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Chine. Inspection disciplinaire sur la corruption en Mongolie-Intérieure

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L’enquête revient sur les 20 dernières années, Hu Chunhua serait-il visé ?

Une enquête lancée sur la corruption en Mongolie-Intérieure pourrait être un élément décisif dans la bataille dans le Zhongnanhai. (Image : Wikimedia / Shizhao / CC BY-SA)
 

À deux ans du 20ème congrès national du PCC, qui aura lieu en 2022, la bataille dans Zhongnanhai semble avoir commencé. Alors que la nouvelle de l’arrestation du Prince rouge Ren Zhiqiang continue à se répandre, les médias sociaux étrangers ont tweeté que les membres éminents du PCC ont amené Xi Jinping à abandonner son « système de mandat à vie ».

Xi Jinping a dû abandonner le « système mandat à vie », et Hu Chunhua a été désigné en interne comme l’un de ses successeurs. Mais un autre phénomène officiel montre que l’inspection disciplinaire du PCC porte sur les 20 années de corruption en Mongolie-Intérieure et que cette enquête semblerait cibler Hu Chunhua.

Les médias chinois ont rapporté que le 28 février de cette année, une enquête anti-corruption intitulée « Enquêter sur les 20 dernières années de corruption liée au commerce du charbon » avait été lancée en Mongolie-Intérieure. Le but est de recueillir des indices auprès de la société, sur les investissements des hauts fonctionnaires ou des cadres supérieurs du PCC dans les mines de charbon. Les violations des réglementations ciblées portent sur des indices sur la collusion entre les hauts fonctionnaires et les entreprises, sur les corruptions, et des indices sur le rôle protecteur joué par les hauts fonctionnaires vis-à-vis des propriétaires des mines en violation de la loi.

Neuf fonctionnaires font l’objet d’une enquête

Au moins neuf fonctionnaires ont fait l’objet d’une enquête par la suite. Beaucoup de fonctionnaires révoqués étaient impliqués dans la corruption dans le domaine du charbon, tels que Li Yongxian, ancien conseiller juridictionnel général du groupe charbonnier de la ville de Huolin Gol de Mongolie-Intérieure, Sai Qingke, ancien maire adjoint de la municipalité de Hohhot, Cao Wenmin, chef du comité permanent du comité municipal et du département du travail du Front uni de Tongliao, Xue Shengqi, PDG du groupe de production d’énergie et d’investissement de Mongolie-Intérieure, Zhang Zhijun, vice-président de la Conférence consultative politique du peuple chinois de la Ligue Xilinguole de Mongolie intérieure, Zhang Heping, ancien vice-président du conseil de Mongolie-Intérieure pour la promotion du commerce, Liu Guihua, ancienne directrice adjointe du comité permanent du congrès du peuple de la ville d’Ordos et Meng Zhiquan, ancien secrétaire adjoint du parti de Baotou Iron and Steel (Group) Co.

Plus récemment, le 10 avril, Guo Gang, maire adjoint de Bayan Nur, en Mongolie-Intérieure, a été convoqué dans le cadre d’une enquête.

Les médias chinois ont rapporté que les cas de corruption des fonctionnaires qui ont fait l’objet d’une enquête et qui ont par la suite été privés du pouvoir en Mongolie-Intérieure, comme Yun Guangzhong, Bai Xiangqun, Xing Yun, et Yun Gongmin, sont tous liés à des violations de règlements dans le domaine des ressources en charbon.

Après le 18e Congrès du PCC, la Mongolie-Intérieure a été considérée comme une zone très touchée par la campagne de lutte contre la corruption. (Image : Wikimedia / Ismoon / CC BY-SA)
Après le 18e Congrès du PCC, la Mongolie-Intérieure a été considérée comme une zone très touchée par la campagne de lutte contre la corruption. (Image : Wikimedia / Ismoon / CC BY-SA)
 

Le fait que les hautes sphères du PCC soient intervenues en Mongolie-Intérieure est considéré comme une « guerre d’avant-postes » qui précède un changement de pouvoir à un haut niveau.

Le rôle de successeur de Hu Chunhua serait visé

Selon un article de la presse américaine, tout indique que Xi Jinping pourrait utiliser l’inspection disciplinaire du PCC pour toucher Hu Chunhua et défendre son pouvoir notamment sur le choix de son successeur.

