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Monde. Convoi de la liberté à Ottawa : le recours à la loi sur les mesures d’urgence qualifié de dérive autoritaire

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Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a révoqué le recours à la Loi sur les mesures d’urgence qu’il avait invoquée plus tôt pour mettre un terme aux manifestations de contestation du Convoi de la liberté, ayant entraîné le blocage d’une partie de la capitale.

La décision du Premier ministre canadien Justin Trudeau d’invoquer la Loi sur les mesures d’urgence, pour réprimer la manifestation des camionneurs du Convoi de la liberté à Ottawa, a suscité de vives réactions au sein du pays. Certains ont commenté que l’image du pays a été dévalorisée, passant de celle d’un bastion de la liberté et de la paix à celle d’un régime autoritaire.

Bien que cette opinion soit rare parmi les médias établis et financés par l’État au Canada, plusieurs journalistes et podcasteurs indépendants populaires se sont exprimés.

L’un des plus en vue est le journaliste de Rebel News Australia, Avi Yemini, qui s’est adressé à ses 245 000 followers, en mettant en contraste l’expérience de son organisation dans la couverture des manifestations anti-Parti communiste chinois (PCC) de 2019 à Hong Kong. Jusqu’à deux millions de citoyens s’opposant à la violation du principe « Un pays, deux systèmes » étaient descendus dans la rue à cette occasion.

Le Canada est en train de mourir

« Les MSM qui ont condamné sans relâche la Chine pour son traitement choquant des manifestants pour la démocratie à Hong Kong, félicitent maintenant Justin Trudeau pour avoir fait exactement la même chose », a déclaré Yemini le 20 février. « Le Canada est la nouvelle Chine ».

« Rebel News a couvert les deux événements mais n’a été agressé par la police que lors d’un seul événement », a-t-il ajouté.

L’incident auquel Yemini fait référence s’est produit le 19 février lorsque la journaliste de Rebel News Alexa Lavoie, qui enregistrait une confrontation en première ligne entre la police et les manifestants, a été frappée à plusieurs reprises par un policier qui lui a ensuite tiré une grenade lacrymogène dans la jambe à bout portant.

Rebel News n’était pas le seul journal indépendant à s’exprimer. Le fondateur du site Web The Counter Signal, Keean Bexte, a signalé le 16 février qu’il avait été « suivi dans le centre-ville d’Ottawa » par les autorités.

Keean Bexte, qui a également couvert les manifestations de Hong Kong, a déclaré : « Cela m’est arrivé à Hong Kong, et cela arrive aussi dans mon pays. Le Canada est en train de mourir. »

Le 20 février, Rupa Subramanya, chroniqueuse pour le National Post, qui appartient à Postmedia, a également écrit un tweet suite aux menaces proférées par la police d’Ottawa à l’encontre des participants aux manifestations, disant que la police « cherchera activement à vous identifier et donnera suite à des sanctions financières et des accusations criminelles. »

Rupa Subramanya a déclaré : « Pendant les manifestations pro-démocratie de Hong Kong en 2019, tout comme les flics d’Ottawa, les autorités là-bas ont traité chaque rassemblement comme illégal. Elles ont utilisé la surveillance de masse pour suivre les manifestants et les ont poursuivis. Je me demande ce que la Chine pense de ce qui se passe au Canada… »

Ne jamais considérer la liberté comme acquise

Lauren Chen, une vlogueuse qui compte près de 320 000 followers sur Twitter, s’est également exprimée le 17 février, déclarant : « J’ai deux nationalités : Le Canada et Hong Kong. Malheureusement, les deux endroits sont maintenant scandaleusement moins libres que lorsque je suis née. Ne considérez jamais la liberté comme acquise, c’est douloureux de voir à quelle vitesse on peut la perdre. »

Les affirmations de ces personnalités ne sont pas sans fondement. Pendant les semaines qui ont précédé le lancement de la répression par le gouvernement, la police canadienne a fait appel à la Société d’aide à l’enfance pour contrôler les enfants appartenant aux participants du Convoi de la liberté et a confisqué de grandes quantités de bois de chauffage et de carburant par des températures hivernales inférieures à zéro.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC), l’organisme fédéral chargé de l’application de la loi, a saboté directement et de son propre aveu un trio d’excavatrices détenues sur des terres privées près du barrage frontalier Alberta-Montana.

