Bien-être et perte de poids, vérité ou mensonge ?

Par Vision Times
Le 03/04/2020
Le passage du business des régimes amaigrissants à celui du bien-être pourrait être motivé par des raisons stratégiques. (Image : pixabay / CC0 1.0)
Le passage du business des régimes amaigrissants à celui du bien-être pourrait être motivé par des raisons stratégiques. (Image : pixabay / CC0 1.0)
 

Le surpoids est devenu un problème de santé majeur pour de nombreuses personnes. Ses conséquences peuvent avoir un impact sur l’estime de soi, ainsi que des répercussions négatives sur la carrière, la vie sentimentale et d’autres sortes de relations. L’industrie de la diététique en a tiré profit et gagné des milliards d’Euros. Mais ces derniers temps, l’industrie se focalise plutôt sur le bien-être. Alors que certains y voient une avancée positive, d’autres y voient une intention «politiquement correcte».

La nouvelle image de marque

La raison pour laquelle l’industrie de la diététique est en train de changer son image paraît simple : se focaliser sur la perte de poids peut faire surgir des associations négatives. Certaines personnes vont être étiquetées comme «un peu rondes», tout en ayant une vie saine et décente. Le fait d’associer les rondeurs à quelque chose de négatif provoque maintenant un grand rejet chez beaucoup de gens. Ces personnes vont donc plutôt choisir des solutions pour améliorer leur bien-être sans pour cela perdre du poids. Le bien-être consiste plutôt à être bien dans son corps, en menant une vie saine, peu importe son apparence.

«Si nous nous soucions vraiment de la santé, alors nous devons nous éloigner de cet objectif de perte de poids. Il me semble vraiment que nous nous concentrons beaucoup trop sur le poids. Le poids, ce n’est pas vraiment un indicateur de santé très important. La communauté médicale devrait le savoir : elle dispose en fait de bien meilleurs moyens pour mesurer la santé des gens que de les  faire monter sur une balance», a déclaré à Wbur Traci Mann, professeur de psychologie sociale et de la santé à l’université du Minnesota.

 

L’industrie de la diététique entame un reconversion vers le bien-être. (Image : pexels / CC0 1.0)
L’industrie de la diététique entame un reconversion vers le bien-être. (Image : pexels / CC0 1.0)
 

Dans le passé, plusieurs entreprises ont reformulé leurs offres pour louer les avantages liés à la perte de poids, sans pour autant mentionner des mots comme régime, poids, surpoids, etc. En 1982, Coca-Cola a lancé un coca-cola diététique destiné aux clients soucieux de leur poids. Cependant, la société a abandonné le mot «régime» et a donné au produit un autre nom, simplement «Coke Zero», puis «Coke sans sucre ajouté». Un sondage client a révélé que les jeunes garçons n’étaient pas à l’aise avec le mot «régime», même s’ils aimaient le goût de la boisson.

En 1991, le Kentucky Fried Chicken a officiellement adopté le nom de KFC. Le président de KFC a  déclaré que le changement de nom avait été adopté de manière à éviter l’emploi du mot «frit» dans la mesure où à l’époque l’Américain moyen était très soucieux de sa santé.

 

KFC a officiellement adopté ce nom en 1991 pour se démarquer du mot «frit»  (Image : pixabay / CC0 1.0)
KFC a officiellement adopté ce nom en 1991 pour se démarquer du mot «frit»  (Image : pixabay / CC0 1.0
 

Les revenus d’une entreprise de produits diététique se limitent à des choses comme le conseil en diététique, la vente de compléments alimentaires, etc.  Mais en se repositionnant pour se concentrer sur le bien-être, la même société peut désormais proposer des services supplémentaires comme des séances de méditation, des soins de la peau, des voyages de bien-être, etc. à sa clientèle existante, élargissant ainsi ses sources de revenus. Le secteur mondial du tourisme de bien-être est actuellement estimé à plus de 3,8 milliards d’Euros. Le marché du tourisme de bien-être représente 581,5miliards d’Euros et a connu une croissance de 6,5 % entre 2005 et 2017, soit presque le double du montant du tourisme global.

Trop politiquement correct ?

Certaines personnes craignent que la décision de l’industrie agro-alimentaire de se focaliser sur le bien-être plutôt que sur la perte de poids ne soit motivée par la nécessité de rester politiquement correct à un moment où la FAM «Fat Acceptance Movement» - (mouvement d’acceptation du surpoids) - gagne du terrain. La FAM cherche essentiellement à normaliser l’obésité, en faisant valoir que les personnes obèses sont discriminées essentiellement en raison de leur poids. Dans un tel scénario, promouvoir une campagne contre le surpoids attirera inévitablement les critiques des activistes du FAM qui pourraient accuser cette offensive de propager la honte et la haine à l’encontre des personnes en surpoids.

En revanche, le fait de se qualifier d’«entreprise de bien-être» permet aux entreprises d’éviter de mentionner toute allusion au poids. Bien que dans l’environnement actuel, cela ait un sens au niveau commercial, il y a aussi des conséquences. Encourager aveuglément le surpoids ne va pas aider les personnes en excès. Cela ne fera que les condamner à un mode de vie exposé à des complications médicales et à d’autres difficultés. Une personne souffrant de surpoids ne devrait pas céder à la honte. Mais nous ne devons pas pour autant les abandonner à leur sort., Nous devrions les encourager à essayer des programmes d’amincissement pour améliorer leur santé. Il ne s’agit pas d’être «gentil», mais de se soucier véritablement du bien-être de la personne.


Traduit par Marlène Deloumeaux

Version en anglais : Wellness Instead of Weight Loss and Why Truth Hurts