Le parcours artistique et spirituel d’Akiane Kramarik

par Tim Gebhart
Le 10/04/2020
Akiane Kramarik utilise ses peintures pour révéler ses visions et ses rêves. Elle est considérée comme l’une des artistes les plus reconnues dans le monde, partageant sa sagesse et ses dons avec des millions de personnes. (Image : avec l’aimable autorisation d’Akiane Kramarik)
Akiane Kramarik utilise ses peintures pour révéler ses visions et ses rêves. Elle est considérée comme l’une des artistes les plus reconnues dans le monde, partageant sa sagesse et ses dons avec des millions de personnes. (Image : avec l’aimable autorisation d’Akiane Kramarik)
 

L’artiste Akiane Kramarik se consacre sans retenue à l’expression de son voyage spirituel, des mondes de ses rêves et de ses visions. Elle porte un regard sur l’Humanité qui touche de hautes compréhensions de l’Univers. Cela semble couler sans retenue de son esprit jusque sur la toile...

À travers ses peintures et leurs sujets, elle exprime un sentiment d’émerveillement face à la vie, aux complexités de notre existence et ses mystères. Elle a voyagé dans le monde entier, nouant des liens avec les autres ce qui nourrissait ses toiles, et cela dans l’unique but de diffuser de l’espoir.

Bien qu’issue d’un milieu modeste, dès qu’ elle a commencé à dessiner à l’âge de 4 ans, la famille d’Akiane l’a encouragée à développer son don artistique. Elle dessinait avec tout ce qui lui tombait sous la main – crayons, crayons de couleur ou nourriture dans son assiette.

À l’âge de 8 ans, les dessins d’Akiane sont devenus incroyablement réalistes. Ses peintures ont également commencé à refléter sa sensibilité et ses perceptions intérieures. Elle a détaillé et illustré ses visions, y compris celles de certains mondes énigmatiques et multidimensionnels. Elle a également dépeint sa vision de Jésus-Christ dans son tableau Le Prince de la Paix, qui est devenu l’une de ses œuvres les plus célèbres. Akiane avait établi un rituel consistant à se réveiller à 2 heures du matin et à descendre sur la pointe des pieds dans son petit atelier pour peindre ses visions.

C’est alors que ses parents ont décidé de partager ses peintures avec leur petite communauté de l’Idaho. Peu de temps après, Akiane et ses peintures profondes, solennelles et pleines d’espoir ont été invitées à l’émission The Oprah Winfrey Show, qui présentait une série sur les enfants doués. Akiane a instantanément acquis une reconnaissance internationale. Sa famille a pu sortir de la précarité et partager avec le monde le don de ses visions et de son témoignage.

 

Patience par Akiane Kramarik. (Image avec l’aimable autorisation d’Akiane Kramarik)
Patience par Akiane Kramarik. (Image avec l’aimable autorisation d’Akiane Kramarik)
 

Malgré les complexités du monde moderne, Akiane, qui a maintenant 25 ans, reste fidèle à son âme d’enfant, qu’elle garde depuis qu’elle a commencé à peindre. Elle demeure également humble et concentrée.

Dans une interview par email, Akiane nous fait part de ses réflexions, nous parle de ses toiles et de leur signification.

Tim Gebhart : Vous avez grandi dans la pauvreté, dans la campagne de l’Idaho, sans télévision ni autres distractions modernes. Comment pensez-vous que cela a influencé votre personnalité ?

Akiane Kramarik : Même si nous avons vécu dans la pauvreté, nous avons eu la chance de vivre de grands moments de bonheur dans notre famille. Rire, parler, jouer, improviser et créer étaient nos distractions quotidiennes. Je ne savais pas ce qu’était l’ennui ou le divertissement superficiel, car chaque minute était comblée par des jeux constructifs et créatifs, nous fabriquions nos propres jouets à partir de boîtes en carton, de bâtons, de pierres et d’argile. Nous composions notre propre musique, et nous imaginions notre propre école.

On nous confiait également d’énormes responsabilités dès que nous étions capables de marcher (et nous avons tous marché assez tôt : 8 à 9 mois). Nous faisions la cuisine, la lessive, le ménage, nous nous occupions de notre père malade. Pour joindre les deux bouts, nous accompagnions aussi notre mère, faire du porte à porte, bravant deux pieds de neige pour vendre de la nourriture dans différents quartiers.

La pauvreté était une toile vierge sur laquelle je pouvais créer plus aisément. Et en grandissant et en mûrissant, je n’ai jamais oublié d’où je venais et ce que ma famille a dû endurer. Je n’ai jamais tenu aucun jour, aucun cadeau ou aucun confort pour acquis.

