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Histoire. Pourquoi la Chine s’appelle aussi Shenzhou, la terre divine

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Dans l’Orient lointain et mystérieux, la Chine est la demeure légendaire des dieux, d’où le nom de « Shenzhou » (terre divine). Les Chinois ont pour tradition d’honorer le ciel et leurs ancêtres. Les expressions Que le Ciel nous bénisse et Que nos ancêtres nous protègent sont profondément enracinées dans la culture chinoise de tous les jours. Pourquoi les Chinois croient-ils que la Chine est la terre divine ?

Pourquoi les Chinois honorent-ils le Ciel et appellent-ils la Chine « Shenzhou »

Tout au long de l’histoire chinoise, depuis les premières légendes de l’ouverture du ciel et de la terre par Pangu jusqu’à l’émergence des trois Augustes divins, Nuwa, Fuxi et Shennong, les historiens modernes ont traité cette période comme une période mythologique, dans laquelle les personnages principaux sont ceux qui ont des pouvoirs divins illimités comme les dieux.

Il y a tout d’abord la déesse Nuwa. Elle a créé les Chinois à partir de la terre jaune du ciel, à l’image des dieux, tout en créant des êtres vivants pour la prospérité de la société humaine et en établissant le mariage pour les humains, afin qu’ils puissent commencer à prospérer sur la terre.

Ensuite, il y avait Fuxi, qui était doté d’un grand pouvoir divin. Il a mis en place un système de fonctionnaires pour encadrer les gens, il leur a appris à pêcher au filet et à élever des animaux domestiques. L’action la plus importante de sa vie était de « recevoir la carte du dragon et de dessiner les huit trigrammes », créant ainsi le Hetu, également connu sous le nom des huit trigrammes de Fuxi, qui est la version la plus primitive de Yi Jing.

Le Hetu est un guide pour les hommes, leur permettant de comprendre la volonté des cieux et le principe d’évolution du ciel et de la terre qui est appelé « Tao » ou la voie du ciel, c’est pourquoi les Chinois parlent souvent du changement du temps céleste, de la volonté du ciel qui est impossible à arrêter, et du respect du ciel. Plus tard, le roi Wen de Zhou a déduit le Zhou Yi sur la base du Hetu, et le Yi King est passé de l’image originale aux trigrammes exprimés par écrit, qui sont devenus le Zhou Yi.

À l’heure actuelle, les scientifiques sont très désireux de savoir pourquoi quelques simples trigrammes peuvent posséder un pouvoir prédictif inexplicable. En fait, il s’agit d’un classique qui véhicule le message que les hommes ne peuvent pas créer et qui semble rappeler indirectement aux hommes qu’ils ne doivent pas oublier leur faiblesse.

Pourquoi la Chine s’appelle aussi Shenzhou, la terre divine
Les huit trigrammes du cheval-dragon. (Image : wikimedia / Domaine public)

Le troisième est Shennong. Il était connu sous le nom de « fermier divin » en raison de ses compétences extraordinaires dans l’enseignement de la fabrication d’outils agricoles, de l’ouverture de terres stériles et de la plantation de grains et de céréales. En outre, il a goûté toutes sortes d’herbes pour jeter les bases d’une médecine complète pour le peuple chinois. Le développement de la médecine chinoise traditionnelle au cours des milliers d’années s’est fait sur la base du Shennong Ben Cao. Ce livre est encore aujourd’hui l’ouvrage le plus important et celui qui fait le plus autorité de toute la médecine chinoise traditionnelle. La pharmacologie de la médecine chinoise traditionnelle est également profondément ancrée dans le « Tao », qui reflète l’interaction entre le ciel et la terre, l’homme et les cinq éléments.

Si l’on en croit la longue période que les Trois Augustes ont vécue dans l’histoire de la Chine, il est clair qu’il y a eu en Chine une période de coexistence entre les êtres humains et les dieux, et que les dieux ont directement transmis la culture aux êtres humains. La culture transmise par les divinités a été enrichie et s’est renforcée au fil du temps, ce qui explique le respect infini du peuple chinois pour le Ciel. L’expression Respecter le Ciel ne symbolise pas seulement le fait que la culture chinoise est une culture qui croit à la divinité, mais elle montre aussi le comportement externe des gens dans le cadre d’une telle culture et des connotations profondes de la culture divine.

L’histoire de l’Empereur Jaune comme un pratiquant de Tao tout en étant un souverain

Il y a environ 5 000 ans, un épisode important de l’histoire du monde s’est produit en Chine : l’avènement de l’Empereur Jaune. L’Empereur Jaune a créé une culture chinoise riche et splendide pour la nation chinoise et a été honoré avec un respect inégalé tout au long de l’histoire de la Chine.

En fait, la raison pour laquelle le peuple chinois « respecte le Ciel et honore ses ancêtres », voire vénère ses ancêtres comme des dieux, est étroitement liée à l’Empereur Jaune, ancêtre commun de la nation chinoise, ainsi qu’à l’histoire de la coexistence de l’homme et du divin dans les temps anciens. Sur la base de la culture divine, le peuple chinois a développé une brillante culture semi-divine centrée sur l’homme à partir de l’époque de l’Empereur Jaune.

