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Tradition. Les fortes chaleurs de Dashu : comment les Chinois d’autrefois y faisaient face 

CHINE ANCIENNE > Tradition

Cette année, le 23 juillet 2026, lorsque le soleil atteint 120° de longitude écliptique, nous entrons dans Dashu - la douzième période solaire du calendrier traditionnel chinois. Quelles sont les coutumes traditionnelles de cette période ? Et quels enseignements pouvons-nous tirer de la sagesse des anciens Chinois ?

L’observation météorologique de Dashu

« Les quatre saisons se partagent également le ciel, mais rien n’est plus pénible que cette touffeur accablante. » Quand le soleil atteint 120° de longitude écliptique, Dashu arrive. Dernier terme solaire de l’été, il marque aussi le sommet de l’année en matière de chaleur et d’humidité : le ciel et la terre semblent alors se transformer en une immense étuve.

Mais la nature obéit à une logique dialectique, comme le dit le dicton paysan : Si Dashu n’est pas chaud, les cinq céréales ne poussent pas. C’est justement cette chaleur extrême qui permet au riz de se gorger de sève et aux fruits de mûrir pleinement — une épreuve naturelle indispensable à la maturation des récoltes.

Les fortes chaleurs de Dashu : comment les Chinois d’autrefois y faisaient face 
Oreiller destiné à se protéger de la chaleur estivale, représentant un enfant allongé, en faïence blanche, sculpture en porcelaine, dynastie des Song du Nord.(Image : Musée National du Palais de Taïwan / @CC BY 4.0

La sagesse des anciens Chinois : Quand l’esprit est calme, la fraîcheur vient d’elle-même

Les anciens Chinois savaient combattre la chaleur, associant objets et alimentation. Glacières de bronze, oreillers de porcelaine, éventails : autant d’objets propices à la fraîcheur.

Sur le plan culinaire, les anciens prônaient aussi de « chasser le chaud par le chaud » : la coutume du sud du Shandong de boire une soupe d’agneau pendant Dashu perdure encore aujourd’hui — un bol de soupe brûlante et épicée fait transpirer abondamment, selon un principe bien connu de la médecine chinoise traditionnelle.

Mais la sagesse suprême pour combattre la chaleur reste celle-ci : quand l’esprit est calme, la fraîcheur vient d’elle-même.

Le poète Bai Juyi, sous les Tang, en a livré l’essence dans son poème Dissiper la chaleur : « La chaleur se dissipe par la sérénité de l’esprit, la fraîcheur naît du vide de la pièce. Le corps trouve alors un bien-être que nul autre ne saurait connaître à sa place. » Maîtriser la chaleur du corps par le calme de l’esprit : la tranquillité intérieure est un rempart efficace contre la canicule.

L’empereur Kangxi, sous les Qing, faisait preuve d’une maîtrise de soi extraordinaire, comme il l’écrit dans ses Instructions familiales : « Lorsque j’affronte la grande chaleur du sixième mois, je n’utilise pas d’éventail et je ne retire pas mon couvre-chef (...) c’est parce que mon esprit est calme que mon corps ne souffre pas de la chaleur. » En tant qu’empereur, il montrait à la postérité que seule la stabilité intérieure permet de ne pas craindre la canicule.

Les fortes chaleurs de Dashu : comment les Chinois d’autrefois y faisaient face 
La résidence d’été des empereurs de la dynastie Qing. (Image : Musée National du Palais de Taïwan / @CC BY 4.0

La chaleur intense de Dashu tend à échauffer le foie et peut provoquer irritabilité, perte d’appétit ou anxiété. Il importe donc de calmer l’esprit pour préserver sa santé : comme le dit le dicton, Quand l’esprit est calme, la fraîcheur vient d’elle-même. Plus il fait chaud, plus il convient de garder l’esprit serein, afin d’éviter toute réaction excessive. Pourquoi ne pas ralentir le pas, contempler un étang de lotus balayé par le vent, savourer la quiétude de l’été, et cultiver un cœur paisible et frais ?