Tim Gebhart : Vous avez souligné dans une vidéo sur YouTube que le meilleur professeur de peinture que vous puissiez avoir n’était autre que vous-même. Sommes-nous aussi nos meilleurs professeurs dans notre vie ?

Akiane Kramarik : Être autodidacte en art ne signifie pas que je sois mon meilleur professeur. Mon meilleur professeur, c’est la vie et tous ceux qui y participent consciemment ou inconsciemment. Chaque être, inanimé ou animé, influence ma vie, et ma responsabilité consiste à rendre la pareille de façon créative, que ce soit sur la toile, dans un film, sur la table de la cuisine, au centre équestre ou au sein de la mairie.

 

Sur les traces de l’éternité, 2008, par Akiane Kramarik. Acrylique sur toile. (Image : avec l’aimable autorisation d’Akiane Kramarik)
Sur les traces de l’éternité, 2008, par Akiane Kramarik. Acrylique sur toile. (Image : avec l’aimable autorisation d’Akiane Kramarik)
 

À l’âge de 6 ans, lors de mes premières expériences artistiques, j’étais avide de découvrir ce que faisaient les autres enfants de mon âge. Ma mère et moi avons eu l’idée géniale d’inviter des enfants de différentes villes afin de dessiner tous ensemble.

J’ai compris cette expérience comme le fondement de ma motivation et de ma détermination à partager mon art avec encore beaucoup plus de personnes dans le monde entier.

En tant qu’étudiante de la vie, j’ai été mise au défi quotidien d’expérimenter et d’explorer des territoires inconnus et d’apprendre l’art à la dure. J’ai découvert toutes les techniques en observant des humains, des animaux, les tons naturels de vastes paysages dans plus de 30 pays où j’ai pu vivre, visiter...

Les expériences réelles, les visions et les rêves étaient mon point de départ, mais il était de mon devoir d’interpréter ces idées, de les transformer, puis de les détailler. Un artiste voit d’abord tout à l’état brut, comme un diamant.

Chaque jour, je vois des choses ordinaires dans ce monde extraordinaire, et je vois des choses extraordinaires dans ce monde ordinaire. Pouvoir créer une expérience de type cinématographique à partir d’un simple son, d’un objet, d’une couleur, d’une émotion ou d’un lieu demande de la patience et de la confiance.

Ma mission à ce jour est d’utiliser mon art et mes écrits pour redonner espoir aux gens qui le cherchent. La devise de ma vie est toujours la même : « Je n’attends pas l’inspiration, l’inspiration m’attend toujours. »

Tim Gebhart : Dans Sur les traces de l’éternité, vous abordez différentes caractéristiques de la vie d’une personne : que notre existence est beaucoup plus complexe que ce que nous voyons en surface, ou que ce dont nous sommes conscients. Qu’essayiez-vous de saisir dans ce tableau ?

Akiane Kramarik : J’ai peint Sur les traces de l’éternité à l’âge de 13 ans. Ce tableau représente une partie de notre voyage spirituel – le voyage de notre âme (notre moi supérieur) qui est capable d’être présent en plusieurs endroits, tous en même temps.

Le respect et l’appréciation de notre vie terrestre – simple, brève, déroutante, douloureuse, remarquable ou même chaotique – sont essentiels à notre bien-être spirituel. Nos expériences nous attendent, nous choisissons simplement de vivre les défis et les erreurs. Si nous ne vivons pas les difficultés, nous ne pouvons pas voir le puzzle complet à la fin. L’oubli de notre moi divin, de la présence de Dieu et de son dessein pour nous font partie du mystère de la vie.

 

Entre les cadres, 2012. Acrylique sur toile. (Image : avec l’aimable autorisation d’Akiane Kramarik)
Entre les cadres, 2012. Acrylique sur toile. (Image : avec l’aimable autorisation d’Akiane Kramarik)
 

Tim Gebhart : L’art est la vie en dehors de la vie, est une idée que vous avez partagée avec d’autres dans des interviews dans le passé. Pourriez-vous nous en dire un peu plus à ce sujet ?

Akiane Kramarik : L’art, c’est la vie dans la vie et la vie en dehors de la vie. C’est un dessin de la nature, un dessin de l’Humanité et un dessin d’innombrables mondes. Il n’y a pas un seul élément de la nature ou de l’Humanité sans une certaine conception et expression artistique. Nous créons notre vie avec notre esprit et notre cœur. C’est pourquoi l’art est inséparable du tissu le plus complexe de nos pensées et de nos sentiments. L’inspiration et les révélations viennent lorsque l’esprit et le cœur se rencontrent.

Tim Gebhart : Est-ce notre relation avec nous-mêmes qui demande le plus de travail ? Qu’est ce qui fait le plus la différence ? Comment vous sentez-vous par rapport à vous-même et à votre relation avec vos peintures ?

