La forêt, un trésor à respecter

Par Sarita Modmesaib
Le 29/10/2019
En Europe, la France arrive ainsi en 3ème position derrière la Suède et la Finlande en terme de surface boisée. (pixabay)
En Europe, la France arrive ainsi en 3ème position derrière la Suède et la Finlande en terme de surface boisée. (pixabay)

 

Avec 17 millions d’hectares sur le territoire métropolitain, les forêts françaises se portent bien. 

Chênes, hêtres, châtaigniers, pins maritimes ou épicéas peuplent autant les littoraux que les montagnes ou les plaines, parsemant ainsi des paysages caractéristiques de la grande diversité du patrimoine environnemental de la France. 

Et c’est sans compter les espaces boisés d’Outre-mer qui couvrent quelques 8,7 millions d’hectares, la Guyane se plaçant en championne avec 7,5 millions d’hectares de forêt amazonienne couvrant 85% de son territoire !

En Europe, la France arrive ainsi en 3ème position derrière la Suède et la Finlande en terme de surface boisée, et cela pourrait encore évoluer positivement puisque cette surface, qui a doublé en 160 ans, continue encore de progresser (+0,7% par an).

 

Les espaces boisés d’Outre-mer qui couvrent quelques 8,7 millions d’hectares. (pixabay)
Les espaces boisés d’Outre-mer qui couvrent quelques 8,7 millions d’hectares. (pixabay)

 

L’histoire qui a favorisé le retour de la forêt

Si le bois a constitué pendant des siècles l’élément principal de chauffage pour les hommes, la substitution de ce bois par le charbon puis le pétrole lors de la révolution industrielle, a participé à la diminution des coupes d’arbres en forêt. 

Un autre aspect moins heureux de cette révolution industrielle, fut l’exode rural dû à l’apparition des usines en villes, qui a engendré une déprise agricole et libéré certaines terres, notamment en montagne. 

Parallèlement, des politiques successives de reboisement furent entamées dès 1860, favorisant le reboisement en montagne, mais aussi sur certains littoraux, tels que celui des Landes, dont le massif forestier constitue aujourd’hui la plus grande forêt artificielle d’Europe occidentale !

 

Au Japon, le « bain de forêt », consiste à aller se promener en forêt afin de se reconnecter à cette nature. (pixabay)
Au Japon, le «bain de forêt», consiste à aller se promener en forêt afin de se reconnecter à cette nature. (pixabay)

 

La forêt, un produit-santé ?

Blanche-Neige, Le Petit Poucet ou la Belle au Bois Dormant… Nous connaissons tous ces contes qui alimentèrent pendant des siècles les mythes fondés sur la peur du loup, des créatures de la nuit et plus largement, sur la peur de la forêt. 

Et pourtant ! Nous savons aussi depuis toujours que la forêt est source de bienfaits considérables pour le vivant : génératrice de l’oxygène vital, porteuse de nourriture, protectrice de la faune et d’une flore aux propriétés médicinales pour nous, les humains… Depuis quelques années, la forêt a pris une dimension toute particulière dans une société centrée sur une urbanisation galopante où le béton, la pollution et le bruit côtoient des technologies prônant le virtuel, et nous éloignant toujours un peu plus de la nature…

Le Japon, pays des technologies nouvelles par excellence, tente de rétablir cet équilibre fragile : le shirin (forêt) yoku (bain), traduisez par «bain de forêt», consiste à aller se promener en forêt afin de se reconnecter à cette nature. 

Il s’agit bien plus que d’une tendance : les Japonais semblent réellement convaincus des bienfaits des arbres sur la santé ! Ici, plus de téléphone portable ou d’appareil électrique, il s’agit de faire le vide dans sa tête et, tout en marchant, ressentir seulement la forêt par les 5 sens : écouter le vent dans les arbres, le chant des oiseaux, admirer le sous-bois et les rayons de soleil venant y jouer, toucher les arbres, les fleurs, plonger les mains dans l’eau d’un ruisseau, sentir les odeurs des arbres, goûter aux fruits des bois, …

 

Les vertus de la marche en forêt sont multiples et favorisent la production d’endorphines et de dopamines, ces fameuses « hormones du bonheur ». (pixabay)
Les vertus de la marche en forêt sont multiples et favorisent la production d’endorphines et de dopamines, ces fameuses «hormones du bonheur». (pixabay)

 

Les vertus de la marche en forêt sont multiples : outre une action anti-stress du fait d’une réduction du cortisol, hormone du stress, on peut noter une diminution du rythme cardiaque et de la tension artérielle, tout en favorisant la production d’endorphines et de dopamines, ces fameuses «hormones du bonheur». La marche est aussi connue pour son action positive sur la digestion, mais aussi pour l’amélioration des capacités de concentration et d’imagination.

Plus encore, des études menées par le département de santé publique de la Nippon Medical School, ont montré qu’une immersion en forêt pouvait  fortement stimuler les cellules NK (Natural Killer) du système immunitaire, d’un point de vue quantitatif et qualitatif.

 

Les arbres communiquent entre eux et probablement avec les autres êtres vivants, y compris nous, les humains ! (pixabay)
Les arbres communiquent entre eux et probablement avec les autres êtres vivants, y compris nous, les humains ! (pixabay)

Un trésor à protéger 

Grands, maigres, épais ou noueux, majestueux ou filiformes, les arbres ne sont pas si différents des humains. Et même s’ils ne se déplacent pas, des études ont montré qu’ils communiquent entre eux et probablement avec les autres êtres vivants, y compris nous, les humains !

Cet été aura encore été le théâtre d’incendies de forêts, le plus médiatisé étant celui, gigantesque, de la forêt amazonienne. Le respect et la sauvegarde des arbres deviennent pour beaucoup, une priorité. L’éducation au respect des arbres se développe : La France organise chaque année un concours de l’ «Arbre de l’Année». Tout citoyen, entreprise, école peut proposer un arbre candidat au concours. Son équivalent européen existe aussi maintenant via www.treeoftheyear.org

 

Le 5 avril 2019, la Déclaration des Droits de l’arbre, composée de cinq articles, a été proclamée à l’Assemblée nationale,  rappelant le caractère vivant de l’arbre. (pixabay)
Le 5 avril 2019, la Déclaration des Droits de l’arbre, composée de cinq articles, a été proclamée à l’Assemblée nationale, rappelant le caractère vivant de l’arbre. (pixabay)

 

La reconnaissance de l’arbre en tant qu’être vivant à part entière passe aussi par l’instauration de ses droits. Le 5 avril 2019, la Déclaration des Droits de l’arbre, composée de cinq articles, a été proclamée à l’Assemblée nationale, rappelant le caractère vivant de l’arbre, qui «joue un rôle fondamental dans l’équilibre écologique de la planète» et «ne pouvant être réduit à un seul objet».

Certains arbres peuvent aussi être «jugés remarquables par les hommes, pour leur âge, leur aspect ou leur histoire», méritant donc «une attention supplémentaire» et nécessitant une protection particulière de la part des hommes comme «monuments naturels».

Il est souhaitable que ces nouvelles mesures favorisent une prise en compte de l’arbre et plus globalement de la plante, comme un être vivant à respecter et à préserver.