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Monde. La journaliste chinoise Zhang Zhan, emprisonnée pour avoir couvert la pandémie de Covid-19 à Wuhan en 2020, serait proche de la mort

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Le 4 novembre, Amnesty International a indiqué que la militante et journaliste chinoise Zhang Zhan, emprisonnée pour avoir couvert les premiers jours de la pandémie de Covid-19 à Wuhan, risque de mourir si elle n’est pas libérée d’urgence pour recevoir des soins médicaux.

L’ancienne avocate devenue journaliste citoyenne a été condamnée à quatre ans de prison, le 28 décembre 2020, pour avoir publié sur les médias sociaux des informations sur la gestion de l’épidémie par le gouvernement.

Zhang Zhan s’était rendue à Wuhan en février 2020, pour rendre compte de la situation sur place - révélant comment les responsables du gouvernement chinois avaient détenu des journalistes indépendants et harcelé les familles des patients atteints de Covid-19.

Zhang Zhan, 37 ans, a observé plusieurs grèves de la faim pour protester contre son incarcération. Le 30 octobre, son frère Zhang Ju a posté un message sur Twitter, révélant qu’elle pesait désormais moins de 40 kg, et alertant sur la situation désastreuse de la journaliste.

« Je ne pense pas qu’elle vive encore longtemps », a-t-il déclaré. « Si elle ne survit pas à l’hiver qui arrive, j’espère que le monde se souviendra d’elle telle qu’elle était autrefois », peut-on lire dans le message.

Elle serait en grand danger

La mère de Zhang Zhan a révélé à Radio Free Asia qu’elle s’était entretenue avec elle lors d’une vidéoconférence le 28 octobre, et que sa situation était extrêmement dangereuse.

« Elle ne peut plus marcher sans aide maintenant et sa tête s’affaisse pendant qu’elle parle. Elle sera en grand danger s’ils ne la libèrent pas pour raison médicale. J’ai pleuré pendant plusieurs heures d’affilée après être sortie (de l’appel vidéo) », a-t-elle déclaré.

Gwen Lee, chargée de campagne sur la Chine à Amnesty International, a déclaré que Zhang Zhan, n’aurait « jamais dû être incarcérée », ajoutant que « les autorités chinoises doivent la libérer immédiatement afin qu’elle puisse mettre fin à sa grève de la faim et recevoir le traitement médical approprié dont elle a désespérément besoin. »

Gwen Lee a souligné le caractère illégal de la détention de Zhang Zhan : « Les poursuites engagées par le gouvernement chinois contre Zhang Zhan, simplement parce qu’elle a tenté de révéler ce qui se passait à Wuhan dans un contexte de grand secret gouvernemental sur la pandémie, constituent une attaque honteuse contre les droits de l’homme », ajoutant : « Si Zhang Zhan meurt en prison, le gouvernement chinois aura son sang sur les mains. »

Selon la Fédération internationale pour les droits de l’homme (FIDH), Zhang Zhan a été portée disparue pour la première fois à Wuhan le 14 mai 2020. Il a ensuite été révélé qu’elle était détenue par la police à Shanghai, où elle a été reconnue coupable d’« avoir cherché à provoquer des conflits et troublé l’ordre public ».

Après son incarcération en juin de l’année dernière, Zhang Zhan a entamé une grève de la faim pour protester contre sa détention arbitraire suite au simulacre de procès qu’elle considère comme illégal. En décembre 2020, elle était si faible qu’elle a dû se présenter au procès en fauteuil roulant.

Amnesty International a indiqué que les autorités l’avaient « nourrie de force et immobilisée pendant plusieurs jours pour l’empêcher de retirer sa sonde d’alimentation ». Elle a aussi eu « les mains et les pieds entravés pendant plus de trois mois, 24 heures sur 24, pour la punir de sa grève de la faim. »

Le 31 juillet, Zhang Zhan a été temporairement admise à l’hôpital en raison d’une grave malnutrition. Toutefois, elle a été renvoyée en prison peu de temps après, malgré la détérioration constante de son état de santé.

Les autorités chinoises lui ont également refusé de s’entretenir avec ses avocats et de rendre visite à sa famille.

Une pétition visant à libérer Zhang Zhan est désormais disponible sur le site d’Amnesty International.

Rédacteur Fetty Adler

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