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Nature. Vagues de chaleur : les personnes âgées sont moins susceptibles de suivre les conseils de sécurité

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Les vagues de chaleur extrêmes sont désormais considérées comme le risque météorologique et climatique le plus meurtrier en Europe, causant plus de décès que les inondations ou les tempêtes.

Les recherches montrent que les décès liés à la chaleur sont nombreux dans les pays européens. Par exemple, en 2022, en Italie (18 010 décès), en Espagne (11 324), en Allemagne (8 173), en France (4 807) et au Royaume-Uni (3 469) étaient les pays d’Europe ayant enregistré le plus grand nombre de décès liés à la chaleur estivale.

Mes nouvelles recherches suggèrent cependant que le système d’alerte actuel pourrait ne pas inciter les Anglais à prendre des mesures préventives pendant les vagues de chaleur.

Comment fonctionnent les alertes ?

Afin de protéger la population britannique, l’Agence britannique de sécurité sanitaire et le Met Office émettent des alertes canicule allant du jaune (niveau le moins élevé) au rouge (niveau le plus élevé). Une alerte orange a été émise le 22 mai 2026 pour les Midlands de l’Ouest, les Midlands de l’Est, l’est de l’Angleterre, le sud-est et Londres. Simultanément, une alerte jaune a été émise pour le nord-est, le nord-ouest, le sud-ouest et le Yorkshire-et-Humber.

Vagues de chaleur : les personnes âgées sont moins susceptibles de suivre les conseils de sécurité
Par temps chaud, le gouvernement recommande de programmer ses activités physiques aux heures les plus fraîches de la journée. (Image : wirestock / envato)

Ces alertes visent à réduire la pression sur les systèmes de santé et de services sociaux et à inciter la population à prendre des précautions lors des épisodes de fortes chaleurs. Si l’alerte jaune représente le niveau d’avertissement le plus bas, l’orange et le rouge indiquant une gravité croissante, de nombreux décès liés aux vagues de chaleur surviennent pendant ces périodes d’alerte de niveau inférieur, lorsque la population est moins susceptible de percevoir les risques ou de prendre des mesures de protection.

Ce que nous avons déouvert

Notre étude a révélé qu’environ 41 % des personnes n’ont pas réagi face aux alertes canicule. Ces alertes évoluent du jaune à l’orange, puis au rouge, selon le niveau de risque. Nos recherches suggèrent que beaucoup ignorent les alertes de niveau jaune, malgré le nombre important de décès liés à la chaleur survenant lors de ce type de conditions météorologiques.

Notre étude a révélé qu’environ 30 % des personnes n’ont pas vu l’alerte après sa diffusion. L’exposition aux avertissements était particulièrement faible chez les personnes âgées, les ménages à faibles revenus et les personnes moins instruites. La communication numérique semble être en partie responsable de ce problème. Ces alertes canicule sont généralement diffusées via les réseaux sociaux, les médias en ligne et les applications météo, or les personnes âgées figurent parmi les groupes les moins connectés de la société. Elles sont également parmi les plus vulnérables aux fortes chaleurs.

De nombreuses personnes ont indiqué n’avoir pris de mesures de protection qu’une fois le niveau d’alerte maximal atteint (rouge). Les jeunes (18-25 ans) étaient plus enclins à réagir à une alerte jaune en agissant.

Le problème ne se limite pas à la sensibilisation. Parmi les personnes ayant reçu des alertes, seules 25 % ont déclaré avoir pris des mesures de protection après une alerte jaune, contre 72 % lors d’une alerte rouge. Cela suggère que beaucoup d’Anglais ne perçoivent toujours pas la chaleur comme un risque sanitaire sérieux. D’autres ne savent pas quelles mesures prendre ou comprennent mal la signification des différents niveaux d’alerte. Au Royaume-Uni, la chaleur reste culturellement associée au « beau temps », ce qui rend plus difficile la reconnaissance du danger que représentent les fortes chaleurs.

Cela suggère que l’adaptation aux températures extrêmes ne se limite pas à la modification des bâtiments ou à l’installation de la climatisation. Elle implique également une évolution de la perception et des comportements face aux risques liés à la chaleur, ainsi qu’une meilleure communication de ces risques au public. Une communication plus claire et plus fiable, notamment par le biais des systèmes de santé et d’aide sociale plutôt que par le seul recours aux plateformes numériques, permettrait de mieux atteindre les populations vulnérables.

Les recommandations officielles lors des alertes canicule comprennent des mesures simples mais importantes pour réduire l’exposition à la chaleur et éviter la surchauffe.

Que faire quand il fait chaud ?

  • Gardez votre maison au frais en fermant les fenêtres et les rideaux des pièces exposées au soleil.
  • Portez des vêtements appropriés, recherchez l’ombre et hydratez-vous.
  • Évitez l’exposition directe au soleil entre 11 h et 15 h, période où les UV et les températures sont généralement les plus élevés.
  • Planifiez vos activités physiques, comme l’exercice ou la promenade de votre chien, pendant les heures plus fraîches du matin ou du soir plutôt qu’aux heures les plus chaudes de l’après-midi.

L’adaptation aux changements climatiques demeure essentielle à long terme. En Angleterre, on a dénombré 1 311 décès liés à la chaleur en 2024, soit 282 de plus que prévu.

Mais améliorer la communication sur les risques liés à la chaleur pourrait être l’un des moyens les plus rapides, les moins coûteux et les plus immédiats de réduire les dommages causés par la chaleur, en particulier pour les ménages à faible revenu et vulnérables qui peuvent avoir une capacité limitée à rafraîchir leur logement.

La multiplication des vagues de chaleur au Royaume-Uni

Avec la multiplication des vagues de chaleur au Royaume-Uni, aider la population à identifier les risques liés à la chaleur, à recevoir des alertes et à agir rapidement pourrait devenir tout aussi important que d’adapter les bâtiments dans lesquels elle vit.

Rédacteur Fetty Adler
Collaborateur Jo Ann

Auteur : Mehri Khosravi, chercheur principal en énergie et carbone, Université de Londres-Est. Cet article est republié du site The Conversation, sous licence Creative Commons.

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