Akiane Kramarik : Notre relation avec nous-mêmes est notre relation avec notre univers. Plus nous sommes connectés à nos possibilités et responsabilités infinies, plus nous sommes capables d’apprécier notre présence ici – notre mission, notre appel, notre but.

Comprendre la signification de notre vie, ici, nous procure une tranquillité d’esprit totale que nous pouvons ressentir chaque jour. C’est l’assurance de notre unité avec tout le monde, la conviction que nous faisons tous partie de ce puzzle collectif, d’un seul et même esprit, de la grande divinité, de chacun de ceux que nous rencontrerons aujourd’hui dans un train, dans un café, dans une librairie, à l’école ou dans un square.

L’art de la vie, c’est l’amour et l’écoute de l’autre. Lorsque nous nous sentons tristes, il suffit de compter nos bénédictions, même si nous en remarquons peu, pour nous sentir reconnaissants de ce qui nous a été donné. La tristesse disparaît rapidement et, en retour, nous sommes inspirés pour bénir les autres.

Ce que nous partageons tous, c’est la sensibilité. Nous sommes dans une toile invisible entrelacée. Plus nous progressons (vers la prise de conscience), plus nous faisons l’expérience d’une gamme plus large et plus complète de relations et de créations.

 

Muguet, 2016. Acrylique sur toile. (Image : avec l’aimable autorisation d’Akiane Kramarik)
Muguet, 2016. Acrylique sur toile. (Image : avec l’aimable autorisation d’Akiane Kramarik)
 

J’espère que mon art fera partie de cette toile. Lorsque les gens auront la chance de voir d’autres mondes, j’espère qu’ils feront confiance à leur propre boussole sensible pour naviguer dans la réalité.

Tim Gebhart : Vous vivez votre vie très librement en poursuivant votre vision artistique et en suivant votre propre chemin dans la vie. Est-ce là que commence l’apprentissage et la véritable compréhension de soi, non pas en se conformant aux autres, mais en se conformant à son propre vrai soi ?

Akiane Kramarik : Nous avons chacun un objectif différent. La véritable compréhension et l’apprentissage peuvent encore être réalisés en se conformant aux autres, parce que, tôt ou tard, la maturité de la vision de la cause et de l’effet produit le fruit le plus parfait de la vérité.

La bénédiction n’est pas de se connaître pleinement ou de connaître toute la vérité. La bénédiction est dans la paix de ne pas savoir, tout en étant fidèle au but qui nous est donné d’en haut.

Vivre chaque instant comme si c’était le premier et le dernier est une véritable vie de gratitude, d’acceptation et de sagesse. Et qui réalise le mieux cette façon de vivre? Les enfants.

La simplicité des enfants, leur empressement à apprendre de leur environnement, le fait de se contenter de ne pas tout savoir tout en faisant confiance aux personnes qui les guident, constituent la réalisation spirituelle la plus avancée dans les limites de tous les environnements imparfaits.

Les enfants recherchent des réponses de la manière la plus pure : humilité, paix, enthousiasme enfantin, acceptation et sincérité. C’est pourquoi, la représentation fréquente des enfants dans mon art, est mon appréciation sans réserve de cette manifestation remarquable qu’est : l’enfance.

L’enfance est un trésor provisoire. Nous ne pourrons plus jamais être des enfants si nous sommes des adultes pleinement conscients au cours de notre vie humaine, mais nous pouvons être des adultes beaucoup plus heureux si nous pouvons imiter l’innocence, la foi, l’espoir et la légèreté enfantine.

Entre les cadres dépeint la transformation entre l’enfance et l’âge adulte. En passant d’une période à l’autre, nous acquérons plus de sagesse et de compassion, mais nous perdons la simplicité, l’innocence et l’émerveillement que seule l’enfance peut nous apporter.

Entre les cadres est un symbole de notre existence terrestre où nous essayons d’échapper aux cadres mais finissons par être empêtrés dans des cadres de plus en plus grands, jusqu’à ce que le cadre dans lequel nous essayons de nous insérer soit si grand que nous perdons notre sens de la réalité. Entre les cadres est littéralement une chute de cadres – l’effort héroïque, mais parfois tragique, pour comprendre notre destin humain, divin et notre spiritualité, notre recherche intense d’amour, de beauté, de bonheur et de sagesse, le voyage épique que nous ne finissons jamais.


Pour en savoir plus sur Akiane Kramarik, consultez akiane.com ou facebook.com/akianeart

Écrit par Tim Gebhart, artiste et enseignant vivant à Portland, Oregon.


Traduit par Swanne

Version en anglais : Painter Akiane Kramarik on Her Art and Spiritual Journey