Athènes deviendrait-elle un pion de Pékin ?

Par Vision Times
Le 04/12/2019

 

La compagnie maritime chinoise COSCO détient une participation majoritaire dans le port du Pirée, le plus grand port de Grèce et le septième d'Europe. (Image : Capture d'écran / YouTube)
La compagnie maritime chinoise COSCO détient une participation majoritaire dans le port du Pirée, le plus grand port de Grèce et le septième d’Europe. (Image : Capture d’écran / YouTube
 

En 2016, la compagnie maritime chinoise COSCO a acquis une participation majoritaire dans le port grec du Pirée. Situé dans le golfe Saronique, c'est le plus grand port de Grèce et le septième d’Europe.

Récemment, il a été annoncé que COSCO investira 660 millions de dollars supplémentaires dans le port pour son développement. Pour l’Amérique, la prise de contrôle du port du Pirée par la Chine ajoute un autre problème de sécurité majeur à la liste.

Influencer la Grèce

«Les avantages géographiques des ports grecs peuvent être utilisés pour faciliter et accroître les flux de transfert de la Chine et de l'Extrême-Orient vers l’Union européenne, les Balkans et la région de la mer Noire, et vice versa», a déclaré Kostas Fragogiannis, vice-ministre grec des affaires étrangères, à CNBC.

La Chine est le deuxième marché d’exportation de l’UE et sa principale source d’importation. Les échanges commerciaux entre les deux régions s’élèvent en moyenne à plus de 1,1 milliard de dollars par jour. La Grèce s’oriente vers la Chine depuis que le pays a subi le contrecoup de la crise financière. Pékin a investi dans plusieurs secteurs, comme l’énergie, les transports, l’immobilier et les télécommunications. Xi Jinping s’est récemment engagé dans 16 projets d’investissement en Grèce. La Bank of China Europe a ouvert une succursale à Athènes ce mois de novembre, tandis que des discussions sur l’ouverture d’une enseigne grecque de la Industrial and Commercial Bank of China sont également en cours.

 

La Grèce se tourne vers la Chine depuis que le pays a subi le contrecoup de la crise financière. (Image : Capture d'écran / YouTube)
La Grèce se tourne vers la Chine depuis que le pays a subi le contrecoup de la crise financière. (Image : Capture d’écran / YouTube)

 

Avec une telle dépendance à l’égard de la Chine, il est inévitable que la Grèce soutienne Pékin sur des questions internationales cruciales. En 2017, la Grèce a bloqué une déclaration de l’UE au Conseil des droits de l’homme de lvONU qui traitait des violations des droits de l’homme en Chine, un fonctionnaire grec qualifiant ces allégations de «critiques non constructives». C’était la première fois que l’UE ne faisait pas de déclaration au Conseil. LvUE a exprimé la crainte quvune présence chinoise en Grèce ne se transforme en coercition économique.

Pour les États-Unis, qui entretiennent des relations militaires avec les pays de l’UE, les relations de Pékin avec la Grèce constituent une menace évidente. En fait, l’armée américaine utilise le port du Pirée pour soutenir la sécurité européenne et s’inquiète de l’implication de la Chine dans ce port. «Les opérateurs portuaires chinois pourraient surveiller de près les mouvements des navires de guerre américains et de l’​​​​​​​OTAN, recueillir des informations sur leurs opérations de maintenance et avoir accès à des systèmes et équipements sensibles en interceptant les signaux électromagnétiques, en recueillant des renseignements à l’​​​​​​​aide de capteurs électroniques et en fournissant des renseignements visuels et humains», selon Asia Times.

Avertissements concernant la BRI

L’investissement dans le port du Pirée s’inscrit dans le cadre de l’initiative Belt and Road Initiative (BRI), ou route et ceinture, la nouvelle route de la soie, de Pékin, qui vise à développer un réseau de ports, d’aéroports, de chemins de fer et de routes qui servent de porte d’entrée commerciale entre la Chine et le reste du monde. Plusieurs experts ont mis en garde contre le risque du projet BRI.

 

L'investissement dans le port du Pirée s'inscrit dans le cadre de l'initiative route et ceinture ou nouvelle route de la soie. (Image : Capture d'écran / YouTube)
L’investissement dans le port du Pirée s'inscrit dans le cadre de l'initiative route et ceinture ou nouvelle route de la soie. (Image : Capture d’écran / YouTube)

 

En mai, le président de la Banque asiatique de développement, Takehiko Nakao, a conseillé aux pays partenaires de la Chine dans le cadre de la BRI, d'évaluer soigneusement les mérites d'un projet avant de le signer. «Sinon, la capacité de paiement du gouvernement s’​​​​​​​en trouverait compromise. Il y a des avantages à avoir plus d’​​​​​​​investissements, mais en même temps, nous devons faire attention à trouver de bons projets avec de bons retours sur investissement», a-t-il déclaré dans un communiqué (The Daily Star).

Le sénateur américain James Risch a appelé à une coopération plus étroite entre les nations européennes et les États-Unis pour s’assurer que le système international maintienne son engagement envers les valeurs humanitaires plutôt que de succomber aux tentations économiques de la Chine et finir par promouvoir l’autoritarisme.

La BRI, bien que présentée comme un réseau commercial, semble en fin de compte être le plan de Pékin pour que les pays dépendent économiquement d’elle, tout en développant ses prouesses militaires.

 

Traduit par : Charlotte Clémence

Version en anglais : Falling for Chinese Money: Will Athens Become a Pawn of Beijing?

Vidéos :

PORT of PIRAEUS - the largest passenger port in Europe

Greece’s debt relief plans come at high price for residents

Cargo part of the Port of Piraeus , Greece