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Monde. Opération Fox Hunt : Le FBI prend des mesures contre Pékin

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Dans le cadre de l’opération « Fox Hunt », dirigée par le ministère de la Sécurité publique de Pékin, des agents chinois aux États-Unis ont traqué et harcelé des dissidents et opposants politiques chinois vivant aux États-Unis pour les contraindre à retourner en Chine. (Image : Ryoji Iwata / Unsplash)
 

Le FBI a accusé 8 personnes de collusion avec le régime chinois et de conspiration à l’encontre des États-Unis. Cinq d’entre elles ont été arrêtées alors que trois seraient toujours en Chine. Ces personnes sont accusées de traquer et de harceler des dissidents et opposants politiques chinois vivant aux Etats-Unis, pour les contraindre à retourner en Chine, dans le cadre de l’opération « Fox Hunt » de Pékin. Lancée en 2014, l’opération Fox Hunt vise à rapatrier en Chine les hommes d’affaires et les fonctionnaires chinois qui ont fui à l’étranger.

Opération Fox Hunt

« Avec les accusations portées à ce jour, nous avons renversé l’opération " Fox Hunt " de la RPC - les chasseurs sont devenus les chassés, les poursuivants les poursuivis... Les cinq accusés que le FBI a arrêtés ce matin pour avoir illégalement servi les intérêts du gouvernement chinois ici aux États-Unis risquent maintenant la prison. En ce qui concerne les autres accusés qui se trouvent en Chine et tous ceux qui se livrent à ce type de conduite, notre message est clair : restez en dehors. Ce comportement n’est pas le bienvenu ici », a déclaré le procureur général adjoint pour la sécurité nationale, John C. Demers, dans un communiqué.

Les agents accusés auraient gardé sous surveillance et menacé deux personnes, dont un ancien fonctionnaire du gouvernement chinois. Ce fonctionnaire a déménagé aux États-Unis en 2010, où il vit depuis. En 2017, des agents chinois ont forcé son père à se rendre aux États-Unis pour le contraindre à rentrer en Chine.

En 2018, cet homme a reçu une note l’informant que s’il était prêt à retourner sur le continent et à passer 10 ans en prison, tout irait bien pour sa femme et ses enfants. Sa fille et ses amis ont également reçu des messages de menace sur les médias sociaux afin de faire pression sur lui. Michael McMahon, un détective privé du New Jersey qui avait recueilli des renseignements sur le fonctionnaire chinois, fait partie des individus qui ont été arrêtés.

Un détective privé du New Jersey a été accusé d’avoir recueilli des renseignements sur un ancien responsable chinois. (Image : Reinhart Julian / Unsplash)
Un détective privé du New Jersey a été accusé d’avoir recueilli des renseignements sur un ancien responsable chinois. (Image : Reinhart Julian / Unsplash)
 

L’avocat et procureur américain Seth DuCharme, note qu’il s’agit du « premier cas du genre » car c’est la première fois que des charges pénales sont retenues contre une action liée à Fox Hunt. Dans le cadre de l’opération Fox Hunt, gérée par le ministère de la sécurité publique de Pékin, des centaines de personnes à l’étranger, classées comme fugitives, ont été contraintes de rentrer en Chine.

Le directeur du FBI, Christopher Wray, note que les tentatives de la Chine visant à menacer et à harceler des citoyens américains sur le sol américain, sont le signe de l’influence néfaste de Pékin aux États-Unis. Il estime que ces actions sont une insulte aux idéaux américains d’État de droit, de liberté et de droits de l’homme.

Au cours de cette année, l’administration Trump a arrêté de nombreux scientifiques chinois travaillant dans des universités américaines. La plupart d’entre eux ont été arrêtés pour avoir dissimulé leur lien avec l’APL (Armée populaire de libération) chinoise. En octobre, Pékin a averti qu’il riposterait en détenant des Américains en Chine. Concernant les arrestations des agents chinois ayant joué un rôle dans l’opération Fox Hunt, l’ambassade de Chine à Washington est restée silencieuse.

L’implication de l’ONU

L'ONU a aussi été impliqué dans l’espionnage des Chinois vivant à l’étranger. Cette révélation a été faite par Emma Reilly, spécialiste des droits de l’homme travaillant pour l’ONU. Selon Emma Reilly, Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) a activement transmis les noms de dissidents ouïghours à Pékin.

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) a activement transmis les noms de dissidents ouïghours à Pékin. (Image : pixabay / CC0 1.0)
Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) a activement transmis les noms de dissidents ouïghours à Pékin. (Image : pixabay / CC0 1.0)
 

Emma Reilly a déclaré qu’avant chaque session du HCDH, le gouvernement chinois demandait à l’ONU « si certaines personnes prévoyaient de venir ou non ». « Il est totalement contraire aux règles de transmettre ces informations à un gouvernement quelconque », a-t-elle précisé, en soulignant que l’ONU n’a fait une telle exception que pour la Chine.

Rédacteur Fetty Adler

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