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Monde. L’Australie annule le contrat conclu en 2016 avec la France pour la construction d’une flotte de sous-marins

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« C’était vraiment un coup de poignard dans le dos. Nous avons construit une relation de confiance avec l’Australie, et cette confiance a été trahie », a déclaré Le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

Le 16 septembre, le gouvernement australien a annoncé l’annulation d’un contrat conclu en 2016 avec la France pour la construction d’une flotte de sous-marins conventionnels, au profit de la construction de sous-marins nucléaires américains. Ce revirement fait suite à l’annonce par le président américain Joe Biden d’une nouvelle alliance militaire du nom de « Aukus » conclue le 15 septembre 2021 entre l’Australie, les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

« L’Australie utilisera les technologies américaines et britanniques pour configurer sa prochaine flotte de sous-marins dans le but de remplacer ses sous-marins actuels de classe Collins par des navires plus adaptés à l’environnement stratégique détérioré actuel.», a rapporté la société de radiodiffusion australienne ABC ( Australian Broadcasting Corporation) le 15 septembre.

L’ajout de ces navires à la flotte militaire australienne fera de l’Australie le septième pays à posséder des sous-marins à propulsion nucléaire, et le seul qui ne possède pas d’armes nucléaires.

L’alliance AUKUS est considérée comme un moyen de contrer la République populaire de Chine (RPC), qui a accru sa belligérance dans les mers de Chine méridionale et orientale, ainsi qu’à l’égard de Taïwan, qui a son propre gouvernement démocratiquement élu, mais que Pékin revendique comme son territoire. Le pacte pourrait également permettre aux États-Unis d’exploiter des sous-marins nucléaires d’attaque de classe Virginia à partir de Perth, dans l’État d’Australie occidentale.

Bien que l’Australie n’exploite pas de combustible nucléaire sur son sol et ne dotera pas les nouveaux sous-marins d’armes nucléaires, ces sous-marins offrent une avancée technologique significative par rapport aux bateaux conventionnels à moteur diesel-électrique que la plupart des marines déploient. Les sous-marins nucléaires peuvent rester immergés pendant des mois et ont un rayon d’action limité uniquement par les provisions qu’ils transportent.

Protestations françaises

Jean-Yves Le Drian, le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, et Florence Parly, la ministre des Armées, ont publié une déclaration pour protester contre la décision de l’Australie d’abandonner le programme de 66 milliards de dollars visant à construire jusqu’à 12 sous-marins à propulsion conventionnelle, la qualifiant de « contraire à la lettre et à l’esprit de la coopération qui prévalait entre la France et l’Australie ». Les responsables français ont également déclaré que la décision de Canberra témoignait d’un « manque de cohérence ».

Selon Bloomberg, la société française Naval Group chargée de construire les sous-marins de classe Attack, s’est dite surprise par cette annulation soudaine.

« La société avait respecté toutes ses obligations contractuelles jusqu’à présent, des prix jusqu’aux délai, en passant par les promesses de production locale en Australie.. Elle s’attendait à des engagements sur 50 ans dans le cadre de ses contrats et elle serait décidée à négocier une indemnité de rupture », ont écrit les auteurs de l’article de Bloomberg le 15 septembre.

« C’était vraiment un coup de poignard dans le dos. Nous avons construit une relation de confiance avec l’Australie, et cette confiance a été trahie », a déclaré Jean-Yves Le Drian sur la radio France-Info.

Jacinda Ardern : aucun sous-marin nucléaire australien n’est autorisé dans les eaux néo-zélandaises

La première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, a apporté un soutien modéré au pacte AUKUS, tout en déclarant lors d’une conférence de presse le 16 septembre que les navires nucléaires australiens ne seraient pas les bienvenus dans les eaux territoriales ou les ports néo-zélandais.

Le pays n’autorise pas la plupart des navires à propulsion nucléaire dans ses eaux, une politique qui, selon Jacinda Ardern, « reste inchangée ». Elle a fait remarquer que les relations entre la Nouvelle-Zélande et l’Australie dans le cadre du pacte ANZUS actuel n’étaient pas affectées par le nouvel arrangement trilatéral avec Londres et Washington.

En 1984, la Nouvelle-Zélande a interdit les navires nucléaires sur son territoire, mais a levé cette interdiction pour les navires de guerre américains en 2012. En 1987, elle a interdit toutes les armes nucléaires sur son territoire, une mesure qui a conduit les États-Unis à abandonner leurs obligations au titre de l’ANZUS.

Ni l’Australie ni la Nouvelle-Zélande n’ont d’industrie nucléaire nationale, bien que l’Australie possède d’importants gisements d’uranium.

Le traité AUKUS est susceptible de diminuer l’importance d’ANZUS, selon les experts.

Rédacteur Fetty Adler

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