aux plantes sauvages.

Quiconque dispose d’un petit bout de terre, d’un accès à une forêt ou à un parc, devrait pouvoir découvrir une variété de délices à déguster. Cette période de l’année est idéale pour trouver de nouvelles pousses tendres afin d’augmenter votre consommation de légumes et d’enrichir votre palais. Les aliments sauvages les plus courants se présentent sous la forme de légumes verts. Les « mauvaises herbes » courantes comme l’alliaire officinale ou Herbe à ail (Alliaria petiolata), le mouron des oiseaux (stellaire intermédiaire), et le pissenlit sont toutes des plantes disponibles en abondance pour la nourriture, au printemps.

L’alliaire officinale a une saveur âcre et légèrement piquante. Elle est très nutritive et contient des vitamines A, C et E, ainsi que certaines vitamines B

Pour commencer, considérons un pesto. Le pesto traditionnel est composé de basilic, d’ail, de romano ou de parmesan, d’huile d’olive et de pignons de pins. Vous pouvez changer un peu les choses en utilisant de jeunes pousses d’alliaire officinale. Cette plante sauvage au goût âcre et piquant est très nutritive et contient des vitamines A, C et E, ainsi que certaines vitamines B. Elle apporte également divers minéraux, notamment du potassium et du magnésium, du fer et des acides gras oméga 3.

L’alliaire officinale ou herbe à ail (Alliaria petiolata) doit être récoltée avant la formation des fleurs. Comme on le voit ici, les bourgeons commencent tout juste à se former. (Image : Wendell Smith / Flickr / CC BY 2.0)

Originaire d’Europe, l’alliaire officinale est présente d’avril à juin dans toute la France à une altitude comprise entre 0 et 800 mètres. Elle peut être très envahissante dans certains pays comme l’Amérique du Nord et le Canada, où on peut la cueillir en abondance. Prenez la plante entière avant ou pendant la formation des boutons floraux. N’utilisez que les tiges tendres, les feuilles et les jeunes boutons floraux.

L’ail n’est pas indispensable dans ce pesto, et la saveur délicate des pignons serait largement gâchée par cette herbe trop puissante. Au lieu de cela, une quantité généreuse de noix ou d’amandes apportera un effet suave et adoucissant. Si la saveur est encore trop forte, l’ajout d’une herbe plus douce, comme le mouron ou le persil, atténuera l’effet.

Le fromage peut être facilement remplacé par de la levure nutritionnelle pour une version végétalienne, mais l’huile d’olive reste le lien qui unit le tout. Cette recette flexible peut être adaptée par l’ajout de jus de citron, d’olives ou d’autres assaisonnements. Passez les ingrédients au robot culinaire jusqu’à ce qu’à obtenir une pâte lisse et utilisez-la dans une recette traditionnelle, ou dégustez-la sur des crackers aux graines, avec des pâtes à la courgette ou de la polenta frite.

Une plante sauvage considérée par certains comme une mauvaise herbe s’avère être un festin pour d’autres

Passons ensuite au pissenlit « tenace ». Les amoureux des belles pelouses considèrent souvent cette plante comme un envahisseur. En réalité, le pissenlit est une plante comestible très nutritive, et ses fleurs précoces très mellifères sont une opportunité pour nos pollinisateurs en voie de disparition, comme l’abeille domestique. Bien que d’un point de vue nutritionnel, les feuilles de pissenlit soient similaires à celles de l’alliaire officinale, elles possèdent une particularité distincte. Elles sont bénéfiques au maintien d’une vision saine car elles contiennent des EAR (équivalents d’activité rétinol) et des caroténoïdes comme la lutéine et la zéaxanthine qui aident à prévenir la dégénérescence maculaire.

Fleurs de pissenlit, un jour de printemps. Ces plantes sauvages comestibles sous-estimées font partie de la cuisine traditionnelle italienne. (Image : Roland Mey / Pixabay)

Souvent utilisée dans la cuisine traditionnelle italienne, cette plante exceptionnellement amère est souvent cuite à l’étuvée, puis rincée à l’eau froide, avant d’être ajoutée aux recettes. Sauté avec des oignons ou de l’ail et servi avec des pignons grillés et des pâtes, ou sous forme de soupe crémeuse et épicée, le pissenlit a une saveur riche, extrêmement plaisante. Parmi ses autres utilisations, citons le vin de pissenlit fait à partir des fleurs, et le thé obtenu par le trempage des racines hachées et grillées, semblable à du café.

D’un point de vue nutritionnel, le mouron des oiseaux est une bonne source de vitamines et d’antioxydants, et possède un large éventail de propriétés médicinales. Cette herbe est suffisamment tendre et savoureuse pour être consommée crue dans les salades. (Image : kie-ker / Pixabay)

Quand au mouron des oiseaux (stellaire intermédiaire), c’est une herbe délicate à la saveur douce qui pousse en masses touffues, de préférence au soleil. C’est une plante annuelle qui pousse et fleurit tout au long de l’année. Sur le plan nutritionnel, le mouron des oiseaux est une bonne source de vitamines et d’antioxydants, et possède un large éventail de propriétés médicinales. Cette herbe est suffisamment tendre et savoureuse pour être consommée crue dans les salades, mais elle ajoute également une autre dimension à des plats comme le pilaf. Hachée dans du riz sauvage et du quinoa cuits avec des graines de tournesol grillées, des oignons sautés, des carottes râpées et un filet de sauce soja, elle constitue un repas simple ou un accompagnement copieux.

Le cresson est également riche en antioxydants, en vitamines et en minéraux, cette plante poivrée peut offrir d’importants avantages pour la santé

Une autre plante verte à rechercher au début du printemps est le cresson, que l’on trouve souvent dans les cours d’eau. Également riche en antioxydants, en vitamines et en minéraux, cette plante poivrée peut offrir d’importants avantages pour la santé. Rapide à se faner sous l’effet de la chaleur, elle passe de légèrement poivrée à très épicée lorsque les fleurs commencent à se former. Si cette herbe populaire est aujourd’hui cultivée dans le monde entier, elle a d’abord été considérée comme une mauvaise herbe et peut encore être trouvée à l’état sauvage. Veillez à ne récolter que la partie de la plante située au-dessus de l’eau, afin que les racines puissent continuer à se développer. Comme pour toutes les récoltes sauvages, il faut bien les laver avant de les consommer. Cueilli tôt, le cresson est suffisamment doux pour être consommé cru dans des sandwichs ou des salades, mais il est également utilisé dans les recettes de sautés asiatiques.

Si vous avez tendance aux excès, prenez garde : la cueillette des plantes sauvages est une activité prenante qui peut créer une dépendance. Profiter du plein air tout en gardant un œil sur les trésors gastronomiques est un plaisir qui surpasse largement toute visite dans un supermarché. Préparez-vous à épater vos amis et votre famille avec de nombreux nouveaux plats, ainsi qu’avec les détails excitants liés à la découverte.

À suivre…

Traduit par Fetty Adler

Version en anglais : Diet Doldrums? Take a Walk on the Wild Side: Wild Edibles Part I