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Monde. Le gouvernement britannique cherche à exclure le groupe chinois CGN de ses projets de centrales nucléaires

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Selon de récentes sources, le gouvernement britannique envisagerait diverses options de financement concernant le projet de construction de la centrale de Sizewell, dans le Suffolk, afin de contrer la participation d’entreprises gérées par le gouvernement chinois dans les infrastructures vitales telles que la construction de centrales nucléaires.

La décision n’a pas encore été finalisée, et des discussions sont en cours sur la possibilité de faire avancer les plans d’EDF Energy, le partenaire majoritaire de Sizewell, dans la construction de la centrale nucléaire en évitant la participation de China General Nuclear (CGN), qui détient une participation de 20 % dans le projet.

Cette décision montre que le gouvernement britannique est de plus en plus conscient de la nécessité d’être autonome dans un contexte de préoccupations croissantes en matière de sécurité nationale et souveraine. « Le gouvernement doit procéder à un examen stratégique intégré de notre dépendance à l’égard de la Chine », a déclaré le député conservateur Iain Duncan Smith, ajoutant : « le nucléaire est essentiel à notre alimentation électrique et nous ne pouvons tout simplement pas faire confiance aux Chinois ».

Selon The Guardian, le rapport, initialement publié dans le Financial Times, a été confirmé par des sources de Whitehall. Le groupe chinois CGN détient également une participation de 33 % dans la centrale nucléaire de Somerset Hinkley Point-C, actuellement en construction et considérée comme l’un des projets d’infrastructure les plus importants du pays.

Le gouvernement chinois espérait utiliser Hinkley Point et Sizewell comme tremplin pour  construire un réacteur de conception chinoise à Bradwell-on-Sea dans l’Essex. GCN a soumis la conception de son réacteur à un examen minutieux par les autorités nucléaires britanniques, espérant installer sa propre technologie de réacteur. Des sources gouvernementales ont toutefois déclaré à The Financial Times que les projets des Chinois de construire la centrale à seulement 30 miles de Londres, sur la côte de Bradwell, étaient « voués à l’échec ». « Il n’y a aucune chance que GCN construise Bradwell… étant donné l’approche de Huawei, Downing Street ne va pas laisser une entreprise chinoise construire une centrale nucléaire. »

Une source a déclaré à The Guardian « il existe des moyens pour EDF d’attirer d’autres investisseurs à bord, en s’affranchissant des Chinois, ils pourraient ouvrir la voie à des investissements des États-Unis par exemple, il y a de nombreuses façons de procéder. »

En septembre dernier, le gouvernement a demandé aux fournisseurs de télécommunications de ne plus installer d’équipements Huawei dans les réseaux 5G britanniques. En outre, le secrétaire d’État au numérique, Oliver Dowden, a publié l’année dernière une « stratégie de diversification de la chaîne d’approvisionnement » de la 5G, montrant comment le gouvernement veillera à ce que le Royaume-Uni ne soit « plus jamais dépendant d’une poignée de fournisseurs de télécommunications. »

Le Royaume-Uni se trouve actuellement dans une position similaire en ce qui concerne l’énergie nucléaire. The Guardian rapporte que le Royaume-Uni avait espéré construire au moins six nouvelles centrales nucléaires à travers le pays, mais que pour trois d’entre elles, le projet a été annulé, ne laissant place qu’aux projets avec une participation chinoise : Hinkley Point, Sizewell et Bradford.  En outre, les ambitions nucléaires du gouvernement ont subi un revers après que le conglomérat japonais Hitachi ait rejeté un accord financier impliquant la construction d’un réacteur nucléaire de 20 milliards de livres sterling à Wylfa au Pays de Galles.

Le gouvernement est maintenant sous pression, soumis à une prise de décisions rapides. Le syndicat britannique GMB a déclaré que si les ministres « envisagent des alternatives à la participation d’une entreprise chinoise » pour la construction du complexe Sizewell-C, d’une valeur de 20 milliards de livres, « le financement doit être en place d’ici l’automne, sinon tout le projet risque de s’effondrer ».

The East Anglia Daily Times cite Charlotte Childs, la responsable du GMB, qui a déclaré : « le gouvernement doit intervenir en proposant une alternative crédible au financement du GCN qui crée un modèle à faible risque et abordable pour les tiers, en prenant une participation publique dans des projets clés qui créeront un chemin clair vers le zéro net », ajoutant que « s’il y a un changement de politique, nos membres dans la construction réaliseront un projet de classe mondiale, mais le gouvernement doit mettre fin à l’incertitude, soutenir cette infrastructure essentielle et commencer à investir dans nos propres chaînes d’approvisionnement manufacturières ».

Rédacteur Fetty Adler

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