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Monde. Ingérence chinoise au Canada

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La Chine lance de vastes actions d’ingérence au Canada. (Image : Gerald Friedrich / Pixabay) 
 

Un rapport de l’Australian Strategic Policy Institute (ASPI) signale que la Chine lance des actions d’ingérence généralisées au Canada. Par le biais de l’UFWD (United Front Work Department), Pékin cherche à faire taire les critiques, à influencer les communautés de la diaspora, à infiltrer les partis politiques et à influencer les universités et les entreprises.

Menace d’ingérence

Le rapport qualifie les opérations de l’UFWD à l’étranger d’exportation du système politique du Parti communiste chinois (PCC). Alex Joske, l’auteur du rapport, souligne que les annuaires en ligne mentionnant les participants aux événements de l’UFWD montrent qu’un grand nombre de Canadiens y participent. À titre d’exemple, Joske indique qu’un événement de l’UFWD concernant les médias chinois à l’étranger, qui s’est tenu dans la province du Hebei en octobre dernier a vu plus de 50 participants du Canada.

L’UFWD masque ses activités par le biais d’une cause légitime, utilisant ainsi une approche démocratique pour perturber une société démocratique. Par exemple, l’organisation met en place des comités qui se font passer pour des groupes parlant au nom de communautés comme les minorités ethniques, les étudiants chinois, les associations religieuses, etc. Certaines sociétés occidentales comme le Canada ont permis de façon choquante que de telles activités se produisent sous leur nez, pensant à tort qu’elles ne constituent pas une menace.

Pékin cherche à faire taire les critiques, à influencer les communautés de la diaspora, à infiltrer les partis politiques et à influencer les universités et les entreprises. (Image : wikimedia / CC BY-SA 3.0)
Pékin cherche à faire taire les critiques, à influencer les communautés de la diaspora, à infiltrer les partis politiques et à influencer les universités et les entreprises. (Image : wikimedia / CC BY-SA 3.0)
 

« Les diplomates peuvent considérer le travail de L’UFWD comme de la " diplomatie publique " ou de la " propagande ", mais ne mesurent pas l’ampleur des activités secrètes qui y sont liées... Les responsables de la sécurité peuvent être attentifs aux activités criminelles ou à l’espionnage tout en sous-estimant l’importance des activités ouvertes qui les facilitent. Les analystes risquent de négliger les facettes interdépendantes de l’influence du PCC qui se combinent pour le rendre efficace », indique le rapport, selon The Star.

Alex Joske souhaite que le gouvernement canadien mène une étude détaillée des opérations de l’UFWD dans le pays et en communique les résultats aux citoyens afin que ceux-ci aient une compréhension de base de la menace posée par l’organisation. L’UFWD utilise les dons politiques et la corruption pour racheter des hommes politiques internationaux. En Australie, Sam Dastyari ancienne star politique, a été contraint de démissionner en 2017 après que des rapports aient suggéré qu’il avait accepté des dons d’une entité liée au gouvernement chinois. Alex Joske affirme que de tels rachats politiques sont susceptibles de se produire au Canada également.

Le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) a indiqué que Pékin considère le Canada comme une « cible attrayante et permissive » pour l’ingérence. Au lieu d’utiliser l’idéologie communiste pour influencer les Canadiens, le PCC utilise le pouvoir de l’argent pour acheter les gens. David Mulroney, ancien ambassadeur en Chine, estime que la nation communiste est la menace numéro un pour le Canada. Il a admis que certains de ses aînés au sein du gouvernement ont des liens commerciaux douteux avec la Chine.

Sam Dastyari a accepté des dons de la Chine. (Image : Pixabay / CC0 1.0)
Sam Dastyari a accepté des dons de la Chine. (Image : Pixabay / CC0 1.0)
 

La question de 5G

Pendant ce temps, diverses forces pro-Chine font pression sur le Canada pour permettre à Huawei d’établir un réseau 5G dans le pays. Pékin pourrait ainsi espionner les services de renseignement du pays et collecter d’autres informations sensibles. Le Canada est l’un des rares pays de l’alliance Five Eyes qui n’a pas encore décidé de l’implication de Huawei dans cette affaire.

Les principaux opérateurs de télécommunications du Canada évitent déjà toute transaction avec Huawei pour des équipements 5G. Les entreprises de télécommunication TELUS Corp. et BCE Inc., ont fait appel à Ericsson et Nokia pour développer leur infrastructure 5G. Même si le gouvernement canadien finit par autoriser Huawei dans une certaine mesure, les acteurs des télécommunications n’utiliseront probablement pas les équipements de la société chinoise par crainte d’une complication future. On rapporte que Pékin pourrait imposer des sanctions au Canada suite à la décision de BCE et de Telus Corp. d’exclure Huawei.

Rédacteur Fetty Adler

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