De croyances traditionnelles en matière de santé à la qualité de l’eau, la préférence des Chinois pour l’eau chaude, en tant que boisson, trouve ses racines dans un mélange de culture, d’histoire et de pragmatisme.
Dès leur plus jeune âge, les Chinois apprennent à ne jamais boire d’eau « crue », c’est-à-dire non bouillie. Au fil du temps, la croyance selon laquelle « boire de l’eau non bouillie peut perturber l’estomac » s’est profondément ancrée en Chine. Pourtant, ailleurs dans le monde, les habitudes de consommation varient considérablement. Dans certains pays occidentaux on ajoute des glaçons à presque tout. De même, dans certains hôpitaux, on offre aux jeunes mères de grands verres d’eau glacée peu après leur accouchement.
En Corée du Sud et au Japon, l’eau glacée est couramment servie avec les repas. De plus, dans une grande partie de l’Asie du Sud-Est, trouver de l’eau chaude peut s’avérer étonnamment difficile. Alors, pourquoi tant d’habitants d’autres pays préfèrent-ils l’eau froide, alors que de nombreux Chinois continuent à boire de l’eau chaude ou tiède ?
Pourquoi les Chinois privilégient l’eau chaude

Dans de nombreuses cultures occidentales, boire de l’eau glacée est perçu comme un moyen de « refroidir » le corps après avoir mangé des aliments riches. L’alimentation occidentale est souvent riche en bœuf, agneau, bacon, fromage, beurre et lait, autant d’aliments très riches et caloriques.
Dans la pensée traditionnelle chinoise, ces aliments sont considérés comme générateurs d’un excès de chaleur interne. Leur consommation en grande quantité serait susceptible de provoquer une sensation de surchauffe ou de déséquilibre dans l’organisme. Dans cette optique, boire de l’eau froide contribue à compenser cette chaleur interne, rendant ainsi l’association de plats riches et de boissons froides naturelle et logique.
Les habitudes alimentaires traditionnelles chinoises accordent une plus grande importance aux céréales et aux féculents, qui sont censés donner au corps une constitution relativement « plus fraîche ». Dans ce cadre, boire de l’eau froide est réputé irriter le système digestif et abaisser la température des organes internes.
L’eau chaude, en revanche, est considérée comme plus douce. Comme sa température est plus proche de celle du corps humain, sa digestion demande moins d’énergie. On pense que cela réduit la charge sur le système digestif et favorise l’équilibre et le confort général.
La qualité de l’eau du robinet joue un rôle majeur

Les différences dans les habitudes de consommation sont également étroitement liées à la qualité et à la réglementation de l’eau du robinet. La France, par exemple, dispose d’une réglementation sur l’eau potable du robinet et en bouteille parmi les plus strictes d’Europe ce qui garantit que tous les citoyens ont accès à une eau potable du robinet ou en bouteille de qualité satisfaisante à un prix abordable. Le gouvernement français réglemente à la fois la sécurité (en termes de contamination microbiologique) et les conditions sanitaires (en termes de décontamination chimique) de l’eau potable française. Le Code de la santé publique établit des normes qui sont contrôlées par les Agences Régionales de Santé (ARS) dans toute la France : cela garantit une potabilité de l’eau satisfaisante au robinet et en bouteille.
En Chine, les normes d’analyse de l’eau du robinet sont beaucoup moins strictes. Par exemple, la concentration autorisée de trichloroéthylène est plus de dix fois supérieure à celle des États-Unis. De ce fait, peu de personnes se sentent à l’aise de boire l’eau du robinet directement, ce qui renforce l’habitude, bien ancrée, de la faire bouillir avant de la consommer.

Comment cette habitude s’est-elle installée ?
Historiquement, la consommation d’eau chaude était rare en Chine. Faire bouillir de l’eau nécessitait plus de combustible que pour cuisiner, ce qui rendait cette pratique peu pratique pour les ménages modestes. Seules les familles aisées pouvaient se permettre de garder de l’eau chaude toute la journée.
Sous les dynasties Song et Yuan, la plupart des familles faisaient bouillir l’eau uniquement pour la cuisson d’un plat. L’eau non chauffée était la norme toute l’année, et l’eau bouillante était généralement réservée aux personnes âgées ou malades.
Cette situation a radicalement changé au XXe siècle. En 1934, le gouvernement nationaliste de Chiang Kai-shek et Soong Mei-ling a lancé le « mouvement de la nouvelle vie », une campagne nationale visant à modifier les habitudes quotidiennes. Ce mouvement encourageait fortement la consommation d’eau bouillie comme mesure de santé publique pour réduire les maladies bactériennes causées par l’eau non bouillie.
Après 1949, des campagnes similaires ont été relancées et amplifiées. Avec le temps, boire de l’eau bouillie est devenu synonyme de propreté, d’économie et de bonne santé, et s’est finalement ancré dans les mœurs.
Faire bouillir l’eau suffit-il ?

L’eau potable insalubre est responsable d’au moins 20 millions de décès chaque année dans le monde, ce qui vaut à la pollution de l’eau d’être considérée comme l’une des « premières causes de mortalité dans le monde ». Face à cette situation, les gouvernements du monde entier ont investi massivement dans l’amélioration de la qualité de l’eau.
Le réseau national d’eau potable en Chine a été mis en place à titre expérimental en 1975, et son expansion a été plus lente que la croissance industrielle du pays. En conséquence, les préoccupations en matière de sécurité de l’eau sont passées des maladies infectieuses à la contamination industrielle : notamment par les métaux lourds et les polluants chimiques. Aujourd’hui, on estime que 67,5 % des sources d’eau en Chine sont gravement polluées.

Si faire bouillir l’eau permet d’éliminer les bactéries et les agents pathogènes, cela ne permet pas d’éliminer les métaux lourds et les polluants organiques. Pour les ménages qui recherchent une eau potable vraiment sûre, l’installation d’un purificateur d’eau domestique est devenue l’une des solutions les plus simples et les plus efficaces. Les purificateurs modernes installés au point d’utilisation permettent d’éliminer les contaminants, d’améliorer le goût et de fournir une eau plus sûre pour une consommation à long terme.
Rédacteur Yasmine Dif
Source : Why Chinese People Prefer Hot Water While Much of the World Drinks Ice Water
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