Menuiserie japonaise : sans clou ni vis

Par Max Lu
Le 05/03/2021
Beaucoup d’anciens temples bouddhistes et de sanctuaires shintoïstes du Japon ont été construits sans clou ni vis, par des charpentiers hautement qualifiés du nom de miyadaiku. (Image : mailtotobi / Pixabay)
Beaucoup d’anciens temples bouddhistes et de sanctuaires shintoïstes du Japon ont été construits sans clou ni vis, par des charpentiers hautement qualifiés du nom de miyadaiku. (Image : mailtotobi / Pixabay)
 

Est-il possible de construire des bâtiments résidentiels et d’autres structures sans utiliser de fixations métalliques, comme des clous et des vis ? Pour la majorité des gens, l’idée semble improbable et irréaliste. Pourtant, cette technique existe bel et bien au Japon. La menuiserie traditionnelle japonaise utilise depuis des siècles une technique d’assemblage du bois sans aucune pièce métallique. Le Japon est sujet aux tremblements de terre et cette technique offre une meilleure résistance aux séismes et facilite les réparations et la reconstruction.

Les charpentiers japonais qui maîtrisent cette technique d’assemblage du bois sans vis ni clou, sont appelés miyadaikus. Ces charpentiers ont construit des milliers de sanctuaires et de temples à l’aspect très esthétique, depuis les temps anciens. Ces structures anciennes en bois ont montré une meilleure résistance aux ravages causés par le temps, que de nombreuses constructions en briques et en mortier.

 

Les miyadaiku japonais sont experts dans l’assemblage du bois, sans clou ni vis. (Image : wikimedia / 663highland / CC BY-SA 3.0)
Les miyadaikus japonais sont experts dans l’assemblage du bois, sans clou ni vis. (Image : wikimedia / 663highland / CC BY-SA 3.0)
 

Takahiro Matsumoto, un excellent charpentier de Kamakura qui maîtrise parfaitement l’art du miyadaiku, nous parle de cette forme ancienne de charpenterie. Elle a été inventée au Japon dans l’Antiquité, à une époque où les gens n’avaient pas un accès facile au métal, du fait de son coût élevé. Cela les a incités à inventer et à réaliser des structures en bois qui dureraient longtemps, compensant ainsi l’absence de métal par une grande habileté et un savoir-faire artisanal. Un charpentier miyadaiku possède des compétences dans le maniement des joints en bois de différentes formes.

La ville de Kamakura a servi de capitale au Japon jusqu’au XIVe siècle. La ville regorge de sanctuaires shintoïstes et de temples bouddhistes. Aussi étonnant que cela puisse paraître, certains de ces établissements religieux ont été construits il y a plus de 1 200 ans. Ces anciens bâtiments en bois doivent cependant être restaurés tous les 150 à 200 ans. C’est naturel, du fait que le bois est sujet à la détérioration en étant exposé à divers éléments climatiques et qu’il peut également subir des dommages causés par les insectes.

 

Il existe au Japon des sanctuaires et des temples en bois vieux de plus de 1 200 ans. (Image : Michelle Maria / Pixabay)
Il existe au Japon des sanctuaires et des temples en bois vieux de plus de 1 200 ans. (Image : Michelle Maria / Pixabay)
 

Les charpentiers Miyadaikus prennent le temps de couper et de façonner les joints en bois. Le savoir-faire et la persévérance de ces charpentiers sont remarquables. La chaîne YouTube « Japanese Architecture : Wisdomof Our Ancestors » présente des vidéos sur les divers aspects de cet art. Takahiro Matsumoto admet qu’avec le temps, les charpentiers se sont adaptés à l’utilisation de nouvelles technologies, et que des machines de pointe sont également utilisées. Cependant, les anciens bâtiments construits par les ancêtres sont l’exemple vivant de leurs remarquables compétences.


Traduit par Fetty Adler

Version en anglais : Japanese Carpentry: Constructing Buildings Without Nails or Screws