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Opinion. Le fils de Chiang Kai-shek contre le communisme (2/2)

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Chiang Kai-shek (à droite), son épouse Yuan Fu Mao Fumei (à gauche), Wang Caiyu mère, de Chiang Kai-shek (au centre) et dans ses bras, Chiang Ching-kuo. (Image : wikimedia / Domaine public)
 

En dépit de la dure vie en Russie, Chiang Ching-kuo n’a jamais perdu espoir qu’un jour il reviendrait en Chine.

Finalement, en1937, alors que la guerre entre la Chine et le Japon était imminente, le changement du climat politique international lui a permis de retourner en Chine, car Staline espérait former une alliance anti-japonaise avec le père de Chiang, Chiang Kai-shek.

Après son retour en Chine, son père lui a demandé de se familiariser avec les classiques chinois afin que la culture et l’idéologie communistes puissent être effacées de son esprit.

Il a relu les livres chinois classiques - Les lettres de la famille Zengwen Zhenggong, Les œuvres complètes de Wang Yangming et Les enseignements de Sun Yat-sen.

On lui a également demandé de raconter l’histoire de sa vie en Union soviétique, ce qu’il a fait dans son mémoire Douze ans au pays de la neige et de la glace.

En 1937, Chiang Ching-kuo (à gauche) est revenu de l’Union soviétique en Chine et a rejoint son père Chiang Kai-shek (à droite). (Image : Domaine public)
En 1937, Chiang Ching-kuo (à gauche) est revenu de l’Union soviétique en Chine et a rejoint son père Chiang Kai-shek (à droite). (Image : wikimedia / Domaine public)
 

Transfert gouvernemental

Après que la Chine soit tombée aux mains du Parti communiste chinois (PCC) en 1949, Chiang Kai-shek a transféré le gouvernement de la ROC à Taïwan, qui faisait face à une économie mise à mal et à la menace militaire du PCC.

Chiang Ching-kuo s’est vu attribuer plusieurs rôles, avec des fonctions essentielles qui lui ont permis de stabiliser la situation. Il est alors devenu responsable des services de renseignements et de la sécurité intérieure, a créé une école de guerre politique et le Mouvement de salut national des Jeunes Anti-communistes de Chine.

De par ses enseignements politiques, il s’est employé à sensibiliser un large public sur les risques de l’infiltration de l’idéologie communiste. Lorsqu’il était directeur d’une école centrale, ses subordonnés l’appelaient Directeur de l’éducation.

Même après être devenu ministre, et plus tard Premier ministre, il était toujours appelé Directeur de l’éducation car il jouait vraiment le rôle d’éducateur.

Alors que Chiang Ching-kuo accédait à des postes de haut niveau, aussi importants que ceux de ministre de la Défense et de Premier ministre, son père a continué d’être son mentor en tant que supérieur hiérarchique et en tant que père.

Son père lui a conseillé de s’associer avec des personnes droites et de rester à l’écart des individus aux motivations cachées.

Pour se préparer à devenir un grand leader, il a également lu plus de classiques chinois - Les quatre livres et Zhengguan Zhengyao (Le programme politique du temps de Zhenguan), en mémorisant en particulier les chapitres sur les différentes sortes de gouvernement et sur la nomination des fonctionnaires. Il a aussi étudié les enseignements des paroles et des actes de Confucius et les interactions entre l’empereur Tang Taizong et ses fonctionnaires de justice, ainsi que les principes pour gouverner un pays.

Chiang Ching-kuo. (Image : Domaine public)
Chiang Ching-kuo. (Image : wikimedia / Executive Yuan / Domaine public)

Ces classiques ont profondément influencé les opinions politiques de Chiang Ching-kuo et son choix en tant que responsable gouvernemental.

Taïwan

Il a nommé un groupe de fonctionnaires exceptionnels qui ont joué un rôle central dans la progression de l’économie taïwanaise, la positionnant au sommet des quatre pays les plus développés d’Asie, également appelés les « quatre dragons asiatiques ».

Pendant la guerre froide, Taïwan a maintenu sa souveraineté au milieu des tensions géopolitiques croissantes entre l’Union soviétique et les États-Unis et ses alliés à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Le président Chiang Kai-shek est décédé le 5 avril 1975 des suites d’une maladie et toute la responsabilité est alors retombée sur Chiang Ching-kuo.

