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Histoire. Hua Tuo, un guérisseur miraculeux de la médecine traditionnelle chinoise (3/3)

CHINE ANCIENNE > Histoire

Hua Tuo était connu pour son diagnostic précis et sa prévention efficace des maladies

Hua Tuo (華佗) était un médecin célèbre dans l’histoire de la Chine. De nombreux cas de guérisons dues à ses soins montrent les merveilles de la médecine traditionnelle chinoise (MTC) ancienne. Hua Tuo a accompli de nombreux miracles en chirurgie, en médecine interne, en gynécologie, en pédiatrie, etc. Ces miracles ne sont pas des légendes, ce sont de véritables enregistrements qui figurent dans les archives historiques officielles.

Un diagnostic précis des maladies

Dans les Chroniques des trois royaumes, il est dit qu’un fonctionnaire militaire du nom de Li Cheng (李成) souffrait de la toux, ne pouvant dormir ni le jour ni la nuit, et qu’il vomissait souvent du pus et du sang. Il alla donc consulter Hua Tuo qui lui dit : « Vous souffrez d’un anthrax intestinal, et le pus sanguinolent que vous crachez lorsque vous toussez ne provient pas de vos poumons. Voici 7.5 g de médicaments sous forme de poudre, vous allez cracher environ 2 tasses de pus sanguinolent, puis vous cesserez de vomir. Si vous prenez soin de vous, vous serez en meilleure santé dans un mois et guéri dans un an. Mais votre maladie va récidiverdans dix-huit ans. Si vous reprenez ce médicament, vous serez guéri. Sinon, vous allez mourir. » Et il donna à Li Cheng une autre dose du médicament en poudre.

Cinq ou six ans après, un proche de Li Cheng fut atteint de la même maladie. Le parent supplia Li Cheng : « maintenant, tu es fort et en bonne santé mais moi, je suis sur le point de mourir, pourquoi gardes-tu ce médicament alors que tu n’es plus malade ? Donne-le-moi, et quand je serai guéri, j’en demanderai à Hua Tuo et je te le donnerai. » Li Cheng lui donna le médicament. Cependant, lorsque ce parent se rendit dans le comté de Qiao plus tard, pour voir Hua Tuo, celui-ci était persécuté et incarcéré et le parent ne put obtenir les médicaments. Une dizaine d’années plus tard, Li Cheng tomba de nouveau malade et faute de médicament, il décéda.

Une autre fois, un autre érudit qui ne se sentait pas bien, fit appel à Hua Tuo. Après l’avoir examiné, Hua Tuo lui annonça : « Le foyer de votre maladie se trouve au plus profond de votre corps et une opération serait nécessaire pour enlever la douleur, mais vous ne pourrez vivre que dix ans après l’opération. Cependant, votre maladie n’est pas grave au point de menacer votre vie. Si vous pouvez endurer la douleur pendant dix ans, votre vie pourra être prolongée et prendra fin naturellement. » L’érudit ne fut pas capable de supporter la douleur, et Hua Tuo décida de l’opérer. La maladie dont il souffrait fut rapidement guérie, mais il mourut dix ans plus tard comme l’avait prédit Hua Tuo.

Voici un autre cas : Chen Deng (陳登), le préfet du district de Guangling (廣陵),se sentait oppressé. Sa poitrine était congestionnée, son visage était rouge et il ne voulait pas manger. Hua Tuo vérifia son pouls et lui dit : « Vous avez quelques litres (shēng 升) de vers dans votre estomac, et cela va bientôt entraîner une gangrène interne, cela résulte de la consommation de poissons et de crustacés crus. »

Hua Tuo prépara immédiatement deux litres de décoction et lui demanda d’en prendre d’abord la moitié, et le reste après un certain temps. Très vite, le préfet vomit environ trois litres de vers, dont les têtes rouges frétillaient encore et dont la moitié du corps ressemblait à du poisson cru haché, et sa maladie fut guérie.

Hua Tuo le mit en garde : « Cette maladie reviendra dans trois ans, si vous consultez un bon médecin, elle pourra de nouveau être guérie. » Lorsque la maladie réapparut trois ans plus tard, Hua Tuo n’était pas là, et Chen Deng décéda des suites de la maladie.

Toujours selon les Chroniques des trois royaumes, un officier militaire du nom de Mei Ping tomba malade. Il démissionna de ses fonctions et rentra chez lui à Guanging, dans la province du Jiangsu.

Après avoir parcouru une centaine de kilomètres, il décida de faire une halte chez un parent. Il se trouve que peu de temps après, Hua Tuo arriva à la maison de ce proche. Le parent demanda à Hua Tuo de bien vouloir ausculter Mei Ping. Après l’avoir fait, Hua Tuo dit à Mei Ping : « Si vous m’aviez consulté plus tôt, vous ne seriez pas dans cet état, mais maintenant la maladie est installée et ne peut plus être guérie, dépêchez-vous de rentrer et de retrouver votre famille, il vous reste cinq jours à vivre. » Mei Ping rentra immédiatement chez lui et il mourut cinq jours après, comme l’avait indiqué Hua Tuo.