Une méthode traditionnelle chinoise de santé : Soigner en été les maux de l’hiver

Dashu est le terme solaire où la température atteint son maximum annuel et où l’énergie yang est la plus abondante. Selon la médecine chinoise traditionnelle, le cœur correspond à l’élément Feu et entre en résonance avec l’été. 

Dans la médecine traditionnelle, on parle de « soigner en été les maux de l’hiver » ou « soigner en été les maladies du froid » : certaines affections qui se déclarent plus facilement en hiver — bronchite chronique, emphysème, asthme bronchique, diarrhée, rhumatismes liés à une insuffisance de yang — se traitent idéalement durant l’été.

Les fortes chaleurs de Dashu : comment les Chinois d’autrefois y faisaient face 
Dans une pharmacie chinoise. (Image : wikimedia / Kristoffer Trolle from Copenhagen, Denmark, CC BY 2.0)

Selon le Huangdi Neijing (Classique interne de l’Empereur Jaune), l’énergie yang de la nature suit un cycle en quatre phases au fil des quatre saisons : naître au printemps, croître en été, se rassembler en automne et se conserver en hiver. Ainsi, au printemps, il convient de nourrir l’énergie de « naissance » ; en été, l’énergie de « croissance » ; en automne, l’énergie de « rassemblement » ; en hiver, l’énergie de « conservation ».

Alimentation pendant Dashu : les aliments à privilégier et à éviter

À privilégier

  1. Il convient de privilégier des aliments légers et rafraîchissants : mieux vaut soutenir l’énergie et rafraîchir le corps, fortifier la rate et nourrir l’estomac, et recourir volontiers aux bouillies médicinales.
  2. Trois aliments amers sont recommandés : le concombre amer (margose), qui rafraîchit et dissipe la chaleur ; la chicorée amère, qui prévient l’anémie ; le sarrasin amer, qui nettoie les intestins et élimine les toxines. Les aliments amers ne se contentent pas de rafraîchir : ils aident aussi à dissiper la chaleur et à combattre la fatigue.
  3. Les types de melons qui sont conseillés : la pastèque, qui étanche la soif ; le melon cantaloup, qui rafraîchit et favorise la diurèse ; et d’autres types de melons, qui apaisent l’anxiété.
  4. Trois soupes sont recommandées : le bouillon de poulet, qui renforce l’immunité ; la soupe de courge cireuse aux feuilles de lotus, qui fait baisser la tension artérielle ; la soupe de haricots mungo, qui rafraîchit et apaise les tensions.
  5. Il est bon de manger du gingembre — comme le dit le dicton, Radis en hiver, gingembre en été : plus besoin d’aller chez le médecin.
Les fortes chaleurs de Dashu : comment les Chinois d’autrefois y faisaient face 
La soupe de courge cireuse aux feuilles de lotus fait baisser la tension artérielle. (Image : Yi Ming / générée par Gémini)

À éviter

La chaleur de Dashu épuise facilement l’énergie vitale ; mieux vaut se coucher tôt et éviter de veiller. Sur le plan alimentaire aussi, certains interdits sont à respecter, afin de ne pas rompre l’équilibre du yin et du yang dans le corps.

  1. Éviter les aliments gras, qui alourdissent le travail digestif : ils retiennent une grande quantité de sang dans l’estomac et les intestins, réduisant d’autant l’irrigation sanguine du cerveau, ce qui accentue la fatigue et favorise les troubles digestifs.
  2. Éviter l’excès des boissons glacées : loin de rafraîchir, elles peuvent nuire à l’organisme. Pour combattre la chaleur, mieux vaut éviter tout excès de froid : à trop vouloir se rafraîchir, on risque parfois d’obtenir l’effet inverse.
  3. Éviter de boire trop d’eau d’un coup : il vaut mieux boire peu mais souvent.
  4. Éviter de boire du thé à jeun, en particulier pour les personnes ayant une digestion fragile.
  5. Éviter de veiller tard : la chaleur de Dashu épuise facilement l’énergie vitale, mieux vaut donc se coucher tôt et faire une sieste dans la journée, car le sommeil est étroitement lié à l’humeur et à l’immunité — un manque de sommeil affaiblissant les défenses de l’organisme.

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