Dans son livre, The Diary of One Month Waiting for My Father’s Spirit (Journal d’un mois en attente de l’esprit de mon père), il a décrit le processus d’héritage de la position anticommuniste que lui a légué son père.

« Assis à côté du mémorial en l’honneur de mon père, après avoir fait une sieste l’après-midi, je me souviens que mon père a conduit le pays à lutter contre le Parti communiste et s’est efforcé de mettre en œuvre les trois principes du peuple (nationalisme, démocratie et moyens de subsistance du peuple) en Chine.

Au cours de mes 50 ans de carrière politique, je comprends profondément que le Parti communiste est un démon diabolique, un meurtrier et un séparatiste qui utilise de façon extrême toutes les tactiques - menaces, séductions et tromperie pour attirer des gens. Les jeunes et les pauvres sont particulièrement vulnérables à de telles tactiques et une fois trompés et piégés (par les communistes), ils ne pourront pas se libérer. »

Chiang Ching-kuo pose pour une photo alors qu’il était commissaire et chef de district du quatrième district de la province du Jiangxi. (Image : Domaine public)
Chiang Ching-kuo pose pour une photo alors qu’il était commissaire
et chef de district du quatrième district de la province du Jiangxi.
(Image : wikimedia / Domaine public)
 

Vote à l’unanimité

En novembre de la même année, Chiang Ching-kuo a été élu à l’unanimité Président du Comité Central et Président du Parti Nationaliste Chinois. Pendant cette période, de nombreux jeunes inspirés ont rejoint le Parti nationaliste pour servir le pays.

Chiang Ching-kuo savait que le PCC était sournois et malhonnête, et qu’il pouvait facilement piéger les jeunes et les inexpérimentés. De ce fait, il a partagé à maintes reprises les leçons tirées de la collaboration entre le Parti Nationaliste et le Parti Communiste Chinois.

En tant que Directeur général, il a rappelé à l’Assemblée nationale dans plusieurs de ses rapports que « l’objectif anti-communiste et de réunification de la Chine ne changera jamais » et « d’exposer les plans du Parti communiste derrière les pourparlers de paix ».

Il a souligné que Taïwan était une terre libre devenue l’espoir de la population du continent et qu’elle était un phare pour les forces anti-communistes et anti-violence.

Afin de convaincre le Parti nationaliste de ne pas répéter les erreurs du passé, de ne souscrire aucun engagement avec les communistes quelles que soient les circonstances, et d’appliquer une politique anticommuniste, il a prononcé de nombreux discours au Comité central, dont : « Reconnaître l’escroquerie des communistes et des bandits », « Maintenir ferme la forteresse anti-communiste» et « Souligner l’indépendance, l’existence et le développement du Parti Nationaliste ».

L’ancien président de la République de Chine Chiang Kai-shek et ses deux fils. (Image : wikimedia / Domaine public)
L’ancien président de la République de Chine Chiang Kai-shek et ses
deux fils. (Image : wikimedia / Domaine public)
 

République de Chine

Chiang Ching-kuo a déclaré : « À ce jour, la raison de la survie de la République de Chine, de son avenir prometteur plein d’espoir et de sa confiance, est principalement que le gouvernement de la République de Chine est une forteresse spirituelle pour toutes les personnes dans le monde qui s’opposent au Parti communiste et qui ne s’engagent envers aucun Parti communiste. »

Il a exhorté tous les membres du parti à appliquer cette politique.

Après 1978, Chiang Ching-kuo a été élu président de Taïwan pour deux mandats, il est décédé le 13 janvier 1988.

Le ministre de l’Économie de la République populaire de Chine, Sun Yunxun (à gauche), le directeur général Yuan Chiang Ching-kuo (à droite) et le PDG de Sinosteel, Zhao Yaodong (au centre), dans les installations de Sinosteel. (Image : Cortesía de Open)
Le ministre de l’Économie de la République populaire de Chine, Sun Yunxun (à gauche), le directeur général Yuan Chiang Ching-kuo (à droite) et le PDG de Sinosteel, Zhao Yaodong (au centre), dans les installations de Sinosteel. (Image : ET)
 

Rédacteur Gabriel Olamsaint

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