Développer l’estime de soi et cultiver l’autocompassion

Par Aven Montmorency
Le 20/03/2021
Quand on est enfant, il nous tarde de grandir pour pouvoir faire tous les « trucs » d’adultes, comme nos frères et sœurs plus âgés. (Image : Jill Wellington / Pixabay)
Quand on est enfant, il nous tarde de grandir pour pouvoir faire tous les « trucs » d’adultes, comme nos frères et sœurs plus âgés. (Image : Jill Wellington / Pixabay)
 

Quand on est enfant, il nous tarde de grandir pour pouvoir faire tous les « trucs » d’adultes, comme nos frères et sœurs plus âgés. Bien que le fait d’être adulte offre de nombreux avantages, il présente aussi certains inconvénients. En grandissant, on a tendance à devenir égoïste et à blâmer les autres, avec de la difficulté à pardonner. Il se peut aussi que l’on se fasse des reproches à soi-même. Il est important d’avoir de la compassion, mais développer l’estime de soi et cultiver l’autocompassion s’avère tout aussi essentiel.

La culpabilité est une émotion qui prend souvent racine au plus profond de nous. Si elle provient de l’éducation reçue, elle fait alors partie de notre vie. Des statistiques ont montré que plus de 40 % de la population mondiale souffre de troubles dépressifs majeurs liés au sentiment de culpabilité et à la perte de l’estime de soi. L’auto-accusation ne revêt pas toujours une forme agressive, mais elle peut générer un sentiment de vide conduisant au déni de soi.

L’importance de l’autocompassion

Dans son livre The Mindful Path to Self-Compassion : FreeingYourselffrom Destructive Thoughts andEmotions, (Le chemin conscient vers l’autocompassion : se libérer des pensées et des émotions destructrices) le Dr Chris Germer, psychologue à L’Université de Harvard, traite de l’importance de l’autocompassion. Il déclare : « En fait, lorsque de mauvaises choses nous arrivent, nous avons tendance à avoir trois réactions malheureuses : l’autocritique, l’auto-isolement et le repli sur soi. L’autocompassion peut nous orienter exactement dans la direction opposée : la bienveillance envers soi-même, le sentiment d’humanité, et une approche équilibrée des émotions négatives. »

Ce qu’il entend par là, c’est qu’il est facile de se blâmer et de se punir, mais beaucoup plus difficile de se pardonner et de s’aimer, et cet amour de soi est essentiel pour maintenir l’équilibre entre le corps et l’esprit.

Les moyens de pratiquer l’autocompassion

Le Dr Chris Germer souligne le fait que l’autocompassion n’est pas quelque chose d’inné, que l’on possède à la naissance. Il s’agit d’une compétence qui peut s’avérer naturelle pour certains, mais qui pour d’autres, demande à être apprise et maîtrisée, nécessitant une pratique quotidienne et du dévouement.

Noter ses impressions par écrit

Noter ses impressions par écrit peut jouer un rôle essentiel dans la communication des émotions. Chaque fois que vous avez l’impression que quelque chose vous tire vers le bas ou que vous traversez une période difficile, notez-le par écrit. Décrivez l’incident et vos sentiments. Une fois que tout est dit, la propension à se blâmer diminue dans une large mesure.

 

Chaque fois que vous avez la sensation d’être tiré vers le bas ou que vous traversez une période difficile, essayez de mettre tout cela par écrit. (Image : Free-Photos / Pixabay)
Chaque fois que vous avez la sensation d’être tiré vers le bas ou que vous traversez une période difficile, essayez de mettre tout cela par écrit. (Image : Free-Photos / Pixabay)
 

S’encourager soi-même

Parfois, nous comptons un peu trop sur la validation des autres et nous avons tendance à oublier que nous avons la capacité de nous auto-valider. Le fait de s’encourager, de reconnaître ses propres forces, de se traiter avec gentillesse et d’accepter ses ressentis et ses défauts peut nous aider à nous épanouir.

Apprendre à se pardonner

S’accorder le pardon semble un acte facile en théorie, mais le mettre en pratique s’avère plus difficile. Si vous avez échoué a atteindre un objectif que vous vous étiez fixé, apprenez à relativiser cet échec et à le considérer avec du recul, pour en tirer une leçon et faire en sorte de ne pas répéter la même erreur. Apprenez à vous pardonner, à accepter vos faiblesses et libérez-vous de la culpabilité qui vous ronge.

Passer plus de temps à faire ce que l’on aime

Une vie très prenante ne laisse que peu de temps à la détente et aux loisirs. L’autocompassion peut, d’une certaine manière, vous aider à gérer votre temps. Apprenez à planifier vos journées en vous fixant des priorités, et faites ce que vous aimez. Prenez le temps de faire des promenades, de vous couper du monde, de lire, de faire de l’artisanat ou simplement de dormir. Quoiqu’il en soit, ne vous sentez pas coupable, et dites-vous que vous méritez cette pause qui vous permet de vous ressourcer.

 

Accordez-vous une pause et l’opportunité de vous ressourcer. (Image : Pexels / Pixabay)
Accordez-vous une pause et l’opportunité de vous ressourcer. (Image : Pexels / Pixabay)
 

Apprendre de nouvelles compétences

Le processus d’apprentissage s’accompagne souvent d’un sentiment d’appréhension et de la peur d’échouer. Il est possible, à n’importe quel âge, de développer de nouvelles compétences, sans entrer dans un système de compétition ou de jugement.

Apprendre à se pardonner, sans se juger et sans se faire de reproches, est la clé pour développer les atouts nécessaires à notre bien-être mental : une relation saine et appropriée, un meilleur état d’esprit, un travail que nous apprécions et un sentiment de satisfaction.


Traduit par Fetty Adler

Version en anglais : Give Yourself a Break: The Power of Self-Compassion