Le Monde deviendrait-il fou ?

Par Christine Modock
Le 24/03/2020
Aurait-on perdu en un demi-siècle tous les repères de moralité, de droiture, de justice et de bienveillance ? (Image : Gerd Altmann / Pixabay)
Aurait-on perdu en un demi-siècle tous les repères de moralité, de droiture, de justice et de bienveillance ? (Image : Gerd Altmann / Pixabay)
 

Depuis plusieurs décennies, les évènements qui touchent notre société sont particulièrement violents. La plupart des économistes, philosophes et analystes font le constat années après années, que le monde va de plus en plus mal.

Une forme de chaos semble s’installer presque partout et l’homme ne cesse de dénoncer les maux qui déchirent notre monde : conflits sociaux, guerres, exterminations, génocides, attentats, récriminations à l’égard des institutions et des élus, meurtres, assassinats, viols, infanticides, pédophilie et même le Covid-19… en 30 ans une folie collective s’est emparée du paysage citoyen.

On n’y comprend plus rien. Aurait-on perdu en un demi-siècle tous les repères de moralité, de droiture, de justice et de bienveillance, qui faisaient que l’homme se différenciait nettement de l’animal ?

Aimé Césaire, poète et philosophe du XXe siècle, évoquait déjà cette question de la folie du monde en 1955, dans son discours sur le colonialisme : «… Au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et interrogés, de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a un poison instillé dans les veines de l’Europe et le progrès lent mais sûr de l’ensauvagement du continent.»

Serions-nous déjà arrivés au stade de l’ensauvagement de l’humanité ?

Les causes de la folie du monde

Les causes de cette folie collective sont multiples et variées. Elles agissent avec subtilité dans le cerveau de l’homme, en lui inculquant subversivement des notions, des images, des méthodes, un savoir-faire, mais aussi une musique et des arts, tous empreints de nouveautés, mais qui contribueraient cependant à la destruction des repères traditionnels, basés sur la moralité, le bon sens et la bienveillance.

La technologie, la révolution industrielle qui ont conduit au progrès de l’humanité, semblent avoir des revers néfastes. Au XXe siècle, le progrès de l’industrialisation va amener de nombreux changements dans le domaine économique et social. Des transformations importantes, voire radicales, seront réalisées pour apporter une amélioration aux conditions de vie des populations. Grâce à l’électronique, l’informatique, l’électricité, le pétrole, le nucléaire, la vie en société va être améliorée et de grandes avancées économiques, scientifiques et sanitaires vont être apportées.

L’arrivée de nouvelles machines, l’amélioration des transports, la révolution de la médecine, la conquête spatiale, vont permettre de réelles avancés à notre civilisation moderne. Mais s’il y a des avantages, il y a aussi des inconvénients. Très rapidement les effets nocifs des techniques industrielles vont se faire sentir sur l’environnement, mais aussi sur l’homme par l’apparition de maladies incurables.

Mais les pollutions les plus destructrices pour l’équilibre mental de l’humain seraient, selon les scientifiques, le portable et l’informatique. Les scientifiques ne cessent d’alerter le monde sur la dangerosité de ces outils. La technologie numérique qui a été créée pour le bien-être de l’homme : lui faciliter la vie et lui permettre de gagner du temps, serait d’après les scientifiques un facteur aggravant «de la dégradation de la santé mentale», selon une enquête sur l’impact de l’utilisation des outils numériques sur la charge mentale des salariés, menée par l’Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail (l’ANACT).

«L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) a publié le 21 octobre 2019 son avis relatif aux effets sanitaires liés aux ondes émises par les téléphones mobiles lorsqu’ils sont utilisés près du corps. L’avis ne met pas en évidence de danger grave et immédiat, mais souligne que les résultats des études scientifiques publiés à ce jour, ne permettent pas d’exclure l’apparition d’effets biologiques chez l’homme au-delà de certains seuils», selon le Ministère des Solidarités et de la Santé.

 

La technologie numérique, qui a été créée pour le bien-être de l’homme, serait d’après les scientifiques un facteur aggravant «de la dégradation de la santé mentale». (Image : Pixabay)
La technologie numérique, qui a été créée pour le bien-être de l’homme, serait d’après les scientifiques un facteur aggravant «de la dégradation de la santé mentale». (Image : Pixabay)
 

Selon Business Insider France «Certaines tâches sont mieux réalisées loin du téléphone». L’endocrinologue Robert Lustig a déclaré dans Business Insider que «Les notifications de nos téléphones entraînent nos cerveaux à être dans un état presque constant de stress et de peur en créant une voie de mémoire stress-peur. Et un tel état signifie que le cortex préfrontal, la partie de notre cerveau qui traite normalement certains de nos plus hauts fonctionnements cognitifs, est complètement détraqué et s’arrête, en somme».

Certaines études seraient encore plus pessimistes. Des chercheurs de l’université de Bordeaux ont démontré que les mobiles pouvaient entraîner un risque de tumeur cérébrale aggravé pour les gros utilisateurs.

