La Chine interdit l’Ode à la joie de Beethoven

Par Li Xiaokui
Le 16/10/2020
Cette année coïncide avec le 250ème anniversaire de la naissance de Ludwig van Beethoven, et l’engouement pour sa musique s’est intensifié dans le monde entier. (Image : Wikimedia Commons / Domaine public)
Cette année coïncide avec le 250ème anniversaire de la naissance de Ludwig van Beethoven, et l’engouement pour sa musique s’est intensifié dans le monde entier. (Image : Wikimedia Commons / Domaine public)
 

Le gouvernement du Parti communiste chinois (PCC) a utilisé diverses raisons et excuses pour censurer tout ce qui n’est pas conforme à ses valeurs, afin de prendre le contrôle du pays. L’Ode à la joie de Ludwig van Beethoven a récemment été définie comme « musique religieuse », pour éviter qu’elle soit utilisée comme matériel pédagogique. La nouvelle a provoqué un tollé général.

D’après les révélations des internautes chinois sur Weibo et WeChat, les responsables gouvernementaux ont demandé aux enseignants d’éviter « la musique religieuse » ou à caractère religieux, y compris le quatrième mouvement de la symphonie n°9 de Ludwig van Beethoven, communément appelé Ode à la joie, ainsi que les instruments de musique. Les enseignants sont officiellement tenus d’ajuster eux-mêmes le contenu du matériel pédagogique. En cas de non-respect de ces consignes, l’enseignant est seul responsable.

 

Le Parti communiste chinois a défini officiellement l’hymne de l’Union européenne, l’Ode à la joie, comme une musique religieuse et a interdit aux professeurs de l’enseigner dans les écoles. (Image : Wikipedia / Wikimedia Commons / Domaine public)
Le Parti communiste chinois a défini officiellement l’hymne de l’Union européenne, l’Ode à la joie, comme une musique religieuse et a interdit aux professeurs de l’enseigner dans les écoles. (Image : Wikipedia / Wikimedia Commons / Domaine public)
 

Cette année coïncide avec le 250ème anniversaire de la naissance de Ludwig van Beethoven (1770 – 1827) et l’engouement pour sa musique s’est répandu dans le monde entier. Son œuvre remarquable, la Symphonie n°9, est un classique au cœur de nombreuses célébrations. Les paroles de la finale du quatrième et du dernier mouvements de la neuvième symphonie, ont été rédigées par le poète allemand Friedrich von Schiller (1755 – 1809), en 1785. À l’heure actuelle, Ode à la joie n’a pas été seulement choisie comme l’hymne officiel de l’Union européenne et de la Commission européenne, elle est aussi connue sous le nom de « Chanson de l’Europe ».

 

Les paroles de la finale du quatrième et du dernier mouvements de la neuvième symphonie, ont été rédigées par le poète allemand Friedrich von Schiller, en 1785. (Image / Wikimedia Commons / Domaine public)
Les paroles de la finale du quatrième et du dernier mouvements de la neuvième symphonie, ont été rédigées par le poète allemand Friedrich von Schiller, en 1785. (Image / Wikimedia Commons / Domaine public)
 

Le 4 septembre 2001, l’UNESCO a inscrit le manuscrit de la neuvième symphonie au registre de la « Mémoire du monde » de la bibliothèque d’Etat de Berlin. En 2003, le manuscrit de la Neuvième Symphonie a été vendu chez Sotheby’s à Londres pour un montant record de 3,3 millions de dollars, ce qui confirme sa valeur.

Une censure de plus en plus critiquée en Chine

Le Parti communiste interdit l’utilisation de cette musique, ce qui suscite des plaintes un peu partout. Beaucoup affirment que l’Ode à la joie de Beethoven est une œuvre classique et non religieuse, tandis que d’autres disent que si la musique religieuse ne peut pas être enseignée, alors l’étude de Bach et de la période baroque ne devraient pas figurer dans les manuels scolaires.

Des net-citoyens chinois ont critiqué le PCC qui, après avoir interdit la littérature, l’histoire, la politique, la religion, le cantonais, le mongol, le coréen, l’Internet, les associations, la liberté d’expression, s’attaque maintenant à la musique !

 

Wang Xilin, un compositeur chinois bien connu vivant en Allemagne, a déclaré : « Cette Neuvième Symphonie de Beethoven n’est pas seulement une musique religieuse. Elle est un phare de la pensée et de la civilisation humaines. (…) Maintenant, le parti communiste essaie d’interdire cette oeuvre mondialement connue, c’est ahurissant et tellement absurde : idéologiquement et culturellement, le parti communiste se dirige vers sa propre fin ». (Image : wikimedia / Ebrownless / CC0)
Wang Xilin, un compositeur chinois bien connu vivant en Allemagne, a déclaré : « Cette Neuvième Symphonie de Beethoven n’est pas seulement une musique religieuse. Elle est un phare de la pensée et de la civilisation humaines. (…) Maintenant, le parti communiste essaie d’interdire cette oeuvre mondialement connue, c’est ahurissant et tellement absurde : idéologiquement et culturellement, le parti communiste se dirige vers sa propre fin ». (Image : wikimedia / Ebrownless / CC0)
 

Wang Xilin, un compositeur chinois bien connu vivant en Allemagne, a déclaré à Radio Free Asia que Wu Lingfen, professeur au département de direction du Conservatoire chinois de musique et chef d’orchestre du Chœur du Grand Théâtre national, a également exprimé son mécontentement et sa colère face à la directive et a décidé de « ne plus enseigner ».

Wang Xilin a aussi déclaré que de nombreuses musiques classiques dans le monde sont liées aux religions occidentales. « Cette Neuvième Symphonie de Beethoven n’est pas seulement une musique religieuse. Elle est un phare de la pensée et de la civilisation humaines. C’est le sommet de la pensée humaine. Depuis 1942, le Parti communiste a mis en avant ses propres normes artistiques, tuant l’art, censurant toutes les œuvres ayant une signification idéologique, et aujourd’hui il ruine l’art international. Maintenant, le parti communiste essaie d’interdire cette oeuvre devenue planétaire, c’est ahurissant et tellement absurde : idéologiquement et culturellement, le parti communiste se dirige vers sa propre fin », a-t-il précisé.


Traduit par Charlotte Clémence

Source : https://www.secretchina.com/news/gb/2020/10/01/947798.html