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Monde. Afrique du Sud : le président Ramaphosa se range du côté de la Russie et accuse l’OTAN d’avoir provoqué la guerre en Ukraine

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Le 7 mars, lors de son discours devant le parlement, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a déclaré que l’OTAN était à blâmer pour l’invasion de l’Ukraine par la Russie, affirmant que la guerre « aurait pu être évitée » si l’OTAN ne s’était pas étendue vers l’est.

« La guerre aurait pu être évitée si l’OTAN avait tenu compte des avertissements lancés par ses propres dirigeants et responsables au fil des ans, selon lesquels son expansion vers l’est conduirait à une plus grande, et non une moindre, instabilité dans la région », a déclaré Cyril Ramaphosa.

Il a ajouté que l’Afrique du Sud « ne peut tolérer le recours à la force et la violation du droit international », en référence à l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Le président a affirmé que l’Afrique du Sud avait été invitée à jouer un rôle de médiateur dans le conflit russo-ukrainien, sans toutefois préciser qui l’avait approché. Il a par ailleurs affirmé qu’il ne prendrait pas parti dans le conflit car cela nuirait au rôle de son pays en tant qu’éventuel médiateur.

« Certains insistent sur le fait que nous devrions adopter une position très conflictuelle à l’égard de la Russie. L’approche que nous allons adopter est … d’insister sur la nécessité d’un dialogue. Ce n’est pas en criant et en hurlant que nous mettrons fin à ce conflit », a-t-il déclaré.

L’Afrique du Sud est l’un des 35 pays qui se sont abstenus de voter en faveur de la résolution de l’ONU condamnant l’invasion de l’Ukraine par la Russie, tandis que 140 autres pays, dont les États-Unis, ont voté pour l’adoption de cette résolution.

La Russie bénéficie du soutien de certains pays qui faisaient autrefois partie de l’Union soviétique, dont le Belarus, l’Arménie, le Kazakhstan et le Kirghizstan. Cuba, en tant que proche allié de la Russie, a également affiché son soutien.

L’invasion de la Russie a-t-elle été provoquée ?

Dans un article publié fin janvier, Ted Galen Carpenter, rédacteur du Guardian, a affirmé que « Vladimir Poutine est le principal responsable de ce dernier développement, mais la politique arrogante et sourde de l’OTAN envers la Russie au cours du dernier quart de siècle mérite également une large part ».

Dans son livre, Beyond Nato : Staying Out of Europe’s Wars, Ted Galen Carpenter affirme que l’élargissement de l’OTAN « constituerait une provocation inutile de la Russie. »

Il explique que la provocation russe a commencé en 1998, lorsque le Sénat américain a approuvé l’ajout de la Pologne, de la République tchèque et de la Hongrie au traité de l’Atlantique Nord.

George Kennan, considéré comme le père du concept de « containment » * des États-Unis pendant la guerre froide, a déclaré dans une interview accordée au New York Times en mai 1998 au sujet de l’expansion précoce de l’OTAN : « Je pense que les Russes vont progressivement réagir de manière assez négative et que cela affectera leur politique. Je pense que c’est une erreur tragique. Il n’y avait aucune raison pour cela. Personne ne menaçait qui que ce soit ».

Strobe Talbott, ancien secrétaire d’État adjoint des États-Unis et qui est actuellement analyste de la politique étrangère américaine axée sur la Russie, a décrit l’attitude des Russes à l’époque par ces mots : « De nombreux Russes considèrent l’OTAN comme un vestige de la guerre froide, intrinsèquement dirigé contre leur pays. Ils soulignent qu’ils ont dissous le Pacte de Varsovie, leur alliance militaire, et demandent pourquoi l’Occident ne devrait pas faire de même. »

Madeleine Albright, alors secrétaire d’État du président Clinton, concédait à l’époque que « le président russe Boris Eltsine et ses compatriotes étaient fortement opposés à l’élargissement, y voyant une stratégie visant à exploiter leur vulnérabilité et à déplacer la ligne de partage de l’Europe vers l’est, les laissant ainsi isolés. »

La présence de l’OTAN en Europe s’intensifie

Au cours des deux derniers mois, le nombre de soldats américains en Europe est passé d’environ 80 000 à près de 100 000, ce qui est proche des niveaux observés en 1997 lorsque les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN ont commencé à élargir l’alliance, une expansion qui, selon le président russe Vladimir Poutine, menace la Russie.

Jeudi, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a décrit ce renforcement comme la « réponse immédiate de l’OTAN envoyant un message clair à Moscou qu’une attaque contre un allié déclenchera une réponse de toute l’alliance ».

« La dissuasion de défense ne consiste pas à provoquer un conflit mais à prévenir un conflit. Il s’agit de préserver la paix », a déclaré Jens Stoltenberg, ajoutant que l’OTAN a renforcé son soutien à l’Ukraine en lui fournissant des armes létales « essentielles pour que les forces ukrainiennes puissent se mobiliser contre les forces russes envahissantes. »

Jens Stoltenberg a fait valoir que l’armée ukrainienne est « beaucoup plus forte » qu’elle ne l’était en 2014, lorsque l’OTAN a commencé à former les troupes ukrainiennes locales. « Le soutien que nous leur apportons depuis de nombreuses années s’est avéré extrêmement important », a-t-il déclaré.

*terme désignant des mesures pour endiguer l’expansionnisme soviétique

Rédacteur Fetty Adler
Collaboration Jo Ann

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