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Chine. La femme la plus riche d’Asie perd plus de 12 milliards de dollars en raison de la crise immobilière en Chine

ACTUALITÉ > Chine

Yang Huiyan, connue comme la femme la plus riche d’Asie, a perdu plus de la moitié de sa fortune estimée à près de 24 milliards de dollars, touchée par l’aggravation de la crise immobilière en Chine.

Yang Huiyan, originaire de la province du Guangdong, dans le sud de la Chine, a hérité en 2005 de la vaste fortune de son père Yang Guoqiang, fondateur de Country Garden en 1992. Il s’agit de l’un des plus grands groupes immobiliers chinois. Selon le classement Bloomberg des milliardaires, la fortune de Yang Huiyan, évaluée il y a un an à 23,7 milliards de dollars, est aujourd’hui estimée à 11,3 milliards de dollars, soit une perte de plus de 52 %.

Le 27 juin, l’action Country Garden a plongé de 15 %, le marché immobilier du pays étant confronté à une baisse de la demande des acheteurs due à la flambée des prix de l’immobilier. Une récente crise de défaut de paiement de la dette a également englouti certains des plus grands promoteurs chinois, dont le géant de l’immobilier Evergrande Group.

Yang Huiyan est devenue la femme la plus riche d’Asie deux ans après l’introduction de sa compagnie à la Bourse de Hong Kong en 2007. Aujourd’hui, elle est talonnée de près par le magnat des fibres chimiques Fan Hongwei, dont la richesse était estimée à 11,2 milliards de dollars au 26 juillet.

Jusqu’à présent, Country Garden a été relativement épargné par les perturbations du secteur immobilier, mais le groupe a inquiété les investisseurs lorsqu’il a annoncé le 26 juillet qu’il prévoyait de vendre jusqu’à 343 millions de dollars d’actions afin de rembourser ses dettes.

Dans un document déposé à la Bourse de Hong Kong, la société immobilière a déclaré que le produit de la vente serait utilisé pour « refinancer la dette offshore existante, maintenir le capital actuel et développer de futurs projets ».

Au bord de la faillite

Le secteur immobilier chinois a été l’un des principaux moteurs de la croissance rapide du pays, les prix des logements ayant augmenté régulièrement pendant des décennies depuis le milieu des années 1980, offrant des options d’achat garantissant la croissance des revenus de sa « nouvelle classe moyenne ». Selon les analystes de Goldman Sachs, le marché immobilier chinois représente entre 18 et 30 % de l’économie globale du pays.

La femme la plus riche d’Asie perd plus de 12 milliards de dollars en raison de la crise immobilière en Chine
La répression du gouvernement chinois à l’égard du secteur immobilier a également eu des répercussions à long terme sur l’économie du pays déjà en difficulté. (Image : Capture d’écran / YouTube)

Dans le même temps, la répression du gouvernement chinois à l’égard du secteur immobilier a également eu des répercussions à long terme sur son économie déjà en difficulté. Les investisseurs se sont vus retirer des millions de dollars suite à la crise d’Evergande. Dans une tentative désespérée de contenir une partie des pertes, les promoteurs ont essayé de faire grimper les prix des logements, ce qui a eu pour conséquence que de nombreux acheteurs n’ont pas pu s’offrir de nouveaux logements ou ont choisi de ne plus acheter du tout.

Les mesures réglementaires visant à lutter contre la forte dépendance des promoteurs vis-à-vis des prêts bancaires ont aussi entraîné une hausse massive des prix des logements.

Les principaux acteurs, tels qu’Evergrande et Sunac, ont eu du mal à effectuer leurs paiements, ce qui les a contraints à renégocier avec leurs créanciers dans l’espoir de voir leur dette restructurée. La dette d’Evergrande atteint désormais 300 milliards de dollars après l’échec d’un accord de 2,6 milliards de dollars en octobre dernier, ce qui a conduit l’entreprise à ne pas rembourser sa dette fin décembre de l’année dernière.

Un système défectueux

Selon le journal Caixin de Chine continentale, les acheteurs impliqués dans des dizaines de projets de logements inachevés à travers le pays « refusent d’effectuer des paiements hypothécaires pour protester contre le non-respect des délais de construction par les promoteurs ». Le 14 juillet, des acheteurs ont adressé une pétition aux autorités locales pour demander aux promoteurs de reprendre la construction et de livrer les projets comme promis.

Sous la pression, les régulateurs de Pékin ont changé d’avis le 21 juillet, s’engageant à aider les gouvernements locaux à terminer leurs projets immobiliers dans les temps. Selon Bloomberg, le 25 juillet, le gouvernement aurait proposé des mesures permettant aux propriétaires d’interrompre temporairement leurs paiements hypothécaires pour des projets immobiliers inachevés sans affecter leur cote de crédit.

« Le refus des propriétaires de payer les hypothèques sur les propriétés inachevées dans toutes les villes de Chine et les manifestations de masse dans le Henan par les déposants des banques qui réclament le remboursement de leurs économies et condamnent la corruption du gouvernement sont une autre manifestation des énormes défis auxquels Pékin est confronté actuellement », a déclaré au Guardian, Diana Choyleva, économiste en chef chez Enodo Economics, un cabinet de conseil en macroéconomie basé à Londres.

Rédacteur Fetty Adler
Collaboration Jo Ann

Source : Asia’s Wealthiest Woman Loses $12 Billion in China’s Real Estate Crisis

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