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Chine. La source du trafic d’organes en Chine n’a pas changé

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Les pratiquants de Falun Gong à Hong Kong sensibilisent aux prélèvements forcés d’organes en Chine continentale.
 

Des responsables d’hôpitaux en Chine ont admis à des enquêteurs que les organes servant aux transplantations venaient de pratiquants de Falun Gong vivants, selon un nouveau rapport.

L’année dernière, du 19 octobre au 2 décembre, des enquêteurs se sont entretenus par téléphone avec les présidents ou les directeurs d’un certain nombre d’hôpitaux chinois, selon le rapport publié le mois dernier par l’Organisation mondiale pour l’enquête sur la persécution du Falun Gong (WOIPFG) basée aux États-Unis.

Se faisant passer pour des hauts responsables du Parti communiste chinois, les enquêteurs de la WOIPFG ont posé la question suivante : « Utilisez-vous toujours des organes de pratiquants de Falun Gong ? » Le rapport explique que dix personnes interrogées dans neuf hôpitaux ont donné des réponses affirmatives.

Au cours d’un appel enregistré, l’enquêteur s’est entretenu avec Hang Hualian, médecin en chef du département de chirurgie de transplantation du foie de l’hôpital Renji de Shanghai.

« Je ferai de mon mieux pour que tout soit fait dans une semaine », a déclaré Hang.

L’enquêteur a alors demandé : « Vous utilisez des donneurs de Falun Gong maintenant, n’est-ce pas ? » Ce à quoi Hang a répondu : « Oui, bien sûr. »

Lors d’un autre appel, un enquêteur a directement demandé à Chen Xinguo, directeur du département des greffes du foie à l’Hôpital général de la police armée de Beijing, de fournir les organes des pratiquants de Falun Gong« D’accord ! D’accord ! », répondit Chen.

Dans un appel au premier hôpital affilié de l’Université Sun Yat-sen, un enquêteur s’est entretenu avec He Xiaoshun, le vice-président de l’hôpital.

Au cours de la conversation, l’enquêteur a déclaré : « D’un côté, il s’agit de la question de vos compétences, de l’autre, de l’organe. Les organes que vous utilisez, je sais qu’ils proviennent de pratiquants de Falun Gong, ils doivent donc être bons. En combinant ces deux facteurs, ce serait parfait. »

He a répondu en disant : « Correct. »

 
Photo d'une page du site Web du premier hôpital affilié à l'Université Sun Yat-sen, présentant He Xiaoshun. (Image: Vision Times)
Photo d’une page du site Web du premier hôpital affilié à l’Université Sun Yat-sen, présentant He Xiaoshun. 
 

Son hôpital effectue 200 greffes de foie par an, a-t-il déclaré à l’enquêteur. « (Une transplantation du foie) prend généralement une ou deux semaines pour organiser l’opération, mais parfois (cela prend) un mois. Nous avons beaucoup de places disponibles ici, car nous sommes un grand centre », a-t-il déclaré.

Le rapport souligne les titres de He Xiaoshun, parmi lesquelles « membre de la Société internationale de greffe du foie » et « président du comité professionnel sur la transplantation d’organes ».

Le docteur Li, médecin au département de chirurgie urologique de l’hôpital Chaoyang de Pékin, a dit à l’enquêteur que la source normale de reins provenait de pratiquants de Falun Gong. « De manière générale, (nous) prenons non seulement un rein, mais aussi le cœur et le foie, cela prend environ trois ou quatre heures pour ce processus », a déclaré le Dr Li, selon le rapport.

Au total, 17 enquêtes téléphoniques ont été publiées dans le rapport et elles concernaient 12 hôpitaux situés dans les principales villes de 11 provinces et des municipalités sous contrôle direct du gouvernement central, notamment Pékin, Tianjin et Shanghai.

Le rapport du WOIPFG fait suite à plusieurs rapports d’enquêtes incluant des aveux par téléphone révélant que les pratiquants de Falun Gong étaient la source des organes. Le premier à inclure de telles accusations est un rapport publié en 2006 par l’ancien chercheur canadien David Kilgour et l’avocat des droits de l’homme David Matas.

La conclusion de leur rapport indiquait que la source des organes provenait de pratiquants de Falun Gong détenus dans des prisons et tués à la demande. D’autres prisonniers d’opinion, tibétains, ouïghours et chrétiens de l’Eglise du silence, ont également été ciblés par les communistes comme source d'organes corporels, mais dans une moindre mesure, ont-ils déclaré.

En 2016, Kilgour et Matas ont actualisé leurs conclusions, en collaboration avec le journaliste d’investigation Ethan Gutmann, avec un autre rapport estimant qu’il y aurait entre 60 000 et 100 000 greffes d’organes chaque année en Chine.

Parmi les éléments de preuve utilisés pour calculer ces chiffres figurent des données sur les revenus des hôpitaux, les volumes de transplantations, les taux d’utilisation des lits, le personnel chirurgical, les programmes de formation et les financements publics.

Ils ont conclu que la source de ces organes restait des prisonniers d’opinion, malgré les efforts de la Chine pour faire accepter l’idée qu’ils envisageaient de mettre en place un système de don performant et des déclarations selon lesquelles ils avaient interdit l’utilisation des organes de prisonniers en 2015.

Le président du WOIPFG est le Dr Wang Zhiyuan, un ancien médecin militaire chinois installé aux États-Unis depuis 1995. Il s’est associé aux efforts déployés pour enquêter sur ces allégations. En 2006-2007, son équipe a téléphoné en Chine en se présentant comme proche d’une personne nécessitant une greffe d’organe.

Ils ont parlé à des médecins qui ont admis que la source de leurs organes provenait de pratiquants de Falun Gong. Le Falun Gong est une discipline spirituelle basée sur la méditation et des exercices lents, ainsi que sur trois principes moraux: Vérité, Compassion, Tolérance.

Le Parti communiste chinois a commencé à persécuter le Falun Gong en 1999.

Un rapport publié en 2017 par Freedom House, une ONG financée par le gouvernement américain, estime que 7 à 10 millions de personnes continuent de pratiquer le Falun Gong en Chine, tandis que des sources du Falun Gong situées en dehors de la Chine donnent un chiffre de 20 à 40 millions.

Une résolution de la Chambre des représentants américaine a été adoptée à l’unanimité en 2016 et qui exhortait le gouvernement chinois à cesser de prélever les organes des prisonniers d’opinion et à mettre fin à la persécution contre le Falun Gong.

Le Parlement européen a adopté une résolution similaire en 2013.

La WOIPFG a déclaré que le Parti communiste chinois utilisait également les pratiquants de Falun Gong dans des expériences scientifiques avec des drogues et les utilisait pour analyser les processus psychologiques lors de la mise à mort d’un être humain.