Parmi tous les candidats à la succession du PCC, Hu Chunhua, membre du bureau politique et vice-premier ministre, reste l’un des candidats de premier choix pour devenir membre du comité permanent du 20e Congrès national du PCC.

L’article affirme également qu’il semble curieux et inédit que l’inspection disciplinaire ait lancé l’enquête sur les 20 dernières années d’exploitation du charbon en Mongolie-Intérieure durant cette période difficile de pandémie en 2020. Le lien est fait avec les évènements qui ont précédé le 19e Congrès national, quand la Commission centrale d’inspection disciplinaire a procédé à une inspection spéciale à Chongqing pour ouvrir la voie à la destitution de Sun Zhengcai, le Secrétaire du PCC de Chongqing de l’époque.

Selon l’article, les corruptions dans l’industrie du charbon en Chine ont eu lieu surtout pendant les dix ans d’apogée de l’industrie du charbon, entre 2002 et 2012. Il est certain que si l’accent se porte sur les 20 dernières années d’exploitation du charbon, un focus particulier sera mis sur cette décennie dorée du charbon.

Au cours des 20 dernières années, Liu Mingzu, Chu Bo, Hu Chunhua, Wang Jun, Li Jiheng et Shi Taifeng ont été successivement les secrétaires du Parti communiste chinois (PCC) de Mongolie-Intérieure. Parmi eux, Liu Mingzu, Chu Bo et Wang Jun ont pris leur retraite depuis longtemps, tandis que seul Hu Chunhua, qui était le secrétaire du parti de Mongolie-Intérieure de 2009 à 2012, est toujours en fonction et occupe actuellement le poste de vice-premier ministre du Conseil d’État. Alors que Li Jiheng et Shi Taifeng ont été l’un après l’autre, directement nommés par Xi Jinping, comme secrétaires du PCC en Mongolie-Intérieure, après le 18e Congrès national.

Hu Chunhua n’a jamais été soupçonné de corruption depuis sa prise de poste. (Image : Wikimedia / Province of British Columbia / CC BY-SA)
Hu Chunhua n’a jamais été soupçonné de corruption depuis sa prise de poste. (Image : Wikimedia / Province of British Columbia / CC BY-SA)
 

Selon l’article, cela signifie que le seul fonctionnaire qui soit menacé par cette enquête de l’inspection disciplinaire et qui n’est pas proche de Xi Jinping, est Hu Chunhua.

La rumeur dit que Hu Chunhua et sa famille sont assez disciplinés et discrets. Hu Chunhua n’a jamais été soupçonné de corruption depuis sa prise de poste. Il était autrefois considéré comme l’un des représentants de Hu Jintao, l’ancien chef du Parti communiste chinois, et était le « successeur » désigné de façon transgénérationnelle par Hu Jintao. Avant le 19e Congrès du PCC, il était un candidat de premier choix pour faire partie des membres du Comité permanent du PCC. Mais en fin de compte, Hu Jintao a également été touché par la chute soudaine de Sun Zhengcai.

Il faut noter qu’après le 18e Congrès du PCC, la Mongolie-Intérieure a été considérée comme une zone très touchée par la campagne de lutte contre la corruption. Après ce Congrès national, de nombreux fonctionnaires provinciaux et ministériels de Mongolie intérieure ont été privés de pouvoir : Wang Suyi, Pan Yiyang, Han Zhiran, Zhao Liping, Xing Yun, Bai Xiangqun, Yun Guangzhong, Yun Gongmin, Ma Ming.

Tous ces fonctionnaires, à l’exception de Yun Gongmin, ont travaillé avec Hu Chunhua entre 2009 et 2012. Parmi eux, Wang Suyi, Zhao Liping et Bai Xiangqun ont été promus au poste de vice-ministre pendant le mandat de Hu Chunhua, et Yun Guangzhong a été promu au poste de secrétaire du Parti de la ville charbonnière d’Ordos pendant le mandat de Hu Chunhua. Wang Suyi, Pan Yiyang, Han Zhiran, Xing Yun et Hu Chunhua ont travaillé ensemble dans la même équipe du Comité permanent, tandis que Zhao Liping et Ma Ming ont tous deux travaillé successivement, pendant le mandat de Hu Chunhua, à la tête du département de la sécurité publique de la région autonome de Mongolie intérieure. Parmi eux, Pan Yiyang et Hu Chunhua sont tous deux reconnus comme représentants du camp de la Ligue de la jeunesse communiste (le camp de Hu Jintao) et ayant des liens étroits l’un avec l’autre.