Pendant son règne, l’Empereur Jaune a été honoré comme le Fils du Ciel par ses vassaux après la bataille de Zhuolu, au cours de laquelle il a éliminé Chiyou, un chef de tribu tyrannique. De ce fait, l’Empereur Jaune est devenu le tout premier empereur de l’histoire de la Chine à unifier la nation chinoise en subjuguant les seigneurs par la force des armes et en conquérant le monde.

Après avoir régné pendant un certain temps, l’Empereur Jaune a entendu dire qu’il y avait un maître taoïste appelé Guang Cheng Zi sur le mont Kongdong, et il était très désireux d’aller voir Guang Cheng Zi pour apprendre la méthode pour gouverner le pays et cultiver son corps et son esprit.

Pourquoi la Chine s’appelle aussi Shenzhou, la terre divine
L’Empereur Jaune rendit visite à Guang Cheng Zi et l’interrogea sur sa méthode. (Image : Musée National du Palais de Taïwan / @CC BY 4.0 / @www.npm.gov.tw

Lors de sa première visite, l’Empereur Jaune a emmené avec lui de nombreux courtisans et divers cadeaux. Lorsqu’il est arrivé au mont Kongdong, Guang Cheng Zi lui a dit : « Dans le pays que vous gouvernez, les feuilles des arbres jaunissent vite, et les oiseaux disparaissent vite. » Autrement dit, pour Guang Cheng Zi, l’Empereur Jaune n’était pas encore bon comme monarque.

A son retour, l’Empereur Jaune resta face à un mur pendant trois mois, réfléchissant sans cesse aux paroles de Guang Cheng Zi et se mettant en cause. Et il décida d’aller revoir Guang Cheng Zi afin d’apprendre comment gouverner son pays et comment rendre son corps et son esprit sains.

Cette fois-ci, il est monté seul sur la montagne. Dans la montagne, un prêtre taoïste appelé Chi Song Zi lui a indiqué ce qu’il devait faire. En effet, la richesse est sans importance pour un véritable maître, ce qui compte pour un maître, c’est de savoir si une personne accorde vraiment une grande importance à sa méthode. Lorsque Guang Cheng Zi a vu l’Empereur Jaune arriver, il savait que l’Empereur avait déjà compris comment honorer le maître, et il lui a enseigné sa méthode.

L’Empereur Jaune a suivit les enseignements de son maître et a fini par devenir un souverain sage. Il forgeait l’alchimie, les trépieds, et faisait la méditation tout en dirigeant le pays. Les archives historiques disent que pendant les 100 ans du règne de l’Empereur Jaune, il n’y a pas eu de meurtres ni de combats en Chine. Les gens étaient humbles et harmonieux, le climat était favorable, les récoltes étaient bonnes chaque année, même les tigres et les léopards ne faisaient pas de mal aux gens, et les oiseaux, les animaux, les insectes et les papillons de nuit étaient tous influencés par la vertu de l’Empereur Jaune. C’était le modèle d’un règne impérial vertueux et prospère, un « paradis sur terre ».

Il a aussi laissé au monde l’un des textes les plus importants de la médecine traditionnelle chinoise, le Classique de médecine interne de l’Empereur Jaune (黄帝内经). Il s’agit du premier ouvrage médical chinois à mentionner l’existence des méridiens. Le livre a été transmis et est toujours apprécié par les praticiens de la médecine chinoise traditionnelle.

Ayant réussi sa pratique, l’Empereur Jaune s’est envolé au Ciel en plein jour

En 2598 av. J.-C., l’Empereur Jaune a coulé un grand trépied au pied de la montagne Qiaoshan. Au moment où le trépied a été fabriqué, le ciel s’est soudainement ouvert et un dragon jaune est descendu pour accueillir l’Empereur. Accompagné des soixante-dix fonctionnaires de sa cour, l’Empereur Jaune monta sur le dragon jaune pour s’élever vers le ciel en plein jour. Les ministres moins chanceux sont arrivés trop tard et n’ont pu s’accrocher qu’aux moustaches du dragon, qui se sont détachées et ils sont tombés par terre.

Pourquoi la Chine s’appelle aussi Shenzhou, la terre divine
L’Empereur Jaune s’est envolé dans le ciel pendant la journée sur un dragon d’or. (Image : Epoch Média Group)

À ce moment-là, tout le monde a pu voir de ses propres yeux cette scène sacrée et grandiose ! Les sujets et les personnes qui n’avaient pas pu partir avec leur Empereur, reconnaissants et nostalgiques, ont enterré les vêtements laissés par celui-ci au pied de la montagne Qiaoshan, qui est aujourd’hui le monticule des vêtements et de la couronne de l’Empereur Jaune dans le comté de Huangling, dans la province de Shaanxi. C’est la raison pour laquelle l’Empereur Jaune est devenu l’ancêtre commun de la nation chinoise. Le succès de sa cultivation a fait comprendre à l’homme que l’on peut retourner au ciel par la cultivation. C’est également une des raisons pour laquelle la Chine est appelée Shenzhou la terre divine.

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