Pendant l’évacuation d’Ottawa, alors que la Loi sur les mesures d’urgence était appliquée, des membres de la GRC ont piétiné plusieurs participants à la manifestation, dont un autochtone qui a subi une fracture de la clavicule.

La GRC a eu un juste retour des choses lorsque l’attitude des agents envers leurs compatriotes a été rendue publique peu après.

Le 19 février, des captures d’écran d’un groupe social WhatsApp pour les officiers faisant partie de l’unité montée du Carrousel de la GRC et révélant une conduite et des déclarations non professionnelles inquiétantes, ont été divulguées à Rebel News.

Alors que certains membres ont partagé dans le groupe des vidéos des gens piétinés et que d’autres ont applaudi et encouragé la violence, plusieurs agents ont envoyé des photos d’eux-mêmes en train de dîner en uniforme au Fairmont Château Laurier, un hôtel cinq étoiles de la région.

Un autre a été assez audacieux pour déclarer ouvertement : « Il est temps pour les manifestants d’entendre le bruits de nos bottes ».

La semaine précédente, un des plus grands syndicats du Canada, l’Alliance des services publics du Canada (AFPC), a organisé une « contre-manifestation » à Ottawa contre le Convoi, où l’on a aperçu de nombreux individus portant un drapeau avec un marteau et une faucille, symbole du communisme et du parti communiste.

Les événements ont néanmoins été qualifiés par les élus et les journaux appartenant au réseau Postmedia de « majorité silencieuse et impatiente d’Ottawa » qui se serait auto-organisée afin « d’inciter la police à mettre fin à l’occupation du centre-ville ».

L’AFPC est particulièrement importante parce qu’elle représente, directement ou par l’intermédiaire d’un « syndicat d’élément », un large éventail d’employés du gouvernement dans des secteurs allant des douanes et de l’immigration à la défense nationale, en passant par la santé et l’environnement et les transports publics.

L’organisation représente également le personnel civil de la GRC.

La rhétorique politique gauchiste a fait couler beaucoup d’encre lorsque le procureur général et ministre de la Justice David Lametti a déclaré lors d’une séquence diffusée à l’échelle nationale sur CTV News que « si vous êtes membre d’un mouvement pro-Trump… vous devriez vous inquiéter ».

Les déclarations de David Lametti sont intervenues en réponse à une question visant à savoir si les personnes ayant fait des dons à la campagne GiveSendGo du Freedom Convoy devraient s’inquiéter de la suspension des fonctions bancaires en vertu de la Loi sur les mesures d’urgence.

Le ministre ne bluffait pas. Les rapports de plusieurs députés du Parti conservateur ont révélé que certains électeurs ont vu leurs comptes bancaires gelés pour aussi peu que l’achat d’un t-shirt de 20 dollars en soutien au Convoi.

Le (PCC) lui-même a profité de la réponse dissonante de l’administration Trudeau contre ses propres citoyens pour répéter la propagande anti-démocratique sur Twitter.

Le 22 février, le compte de l’ambassade de Chine communiste à Ottawa a déclaré : « Aux yeux de certaines personnes au Canada, des protestations et manifestations similaires devraient être désignées différemment selon les endroits. À Hong Kong, ce sont des " mouvements pour les droits de l’homme ", (sic) mais au Canada, ce sont des " menaces pour la démocratie ". Un tel double standard (sic) est inacceptable. »

Rédacteur Fetty Adler
Collaboration Jo Ann

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