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Monde. Face aux insultes de la Chine, Mike Pompeo double les sanctions

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Mike Pompeo balaie la propagande chinoise. (Image : flickr / CC0 1.0)
 

La télévision centrale de Chine (CCTV), dirigée par l'État, a diffusé le 15 novembre une vague extraordinaire d'insultes et d'obscénités contre le secrétaire d'État américain Mike Pompeo.

Mike Pompeo, qui effectue actuellement une tournée en Europe, a envoyé des signaux forts indiquant qu’il continuera à sanctionner les auteurs de violations des droits de l’homme, en particulier les responsables de la République Populaire de Chine. Il a, ainsi que d'autres responsables de l'administration Trump, condamné à plusieurs reprises le Parti communiste chinois (PCC) pour sa persécution à l’encontre des dissidents politiques et des croyants.

Le département d’État américain a également fait pression sur Pékin sur des sujets brûlants, tels que le statut diplomatique de Taïwan, et a remis en cause la légitimité politique du Parti communiste.

Le Parti communiste considère que la Taïwan démocratique  - officiellement appelée la République de Chine (ROC) - fait partie du territoire de la République populaire de Chine (RPC). Pékin promet de « récupérer » l'île par la force militaire si nécessaire.

Dans une interview du 12 novembre, Mike Pompeo a déclaré : « Taïwan ne fait pas partie de la Chine. Cela a été reconnu avec le travail que l’administration Reagan a accompli pour définir les politiques auxquelles les États-Unis adhèrent maintenant depuis trois décennies et demie ».

Le secrétaire américain à la Santé et aux Services sociaux, Alex Azar (à gauche), rencontre le président Tsai Ing-Wen (à droite) lors de sa visite d'août 2020 à Taïwan. (Image : 總統府 / flickr / CC BY 2.0)
Le secrétaire américain à la Santé et aux Services sociaux, Alex Azar (à gauche), rencontre le président Tsai Ing-Wen (à droite) lors de sa visite d'août 2020 à Taïwan. (Image : 總統府 / flickr / CC BY 2.0)
 

Quatre jours plus tard, CCTV a réagi en insultant Mike Pompeo, disant qu'il était une « ordure » et un « agitateur », qu'il était comme « un joueur malhonnête qui a joué ses yeux » et qu’il avait « un cœur de fer après avoir avalé de l’acier ».

L'édition outre-mer du Quotidien du Peuple est allée jusqu'à publier un éditorial utilisant une série de mots injurieux à l’encontre de Mike Pompeo comme : « apocalyptiquement malsain », « arrogant et ignorant », « ayant des motifs sinistres »,« Tromper l'opinion publique », « manipuler la perception du public » et « être extrêmement calculateur ».

Mike Pompeo, qui était en visite en Europe lundi, a tweeté que les États-Unis continueront de faire appliquer la loi Magnitsky et de traduire en justice ceux qui persécutent les droits de l’homme.

Il a déclaré : « À ce jour, 55 personnes ont été sanctionnées en vertu de la loi Magnitsky sur la Russie. Les États-Unis continueront de travailler avec leurs partenaires pour promouvoir la responsabilité et imposer des coûts aux personnes impliquées dans l'affaire Magnitsky et à ceux qui commettent des violations et des abus des droits de l'homme ».

Il a évoqué l'origine de la loi Magnitsky : « Il y a 11 ans aujourd'hui, Sergei Magnitsky est mort dans une prison de Moscou aux mains de responsables russes pour avoir dénoncé un vaste stratagème de fraude fiscale lié au gouvernement. Les États-Unis ont promulgué le " Magnitsky Rule of Law Accountability Act "  à sa mémoire pour promouvoir la responsabilité des auteurs de violations des droits humains ».

Sergei Magnitsky était un avocat et enquêteur fiscal russe. Il avait découvert et dénoncé la corruption au sein des fonctionnaires du ministère de l'Intérieur de son pays. À la suite de passages à tabac répétés et d'autres formes d'abus, il est décédé à l'âge de 37 ans. En 2016, la loi américaine Global Magnitsky Human Rights Accountability Act a été adoptée dans le cadre de la loi annuelle sur l'autorisation de la défense nationale.

La loi autorise le Président des États-Unis à bloquer ou à révoquer les visas d’entrée et à imposer des sanctions foncières aux personnes et aux institutions de pays étrangers.

Les États-Unis ont déjà imposé des sanctions contre des entités et des individus de la République populaire de Chine (RPC), en vertu de cette loi. Par exemple, le 15 septembre, le Trésor américain a imposé des sanctions à United Development Group (UDG), une entité publique chinoise de la ville de Tianjin.  En juillet, il a imposé des sanctions au Bureau régional de la sécurité publique du Xinjiang, ainsi qu'à quatre fonctionnaires actuels et anciens du gouvernement de la région.

Les camps d’internement du Xinjiang abritent plus d’un million de personnes, presque toutes appartenant à des minorités ethniques chinoises. (Image : Radio Free Asia)
Les camps d’internement du Xinjiang abritent plus d’un million de personnes, presque toutes appartenant à des minorités ethniques chinoises. (Image : Radio Free Asia)
 

Située dans le nord-ouest de la Chine, la région autonome du Xinjiang abrite l’ethnie Ouïghoure, ainsi que d'autres minorités ethniques traditionnellement musulmanes. Au nom de la lutte antiterroriste, le Xinjiang fait l’objet depuis une dizaine d’années, d’une répression massive de la part des autorités chinoises. Plus d'un million de personnes sont détenues dans des camps de concentration installés au Xinjiang sous le prétexte de les « déradicaliser ».

En mai, trois membres du Congrès américain ont adressé une lettre à Mike Pompeo et au secrétaire au Trésor Steve Mnuchin, les appelant à imposer des sanctions à 10 responsables chinois qui, pendant la pandémie, avaient « violé le Règlement sanitaire international de 2005, les droits humains de leurs citoyens et les principes fondamentaux d’équité et de responsabilité dans les relations internationales. »

Selon un communiqué de presse du Département d'État, en décembre dernier, le gouvernement américain a ciblé 68 personnes et entités de neuf pays pour corruption et violations des droits humains en vertu de la loi Global Magnitsky, et a imposé des sanctions telles que des restrictions de visa aux fonctionnaires du PCC.

En mai 2019, les fonctionnaires du Département d'État américain ont informé les pratiquants de Falun Gong - une pratique spirituelle chinoise qui fait l’objet d’une persécution à mort par le PCC depuis 1999 - qu'ils accueillaient favorablement la soumission d'informations sur les fonctionnaires de la RPC et sur les entités responsables des abus subis par les pratiquants de Falun Gong.

Les pratiquants de Falun Gong aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni, en Australie et en Nouvelle-Zélande ont depuis soumis régulièrement à leurs gouvernements respectifs des listes compilées de fonctionnaires du PCC complices de la persécution du Falun Gong, exigeant que ces individus se voient refuser un visa et aient leurs biens gelés conformément à la loi.

Rédacteur Nello Tinazzo

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