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Monde. Le monde est pris par la crise de la dette

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Début janvier 2019, la dette mondiale totale avoisinait les 244 000 milliards de dollars américains, soit plus de 300% du PIB mondial au troisième trimestre de l'an dernier. Le Fonds monétaire international (FMI) a donc lancé de nombreuses alertes aux gouvernements du monde entier pour qu'ils contrôlent le niveau de leur dette et créent suffisamment de réserves pour se protéger contre les risques économiques futurs. Cependant, personne ne voit comment la situation pourrait s'améliorer significativement.

 

La dette mondiale

La dette publique totale a franchi la barre des 65 000 milliards de dollars américains en 2018, contre 37 000 milliards de dollars américains il y a à peine 10 ans. Les États-Unis représentent près de 32 %. La dette du secteur financier s'élève à 60 000 milliards de dollars américains, tandis que celle des sociétés non financières dépasse maintenant les 72 000 milliards de dollars américains.  Pendant ce temps, la dette des ménages est passée à 46 000 milliards de dollars américains, principalement en raison de la forte croissance des marchés émergents comme la Chine, l'Inde, le Mexique, le Chili et la Corée.

Toutefois, bon nombre de ces dettes arriveront très bientôt à échéance et poseront un gros problème aux marchés financiers mondiaux, car certains pays pourraient ne pas être en mesure de faire face aux paiements. Selon un rapport de McKinsey, la Turquie se trouve dans une situation délicate cette année. Sa monnaie a chuté pendant la majeure partie de l'année dernière et elle est actuellement faible. Au cours des dernières années, les entreprises turques ont emprunté d'importantes sommes d'argent pour financer leurs activités. Bon nombre de ces dettes viendront bientôt à échéance et si la monnaie turque est trop faible, le poids de leur dette en deviendra insupportable.

Étant donné que le gouvernement turc s'est porté garant de montants importants de ces dettes, il sera tenu de les rembourser au cas où les entreprises elles-mêmes ne seraient pas en mesure de les honorer du fait de la baisse des recettes. La faiblesse de la lire rend le remboursement des prêts en dollars très coûteux. Les pays en développement comme l'Afrique du Sud, la Russie, le Brésil et l'Indonésie devront également faire face à une situation similaire au cours des prochaines années, car ils n'auront peut-être pas assez d'euros et de dollars pour rembourser leurs prêts.

«Nous dépendions des marchés émergents pour stimuler la croissance mondiale, en partie à cause du boom du crédit... Cela va ralentir la croissance, ce qui affectera les États-Unis, l'Europe et l'économie mondiale dans son ensemble», a déclaré Susan Lund, co-auteure de l'étude McKinsey, au Sydney Morning Herald.

 

Les Etats-Unis et le monde développé

Selon le  Cycle Research Institute, la dette combinée des États-Unis, du Japon, de la Chine et de la zone euro est dix fois plus importante que la croissance combinée du PIB au cours des dernières années. Cela signifie essentiellement que pour chaque dollar de croissance du PIB générée par les pays industrialisés, ils ajoutent 10 dollars de dette à l'économie. Combien de temps faudra-t-il avant que les pays les plus puissants commencent également à ne pas rembourser ?

Si l'on regarde l'histoire, chaque accumulation sans restriction de la dette mondiale a eu des conséquences économiques désastreuses. La crise financière de 2008 a été la dernière crise financière majeure que le monde ait connue.

Non seulement elle a freiné la croissance économique pendant plusieurs années, mais elle a également suscité une grande crainte dans l'esprit des investisseurs. La crise actuelle de la dette peut avoir un impact beaucoup plus important et plus durable.

Les experts du marché estiment qu'une «liquidation» est inévitable et que les niveaux d'endettement globaux sont beaucoup trop élevés pour ne pas avoir de conséquences négatives. La question est de savoir ce que nous ferons lorsque les pays commenceront à ne pas rembourser leurs dettes. Malheureusement, il se peut que nous ne puissions rien faire.

Le monde pourrait entrer dans une phase prolongée de crise économique aux conséquences difficilement prévisibles mais certainement sans précédent. D'autant plus qu'après la crise de 2008, les gouvernements ont utilisé tous les moyens qu'ils avaient à leur disposition pour éviter un effondrement global de l'économie. Aujourd'hui, ils ne disposent de quasiment plus aucune marge de manoeuvre.