Toutefois, les avis semblent encore partagés : «Les ondes électromagnétiques ont-elles des effets potentiellement néfastes sur la santé humaine ? C’est ce qu’ont récemment montré plusieurs études, sur les rats et souris et sur les cellules humaines. Pour le PRIARTEM (collectif des électrosensibles), c’est la preuve que les prudentes recommandations de la Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants (ICNIRP) publiées en juillet 2018 sont "inadéquates" pour protéger les humains et l’environnement. Mais du côté des scientifiques à l’origine des études et des autorités, on reste prudent face au manque de recul dans le domaine», selon Sciences Avenir. On sait que l’usage répété des téléphones portables et des écrans aurait l’effet d’«impacter le cristallin de l’œil et favoriser la myopie».

Les effets du wifi seraient tout aussi dangereux, car il peut provoquer des insomnies, des tremblements, des maux de tête, des problèmes de concentration, voire des problèmes cardiaques. Et ces instruments développent aussi une sorte de «pathologie de l’anxiété» avec des «troubles de névrose hypocondriaque» se traduisant par la peur, l’obsession d’être malade.

Enfin, une autre donne sur la folie des hommes est celle de nos élites, qui ne remplissent plus leur rôle. Dans le passé, les élus et les notables, ceux qui occupent les premières places dans l’échelle sociale, avaient une rigueur dans leur moralité, leur mode de vie et leurs conceptions. Ils savaient qu’ils étaient des modèles et attachaient beaucoup d’importance aux valeurs morales. Aussi, leur critère de droiture et d’honorabilité était élevé et la population leur vouait beaucoup de respect.

Aujourd’hui tout a changé, certains d’entre eux ont été «épinglés» pour imprudence, inconduite, égarement, perversion, corruption… C’est le cas en France d’anciens premiers ministres, ministres, président de la République, qui se voient accusés de corruption ou de détournement de fonds.

Un espoir pour l’humanité ?

Certains répondent oui à cette question, tandis que d’autres, moins optimistes pensent que le monde est perdu et qu’il n’y a plus rien à faire, persuadés que l’on arrive à une phase finale où cette terre devrait-être détruite. 

En fait, que veut l’homme ? Selon Paula Davis-Laack, Auteur, conférencier, avocat devenu expert en stress et résilience, sur huffingtonpost.fr, «les gens heureux sont connectés à leur famille leurs voisins, leurs lieux de culte et leurs communautés. Ensuite, ils s’engagent dans des activités qui conviennent à leurs forces, à leurs valeurs et à leur façon de vivre. Ils expriment aussi leur reconnaissance».

La notion de bonheur est vieille comme le monde. Pour le philosophe grec Aristote (384 -322 av. J.-C), «La recherche du bonheur serait le but de toute la vie. Mais qu’est-ce que le bonheur ? Est-ce la recherche des plaisirs ? S’agit-il plutôt de trouver une sérénité plus durable que le plaisir ? Où plus simplement le fait de s’éviter des souffrances inutiles ?» (Sagesse antique).

Le Rapport annuel de l’ONU sur le bonheur, a mis en exergue les facteurs importants pour mesurer la notion de bonheur. «Ils ont repéré les six facteurs importants du bien-être ... comme le PIB par tête, l’espérance de vie en bonne santé, ou encore l’absence de corruption...»

Ce rapport souligne «que plus un individu est heureux, plus il est productif, plus il vit longtemps, gagne davantage et se comporte plus civilement en société. Bonheur et bien-être devraient donc être érigés en tant qu’objectifs de politique publique, non seulement pour leur finalité en tant que tels mais aussi pour leurs nombreux effets secondaires positifs», selon huffingtonpost.fr.

Mais malgré tout, le constant dans la plupart des continents est celui d’une réelle insatisfaction des populations. Lorsque des mesures sont prises pour apporter un mieux-être au peuple, elles sont immédiatement critiquées dans un sens ou un autre, car elles ne correspondent plus aux attentes de la population. Ainsi, il apparaît que «rien ne puisse guérir cette société».

 

Cette pratique est actuellement interdite en Chine, mais librement pratiquée partout dans le monde. (Image : Wikimédia / ClearWisdom.net / CC BY-SA)
Cette pratique est actuellement interdite en Chine, mais librement pratiquée partout dans le monde. (Image : Wikimédia / ClearWisdom.net / CC BY-SA)
 

Comment guérir le mal être mondial de cette société ?

Beaucoup d’économistes, d’analystes et philosophes se sont penchés sur cette question sans trouver de solution globale.

Pour Aristote, «Le bonheur humain réside dans une activité de l’âme conforme à la vertu». Il précise que «le bonheur repose sur la conformité à la raison et à la vertu».

Une pratique ancestrale chinoise, appelée Falun Dafa ou Falun Gong, préconise de mettre en application des principes issus du Bouddhisme et du Taoïsme, basés sur «l’Authenticité, la Compassion et la Tolérance». Cette pratique est actuellement interdite en Chine, mais librement pratiquée partout dans le monde. Les pratiquants de Falun Gong au regard «des principes issues du Bouddhisme et du Taoïsme» se tournent vers l’intérieur pour purifier leur cœur et s’améliorent sans cesse en pratiquant une série d’exercices, dont la méditation, et en mettant en application «l’Authenticité, la compassion et la Tolérance».

Le retour aux vraies valeurs de l’humanité pourrait-il être une issue possible pour  contribuer à la paix de l’esprit  et au mieux être de l’homme ?