Qui était Lapalisse ? Quel homme se cache derrière ce patronyme ? L’Histoire a surtout retenu ce qu’on appelle les vérités de Lapalisse ou les lapalissades Avec cet article, nous allons rendre hommage à celui qui fut un véritable héros de la Renaissance. C’est bien malgré lui qu’il est à l’origine d’une expression populaire.
Jacques II de Chabannes issu d’une lignée prestigieuse
Jacques II de Chabannes, plus connu sous le nom de Jacques de Chabanne de la Palice ou encore Lapalisse est né vers 1470 dans le Bourbonnais. Cette ancienne province correspond de nos jours au département de l’Allier. Aristocrate issu de la vieille noblesse française, Jacques de Chabannes vient d’une lignée prestigieuse. Cet aîné d’une fratrie de huit enfants a pour mère Charlotte de Prie qui fut la demoiselle d’honneur de la reine Marie d’Anjou. Son père, Geoffroy de Chabannes fut le conseiller et le chambellan du roi.
Quant à son grand-père, Jacques I de Chabannes, il se distingua en tant que vénérable compagnon d’armes de Jeanne d’Arc. Il eut l’honneur de délivrer le donjon de Vincennes de la présence des Anglais et le remit aux mains du roi Charles VII. Ainsi fort de cet exemple Jacques II de Chabannes réussit à se mettre au service de trois rois à savoir Charles VIII, Louis XII et enfin François 1er.
Qualités militaires dévoilées sous Charles VIII
Il se distingue très jeune, dès l’âge de 15 ans par ses faits militaires au service du roi Charles VIII, lui aussi âgé de 15 ans. Jacques de La Palice montre son ardeur au combat à la bataille de Saint-Aubin du 24 juillet 1488. Les troupes françaises mettent en déroute les Bretons : une victoire qui marque la fin de la Guerre folle. Rappelons que ce conflit opposait les seigneurs féodaux à la régente Anne de Beaujeu, fille de Louis XI.
À partir de 1495, La Palice combat auprès de son roi dans les guerres d’Italie.

Sous le roi Louis XII, l’art de commander se développe
À la mort du roi Charles VIII en 1498, Jacques II de La Palice se range aux côtés du nouveau roi Louis XII. Ses qualités de dirigeant s’affirment auprès de ce monarque revendiquant ses droits sur le duché de Milan et le royaume de Naples. Il obtient le titre de vice-roi aux Abruzzes. Il aura su conquérir plusieurs places fortes dans cette partie de l’Italie convoitée par la France. Cependant après sa défaite en 1502, il est incarcéré et retrouve la liberté seulement deux ans plus tard en 1504. Cette même année il perd son épouse.
En 1511, ses hauts faits d’arme lui valent de se retrouver à la tête des troupes françaises et d’obtenir l’une des plus prestigieuses distinctions : il est nommé Grand maître de France.
Mais la France doit mettre fin à ses prétentions italiennes. « Le traité de Dijon du 14 septembre 1513 scelle la défaite française et la fin du rêve italien de Louis XII. La Palice s’échappe peu après la conclusion de la paix et se retire sur ses terres au château de La Palice » peut-on lire sur le site monbourbonnais.com.

Sous François 1er : la gloire
Puis survient la mort de Louis XII le 1er janvier 1515. C’est François 1er, neveu du roi Louis XII qui lui succède. Le jeune roi ne tarde pas à s’entourer des personnages influents sous le règne de son prédécesseur. Il destitue Jacques de La Palice de son titre de Grand maître de France pour l’élever à une dignité supérieure, celle de Maréchal de France. Pour le vétéran qu’est devenu La Palice, c’est l’heure de gloire.
Dans le même temps, le roi François 1er n’a point renoncé à ses prétentions italiennes et sous son impulsion les gueres d’Italie reprennent de plus belle. L’expertise militaire du nouveau maréchal de France alias Jacques de Chabannes de La Palice est mise à contribution. La France lors de la bataille de Marignan du 13 et du 14 septembre 1515 connaît l’une de ses victoires les plus emblématiques.
En revanche dix années plus tard, la bataille de Pavie apporte son lot de mort et de désolation. L’intrépide La Palice désarçonné de sa monture succombe sous les coups d’un adversaire espagnol le 24 février 1525. La défaite cuisante de la France sonne le glas des ambitions italiennes face au puissant Charles Quint.
La mort de La Palice : à l’origine des lapalissades ?
Pour rappel, une lapalissade est une vérité si évidente qu’elle passe pour saugrenue, voire dépourvue d’intérêt, par exemple : « Un quart d’heure avant sa mort, il était encore vivant ». Mais d’où vient le lien avec le personnage de La Palice que nous avons évoqué dans cet article ?
Selon la légende, à la mort de La Palice, ses soldats pour lui rendre hommage ont inventé une complainte qui disait :
Hélas ! La Palice est mort,
Il est mort devant Pavie,
Hélas ! S’il n’était pas mort,
Il ferait encore envie.
Au fil du temps, les derniers vers se sont déformés d’autant qu’au XVe siècle le « s » et le « f » se ressemblaient. Les vers cités plus haut sont devenus :
Hélas ! S’il n’était pas mort,
Il serait encore envie.
C’est ainsi que le personnage de La Palice ou Lapalisse, ce héros chevaleresque tant admiré par ses pairs s’est mué en personnage ridicule. Le plus souvent, une vérité banale, niaise entraînait la réflexion suivante : « Lapalisse n’aurait pas dit mieux ! »
C’est bien malgré lui et à ses dépens que s’est bâtie la réputation peu enviable des lapalissades. Cet article aura tenté de jeter un autre regard sur Jacques II de Chabannes dit Lapalisse.
Collaborateur Evelyne Boiléve
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