Maintenir une bonne santé : qigong et remède secret

Hua Tuo était non seulement compétent en médecine, mais aussi en thérapies préventives pour le maintien de la santé. Hua Tuo forma deux élèves éminents. Wu Pu (吴普), originaire de la ville de Guangling et Fan A, de Pengcheng se formèrent tous deux à la médecine sous sa direction. Wu Pu appliqua les méthodes de Hua Tuo, sauvant et guérissant ainsi de nombreuses personnes. Hua Tuo dit un jour à Wu Pu : « Le corps humain a besoin de bouger fréquemment, mais il ne faut pas le surmener. L’activité permet aux aliments d’être digérés et absorbés, au sang de circuler, et aucune maladie ne surviendra, tout comme le pivot d’une porte qui bouge ne se rouille pas. C’est pourquoi, dans les temps anciens, les personnes qui pratiquaient Tao Yin (précurseur du qigong), ont vécu longtemps. »

« C’est en imitant les mouvements d’un ours grimpant sur un arbre et d’un aigle regardant en arrière, en étirant la taille et en faisant bouger les articulations de toutes les parties du corps que l’on pourra vivre longtemps. J’ai une méthode d’exercice appelée " Jeu des cinq animaux " dont le jeu du tigre, le jeu du cerf, le jeu de l’ours, le jeu du singe et le jeu de l’oiseau, qui permet de se débarrasser des maladies et de maintenir les mains et les pieds flexibles. Si votre corps est mal à l’aise, levez-vous et faites de l’exercice, mouillez vos vêtements de sueur, et mettez un peu de poudre sur votre corps, afin de vous sentir léger et d’améliorer votre appétit. » Wu Pu suivit cette méthode, et à l’âge de plus de quatre-vingt-dix ans, ses oreilles et ses yeux étaient encore clairs et ses dents intactes et solides.

Fan A était toujours à la recherche de remèdes bénéfique à la santé des gens, et Hua Tuo lui transmit la recette du Qiyeqing Niansan (漆葉青粘散) « médicament constitué d’un mélange de feuilles de vernis du Japon et de Qingnian (青黏), souvent considéré comme sceau de salomon) » : 200 ml de feuilles de vernis du Japon et 14 taels de poudre de sceau de salomon.

Hua Tuo dit à Fan A que la prise de ce médicament pendant une longue période permettait d’éliminer trois types de parasites dans le corps, de bénéficier aux cinq organes, d’alléger le corps, et de prolonger la vie. Fan A suivit les conseils de Hua Tuo et adopta ce médicament et il vécut plus de cent ans. Le vernis du Japon (Rhus verniciflua​) poussait communément partout, et on pouvait trouver le sceau de salomon dans le comté de Feng (豐縣), le comté de Pei (沛縣), la ville de Pengcheng (彭城) et autour de Zhaoge (朝歌).

Hua Tuo n’a pas pu transmettre sa technique ni ses livres de médecine

Cao Cao (曹操) fit souvent appel à Hua Tuo après avoir entendu parler de son incroyable maîtrise de la médecine, et Hua Tuo était donc souvent à ses côtés. Lorsque Cao Cao souffrait de migraines, Hua Tuo lui faisait une séance d’acupuncture et la migraine se dissipait immédiatement.

Plus tard, Cao Cao, qui s’occupait des affaires de l’État, tomba très malade. Il demanda à Hua Tuo de devenir son médecin traitant exclusif. Hua Tuo lui expliqua : « Cette maladie est difficile à guérir à court terme, mais un traitement à long terme peut prolonger votre vie. »

Comme Hua Tuo était parti de chez lui depuis longtemps, il avait la nostalgie. Il dit à Cao Cao: « Je viens de recevoir une lettre de ma famille et je voudrais prendre congé pour aller visiter ma famille pendant un moment. »

Après que Hua Tuo fut rentré chez lui, il ne voulut plus revenir et demanda à plusieurs reprises de prolonger son congé sous prétexte que sa femme était malade. Cao Cao lui adressa plusieurs lettres pour le presser de revenir, et ordonna aux fonctionnaires du comté d’arrêter Hua Tuo.

Hua Tuo n’était pas disposé à revenir servir Cao Cao. Cela rendit Cao Cao furieux, il fit emprisonner Hua Tuo et le fit torturer. Avant de mourir, et pour remercier un geôlier qui avait pris soin de lui, Hua Tuo voulut lui transmettre un livre de médecine, en lui précisant: « Ce livre peut sauver des vies. » Mais le geôlier eut trop peur d’enfreindre la loi en acceptant ce livre. Alors, sans insister, Hua Tuo brûla ce livre.

Après la mort de Hua Tuo, la maladie de Cao Cao ne fut pas guérie. Plus tard, quand Cao Chong (曹冲), le fils bien-aimé de Cao Cao, tomba gravement malade et décéda, Cao Cao déclara : « je regrette d’avoir persécuté et tué Hua Tuo, car cela a entraîné la mort de mon fils. »

En étudiant ces dossiers médicaux, on ne peut qu’admirer les techniques miraculeuses de Hua Tuo. C’est vraiment dommage que Hua Tuo ait été tué et que ses compétences médicales et ses livres de médecine n’aient pas été transmis. Mais on peut aussi se demander pourquoi les pratiques médicales de Hua Tuo étaient si miraculeuse alors que dans le passé, les médecins chinois ne disposaient ni d’instruments médicaux ni de tests en laboratoire, comme dans la médecine moderne. Lorsque nous sommes émerveillés par ces faits incroyables, serait-ce une occasion de se demander si notre approche de la compréhension du monde objectif est la bonne ?

Rédacteur Jessica Wang

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