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Chine. Signe de désintégration du Parti communiste chinois : les démissions furtives 

ACTUALITÉ > Chine

Le phénomène des « démissions furtives » est un autre exemple de la corruption des responsables au sein du Parti communiste chinois (PCC). Il y a quelques jours, les médias d’État ont révélé qu’un certain nombre de manquements à la discipline de fonctionnaires concernaient des cas de « démissions furtives » et soulignaient que les autorités avaient du mal à résoudre le problème.

Selon les observateurs, cela montre que l’ensemble de l’administration du PCC est en plein désarroi. De plus en plus de hauts fonctionnaires de l’État tentent d’engranger de l’argent avec l’objectif de partir, un signe que le PCC commence à se désintégrer.

Selon une enquête du China Newsweek du 3 janvier, citant le média officiel Ban Yue Tan, depuis 2022, le Comité central pour l’inspection disciplinaire du PCC, chargé de la lutte contre la corruption parmi les cadres du parti, a mené une enquête et signalé un certain nombre de fonctionnaires impliqués dans des « démissions furtives ».

L’enquête a révélé une augmentation de ce type de démission parmi les responsables d’entreprises d’État ou de l’administration. La prétendue « démission furtive » signifie pour certains fonctionnaires une conversion en « retraite anticipée » ou en « nidification précoce » et pour d’autres se faire embaucher par des groupes privés.

En réalité, derrière ce « mouvement » se cache une variante invisible de corruption.

Le rapport cite un certain nombre de cas de « démissions furtives »

En juillet 2022, le cas de Zhang Huayu, né en octobre 1958, ancien secrétaire adjoint du comité du parti et vice-président de la China Everbright Bank - poste qu’il a occupé de 2001 à 2018 - a été qualifié de cas typique de corruption par « nidification précoce » et « démission furtive ». Zhang Huayu avait utilisé sa position pour favoriser des dizaines de personnes apparentées, comme son fils, son gendre et son frère. Après sa démission, il a reçu des commissions élevées d’entreprises ayant des liens commerciaux avec son ancien poste.

En mai 2022, Huang Xi, l’ancienne directrice générale du département des affaires institutionnelles de la China Construction Bank (CCB) démissionne de ses fonctions et intègre, un mois plus tard, la société immobilière Tahoe Group en tant que vice-présidente exécutive, en charge du département trésorerie. Selon le rapport officiel, Huang Xi a reçu des commissions et des salaires élevés de sociétés clientes de la CCB.

En février 2022, le rapport officiel déclarait que Jiang Chuanbao, l’ancien directeur général du département de gestion du crédit de la Jiangxi Rural Credit Cooperative Union, avait émis des prêts en violation de la réglementation et s’était arrangé pour qu’un certain nombre de personnes détiennent une grande quantité d’actions en sa faveur avant de quitter précipitamment ses fonctions.

China Newsweek cite des responsables du Comité central pour l’inspection disciplinaire qui ont déclaré qu’il est difficile de détecter la corruption de certains fonctionnaires qui n’occupent plus leur poste, en particulier ceux qui ont quitté leur emploi ou qui ont pris leur retraite et sont entrés dans des entreprises familiales, y compris celles créées par des camarades de classe, des compagnons d’armes et des membres de leur famille. Ce qui rend la tâche encore plus difficile.

De nombreuses formes de corruption émergent

Dans le cadre de la campagne anti-corruption continue du PCC, de nombreuses formes cachées de corruption ont émergé. L’une d’entre elles est le fonctionnaire dont les conjoints et les enfants ont déjà émigré à l’étranger et sont ainsi intouchables. Ce qui fait que ces fonctionnaires dénués de scrupule redoublent de cupidité.

En Chine, les gens disent : « Pourquoi les fonctionnaires du PCC gardent-ils un œil sur les droits de l’homme aux États-Unis, craignant que quelque chose ne tourne mal dans ce pays ? Parce que leurs femmes et leurs enfants sont aux États-Unis ». Les responsables du Parti communiste chinois contemplent la faucille et la hache inventées par les Russes, chantent l’hymne international des Français, scandent le Manifeste du parti communiste écrit par les Allemands, ouvrent discrètement des comptes dans des banques suisses pour y déposer d’énormes sommes d’argent. De plus, ils envoient leurs femmes et leurs enfants aux États-Unis, en Grande-Bretagne et au Canada, puis lancent un appel cynique au peuple : « Soyez attentifs aux forces hostiles à l’extérieur du pays ! »

Le 3 janvier, le journaliste Hui Huyu a estimé qu’en fait, il n’y a aucun fonctionnaire dans l’ensemble de l’administration du PCC qui ne soit pas véreux. Ces hauts fonctionnaires corrompus ont transféré leurs avoirs à l’extérieur de la Chine et ont préparé leur fuite vers l’étranger. Si l’on s’en tient au concept de « démission furtive », ces hauts fonctionnaires corrompus qui ont fui peuvent également être considérés comme des migrants fugitifs.

Hui Huiyu a affirmé que ces fonctionnaires puissants et de haut rang qui ont transféré leurs capitaux et leurs enfants vers des pays étrangers, ont même bénéficié de la citoyenneté de ces pays. Étant à l’étranger, ils sont totalement hors d’atteinte du Parti communiste chinois. Le PCC ne peut attaquer que les personnes qui ont fui et démissionné tout en demeurant en Chine.

Hui Huiyu a précisé que : « Toute la bureaucratie du PCC est en déconfiture. Personne ne sert vraiment le PCC. Tout le monde veut se remplir les poches et partir dès que possible. Cette mentalité montre que le PCC se désintègre. »

Rédacteur Yasmine Dif

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