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Monde. La Chine serait pleinement capable d’envahir Taïwan d’ici 2025

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Chiu Kuo-cheng, le Ministre de la Défense de Taïwan, a déclaré mercredi 6 octobre que le Régime de Pékin serait prêt à une invasion à grande échelle de l’île d’ici 2025.

« La République populaire de Chine est déjà capable d’envahir Taïwan - qu’elle revendique comme une province renégate - à l’heure actuelle, mais une telle opération serait très coûteuse », a déclaré Chiu Kuo-Cheng au China Times.

« D’ici 2025, la Chine aura abaissé le coût à son plus bas niveau. Elle en a la capacité maintenant, mais elle ne déclenchera pas facilement une guerre, car elle devra prendre en compte de nombreux autres éléments », a indiqué ChiuKuo-Cheng.

Le Ministre de la Défense a également mis en garde contre les incidents de tir dans un contexte de tensions croissantes.

Taiwan, officiellement la République de Chine (ROC), est techniquement en guerre civile avec la République populaire de Chine (RPC) depuis 1949, date à laquelle les armées communistes ont forcé la ROC à quitter le continent.

Les remarques de ChiuKuo-Cheng sont intervenues suite à l’envoi par l’Armée populaire de libération (APL) chinoise de plus de 150 avions, dans la zone d’identification de défense aérienne de Taïwan, sur une période de quatre jours. Bien que de telles démonstrations de force soient courantes depuis ces dernières années, les récentes manœuvres d’intimidation sont d’une ampleur sans précédent.

Bien que l’armée de l’air taïwanaise se soit récemment équipée de nouveaux avions de chasse F-16V, le harcèlement constant de l’APL maintient les défenses de l’île à bout de souffle, ce qui entraîne un stress pour les pilotes et les machines.

Le même jour où ChiuKuo-Cheng a lancé son avertissement, le président américain Joe Biden a déclaré qu’il s’était entretenu avec le président de la RPC, Xi Jinping, et que les deux dirigeants étaient parvenus à un accord concernant Taïwan.

« Nous sommes d’accord… nous respecterons l’accord sur Taïwan » a-t-il déclaré « Nous avons clairement indiqué que je ne pense pas qu’il devrait faire autre chose que de respecter l’accord ».

En ce qui concerne l’activité aérienne de l’APL, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a déclaré que Washington « exhorte fermement Pékin à cesser ses pressions et sa coercition militaires, diplomatiques et économiques dirigées contre Taïwan » et que les États-Unis étaient fermement engagés dans la défense de l’île.

Pékin considère la « réunification » de Taïwan comme une nécessité politique, bien que la RPC n’ait jamais gouverné l’île. Elle a juré de s’emparer de Taïwan par la force militaire si nécessaire, et met en garde contre les conséquences d’une éventuelle déclaration d’indépendance de Taïwan.

L’année dernière, la présidente taïwanaise TsaiIng-Wen a indiqué qu’une telle déclaration n’était pas nécessaire, car la ROC (Taiwan) était déjà indépendante.

Avant 1971, les Nations unies reconnaissaient la ROC comme la représentante légitime de la Chine, mais ce statut a été transféré à Pékin à mesure que de plus en plus de pays, dont les États-Unis, se sont rapprochés du continent. En 1979, Washington a rompu ses liens diplomatiques officiels avec Taïwan, tout en maintenant une ambassade de facto.

Taïwan a récemment augmenté ses dépenses militaires, pour lesquelles elle prévoit d’allouer 8,7 milliards de dollars au cours des prochaines années.

Dans une tribune, publiée mardi par la revue Foreign Affairs, la présidente TsaiIng-Wen met en garde contre les conséquences catastrophiques d’une éventuelle chute de Taïwan aux mains du Parti communiste chinois (PCC).

Selon TsaiIng-Wen, Taïwan représente à la fois un affront à la narration et une entrave aux ambitions régionales du PCC.

« Comme les pays reconnaissent de plus en plus la menace que représente le PCC, ils devraient comprendre l’intérêt de travailler avec Taïwan. Et ils devraient se rappeler que si Taïwan devait tomber, les conséquences seraient catastrophiques pour la paix régionale et le système d’alliance démocratique. Cela signifierait que, dans la compétition mondiale actuelle entre les valeurs, l’autoritarisme l’emporte sur la démocratie », a-t-elle écrit.

Jessica Drun, du groupe de réflexion Project 2049 axé sur la sécurité dans la région Asie-Pacifique, a déclaré au journal The Guardian qu’il n’était pas aisé de comprendre à quel accord ou appel téléphonique les remarques de Joe Biden du 6 octobre faisaient référence.

La Chine serait pleinement capable d'envahir Taïwan d'ici 2025
Alex Azar (à gauche), alors fonctionnaire de l'administration Trump, rencontre la présidente TsaiIng-Wen (à droite) lors de sa visite à Taïwan.  (Image : 總統府 / flickr / CC BY 2.0 )

Les États-Unis se conforment à la « politique d’une seule Chine », qui reconnaît Taïwan comme un territoire chinois, mais ne précise pas si cela signifie la ROC ou le régime continental. La loi sur les relations avec Taïwan, quant à elle, prévoit que le statut futur de Taïwan doit être déterminé par des moyens pacifiques.

Jessica Drun a déclaré qu’il est possible que l’ « accord » dont a parlé Joe Biden concerne la politique d’une seule Chine, mais qu’elle ne le qualifierait pas de consensus entre les dirigeants des États-Unis et de la RPC.

« D’après ce que j’ai compris, la procédure normale dans les interactions avec les homologues chinois est que chaque partie transmette ses points de vue respectifs. Pour Washington, il s’agit d’affirmer sa politique d’ "une seule Chine ", qui est sa propre politique, formulée de manière indépendante, et qui n’est certainement pas la même que le principe d’" une seule Chine " de Pékin », a-t-elle déclaré à The Guardian.

Le 4 octobre, la RPC a déclaré que la « politique d’une seule Chine » des États-Unis était quelque chose que Washington avait « inventé » unilatéralement.

Selon la Maison-Blanche, le 9 septembre, lors d’un entretien téléphonique d’une durée de 90 minutes, Joe Biden et Xi Jinping ont discuté de la manière de modifier les relations entre les États-Unis et la Chine dans un vaste « cadre stratégique ».

Le conseiller de Joe Biden pour la sécurité nationale, Jake Sullivan, a rencontré mercredi à Zurich, Yang Jiechi, le plus haut responsable du Parti communiste chinois pour la diplomatie, dans le cadre d’une conversation visant à gérer les tensions entre Washington et Pékin.

Rédacteur Fetty Adler

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