La tradition de la piété filiale bien préservée à Taïwan

Par Billy Shyu
Le 15/11/2020
Une peinture de la dynastie des Song, illustrant le Classique de la piété filiale, compilé par les disciples de Confucius. (Image : Musée Nationale du Palais de Taiwan / @CC BY 4.0)
Une peinture de la dynastie des Song illustrant le Classique de la piété filiale, compilé par les disciples de Confucius. (Image : Musée Nationale du Palais de Taiwan / @CC BY 4.0)
 

Un vieil adage dit : « De toutes les vertus, la piété filiale vient en premier (百善孝為先). » La piété filiale est une vertu importante de la culture chinoise traditionnelle, prônant le respect et l’attention envers ses parents et ses ancêtres.



Le caractère chinois pour la piété filiale


Le caractère chinois pour la piété filiale (孝 xiao) est composé de deux parties. La partie supérieure est le caractère 老 (lao), qui signifie « ancien, aîné », et la partie inférieure est le caractère 子 (zi), qui signifie « enfant ». Ainsi, le caractère xiao suggère que l’enfant soutient l’ancien.

 

Un tableau illustrant quatre histoires de piété filiale de la dynastie des Yuan. (Image : Musée Nationale du Palais de Taiwan / @CC BY 4.0)
Un tableau illustrant quatre histoires de piété filiale de la dynastie des Yuan. (Image : Musée Nationale du Palais de Taiwan / @CC BY 4.0)
 

L’importance de la piété filiale dans la culture chinoise


La piété filiale est un principe essentiel du confucianisme. Ce principe se retrouve aussi dans de nombreux autres textes classiques, tels que Les Vingt-quatre exemples de piété filiale (二十四孝), qui ont été compilés pendant la dynastie des Yuan (1260-1368), afin de laisser un enseignement aux générations futures. 



 

La cérémonie de remise du Prix national de la piété filiale 2018 s’est déroulée en présence de la présidente Tsai Ing-wen, du ministre de l’intérieur, et d’autres célébrités dans la ville de Tainan. (Image : Capture d’écran / YouTube)
La cérémonie de remise du Prix national de la piété filiale 2018 s’est déroulée en présence de la présidente Tsai Ing-wen, du ministre de l’intérieur, et d’autres célébrités dans la ville de Tainan. (Image : Capture d’écran / YouTube)
 


La piété filiale est non seulement considérée comme la pierre angulaire de l’éducation et comme le fondement de la morale, mais elle est également considérée comme la base d’une société harmonieuse.


Un bastion de la culture chinoise authentique


La culture traditionnelle chinoise a été systématiquement détruite par le régime communiste chinois. Taïwan, qui a su préserver cet héritage, est perçue de ce fait comme un bastion de la culture chinoise authentique. À Taiwan, le gouvernement et la société s’attachent à préserver, entre autres, la tradition de la piété filiale, considérée comme une vertu importante de la culture chinoise traditionnelle.

 

La présidente Tsai Ing-wen a remis le prix national de la piété filiale à une jeune lauréate. (Image : Capture d’écran / YouTube)Un vieil adage dit : « De toutes les vertus, la piété filiale vient en premier (百善孝為先). » La piété filiale est une vertu importante de la culture chinoise traditionnelle, prônant le respect et l’attention envers ses parents et ses ancêtres.
La présidente Tsai Ing-wen a remis le prix national de la piété filiale à une jeune lauréate. (Image : Capture d’écran / YouTube)
 


Prix de la piété filiale


Afin de susciter et d’encourager la piété filiale chez les jeunes générations et pour améliorer le bien-être de la société, le gouvernement et les écoles taïwanaises organisent chaque année à différents niveaux une cérémonie de remise du « Prix de la piété filiale ». À l’occasion de cette cérémonie organisée par le ministère de l’intérieur, la présidente de Taïwan en personne est invitée à remettre le Prix national de la piété filiale aux lauréats.


L’éducation à la piété filiale


Sous l’égide du ministère de l’éducation, un groupe de travail particulier a été créé : le Centre national de ressources sur la piété filiale, avec pour objectif  (pour les enfants de la maternelle à la 12e année) de promouvoir et de valoriser la piété filiale. 

Le ministère a également inclus la piété filiale dans les grandes lignes du programme d’études à Taïwan. L’administration de l’éducation a parrainé diverses activités (de la maternelle à la 12e année) visant à promouvoir la piété filiale, telles que des concours d’écriture, des concours de peinture, des concours de bandes dessinées, etc.



Une histoire typique de la piété filiale

À Taiwan, il existe de nombreuses  histoires faisant référence à la piété filiale. Une histoire typique concerne la famille Tai dans le comté de Chiayi, au sud de Taïwan.

 








La famille Tai compte sept enfants, dont quatre médecins ou praticiens en médecine traditionnelle chinoise. Ils ont tous été élevés dans le respect de la piété filiale. Lorsque leurs parents souffraient de maladies liées à l’âge, ils se sont relayés pour prendre soin d’eux, bien que certains d’entre eux résidaient à l’étranger.



Ils se sont toujours occupé consciencieusement de leurs parents, en leur préparant des remèdes à base de plantes médicinales appropriées, en leur massant les jambes, en priant pour eux et en chantant le nom de Bouddha en silence tout en leur tenant compagnie.



Ils ont également veillé à apporter la bonne fortune à leurs parents en suivant la pensée traditionnelle chinoise qui dit que « le bien est rétribué par le bien et le mal par le mal ». Le second fils donnait des consultations médicales bénévoles aux personnes dans le besoin. Quand au troisième des fils, il a fait don d’une ambulance à un hôpital au nom de sa mère, et il a donné de l’argent pour apporter un soutien régulier à un total de 38 orphelins.



La bonne influence de la vertu


Linda, la fille aînée, a rapporté que son père rappelait souvent à ses enfants : « Nous ne devons jamais profiter des autres, peu importe si les autres profitent de nous ». Leur mère leur enseignait également : « Si nous avons un bol de riz, nous devons en partager la moitié avec les autres. »

 Linda a ajouté : « Le contentement, la gratitude, la compréhension et le pardon sont les quatre vertus que nos parents nous ont offertes en héritage ». En conséquence, la piété filiale des enfants est liée aux vertus de leurs parents.

 

Traduit par Swanne Vi

Version en anglais : The Traditional Virtue of Filial Piety Is Well Preserved in Taiwan