Sous la dictature du PCC, tous les fonctionnaires sont corrompus, et auront des ennuis si le Parti diligente une enquête contre eux.

L’analyse susmentionnée estime que cette fois-ci, Xi Jinping a chargé l’inspection disciplinaire de se pencher sur le problème des mines de charbon en Mongolie intérieure sur les 20 dernières années, si Hu Chunhua se fait prendre sur n’importe quel fait, il est certain qu’il rencontrera beaucoup d’obstacles lors de sa promotion au cours du 20e congrès nationale du PCC en 2022.

Selon les analyses des observateurs, Liu Yunshan, membre du Comité permanent dans le camp de Jiang Zemin, a fait fortune en Mongolie-Intérieure et a été accusé par les médias de Hong Kong d’être le chef de l’« Alliance Shanxi-Mongolie-Intérieure » (Alliance des centres de commerce du charbon de Shanxi et de la Mongolie intérieure). Sa famille a pendant longtemps profité de l’industrie minière locale. Mais nous ne savons toujours pas si l’article susmentionné est une fuite d’information voulue, manipulée par l’un des camps au sein du PCC pour provoquer délibérément un conflit entre Hu et Xi, afin de se protéger.

Sous le choc de la récente épidémie qui a frappé la scène politique, les conflits au sein du PCC font surface de temps à autre. Hu Chunhua a ainsi été pris dans des rumeurs de guerre de pouvoir.

Xi Jinping a dû abandonner le «système à vie» et Hu Chunhua a été désigné en interne comme l’un de ses successeurs au cœur de Zhongnanhai. (Image : Wikimedia / Soramimi / CC BY-SA)
Xi Jinping a dû abandonner le « système à vie » et Hu Chunhua a été désigné en interne comme l’un de ses successeurs au cœur de Zhongnanhai. (Image : Wikimedia / Soramimi / CC BY-SA)
 

Suite à l’arrestation du Prince Rouge Ren Zhiqiang, pour son article de commentaires négatifs sur Xi Jinping, le 22 mars, Chen Ping, un autre Prince Rouge, a transmis sur WeChat une « proposition » aux hauts fonctionnaires et aux membres éminents du PCC, en demandant avec insistance une réunion urgente élargie du Bureau politique du PCC pour discuter de l’aptitude de Xi Jinping à continuer à assurer le rôle de président, de secrétaire général et de chef de la commission militaire. Cette affaire a lancé un pavé dans la mare sur internet en Chine.

Un message Twitter largement diffusé, mais controversé, et faisant référence à Hu Chunhua déclarait : « Le coup d’État a eu lieu et s’est terminé, le successeur est choisi ! Wang Qishan, Wang Yang, Zhu Rongji et d’autres membres éminents du Parti ont uni leurs forces. Wang Qishan a menacé Xi de démissionner en exigeant en contrepartie la libération de Ren Zhiqiang. Xi Jinping a dû abandonner le "système à vie". Li Qiang, Hu Chunhua ont été désignés en interne comme candidats pour la succession. Et ils seront membres du comité permanent du PCC lors de la cinquième session plénière du 19e Comité central du PCC. Ils vont concourir lors du 20e congrès national pour pourvoir respectivement au poste de Secrétaire général et celui de Premier ministre ».

Les internautes ont remis cela en question : « Cela devrait être une fake news. Dans le passé, le monde politique chinois n’a jamais révélé des secrets. Tant que les nouvelles concernant le changement de direction sont confirmées à l’avance, il doit s’agir de fausses nouvelles. Mais bien sûr, ces rumeurs montrent que l’esprit des gens change, et c’est ça qui fait le plus peur au régime chinois ».

Selon Zheng Zhongyuan, le commentateur du média Secretchina, le régime communiste chinois traverse actuellement de graves crises interne et externe. Il ne reste plus aucun candidat compétant dans le gouvernement du PCC, donc il n’est pas certain que le 20e congrès national du PCC ait lieu. Après Xi Jinping, personne ne pourra plus monopoliser le PCC, encore moins l’armée. Peu importe combien de temps Xi Jinping pourra rester au pouvoir, il ne sera suivi par personne. Ces soi-disant successeurs n’auront en réalité aucune chance de succéder à Xi Jinping.

Rédacteur Yao Xu

Collaboration Caroline Daix et Farida L.

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