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Bien-être. Au cœur des tempêtes émotionnelles de l’enfant

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Dans les pays occidentaux, l’enfant victime de tempêtes émotionnelles n’est pas bien considéré. Il est souvent demandé aux parents de savoir le contenir, l’évaluer, le corriger et le médicaliser. Au bout de quarante années de recherches, une nouvelle orientation peut enfin être envisagée. Elle se résume en une pratique quotidienne d’une grande simplicité, qui consiste à comprendre ces enfants et à bâtir avec eux les bases de leur devenir. 

Cet article propose d’aborder l’ensemble des observations et ce qu’elles ont en commun, tout en permettant aux parents de porter un regard différent sur les tempêtes émotionnelles de l’enfant.

L’appel de l’école maternelle

Au cœur des tempêtes émotionnelles de l’enfant
L’enfant aux émotions débordantes dérange à l’école et devient rapidement source de préoccupations pour ses parents. Il est facile de se souvenir avec précision de ce premier appel : à l’autre bout du fil, une enseignante épuisée utilise un ton prudent, non accusateur. (Image : bialasiewicz / envato)

L’enfant aux émotions débordantes dérange à l’école et devient rapidement source de préoccupations pour ses parents. Il est facile de se souvenir avec précision de ce premier appel : à l’autre bout du fil, une enseignante épuisée utilise un ton prudent, non accusateur : « il a frappé un autre enfant aujourd’hui », « il est fermé à l’autorité », « quand on lui a demandé de ranger son jeu, il a hurlé plusieurs minutes d’affilées », etc. L’enseignante relate des faits, décrit des situations précises. Mais ce qui se cache derrière ce monologue, veut tout simplement dire : « il y a peut-être quelque chose qui ne va pas chez lui ».

Vous raccrochez. Vous n’en parlez pas de suite à votre conjoint(e). Assis(e) dans votre voiture, vous essayez de vous souvenir comment cela a pu commencer. Vous revoyez votre enfant plus jeune, assez agité, faisant des crises à la maison sans pouvoir le calmer. À l’époque, cela vous avait interpellé, mais vous n’y accordiez pas plus d’importance. Maintenant scolarisé, vous avez conscience que vous allez devoir faire face à des demandes d’évaluations auprès de professionnels de santé. Pour en avoir entendu parler, vous savez qu’il s’agit d’une vraie bataille de plusieurs années pour établir un véritable diagnostic. Tout à coup, votre ciel s’assombrit.

Sachez pourtant que vous n’êtes pas seul(e) à avoir reçu ce premier appel. Depuis 40 ans, nombreux sont les parents qui, comme vous, ont été alertés par l’école. Ils ont alors été envahis de doutes et d’inquiétudes en pensant à l’avenir de leurs enfants

Que se passe-t-il réellement chez cet enfant aux émotions explosives ?

Au cœur des tempêtes émotionnelles de l’enfant
La dysrégulation émotionnelle dans la petite enfance, définie comme une incapacité à contrôler et à moduler l’intensité et l’expression des émotions, est désormais classée par les chercheurs en développement de l’enfant comme un facteur de risque transdiagnostique. (Image : westend61 / envato)

La dysrégulation émotionnelle dans la petite enfance, définie comme une incapacité à contrôler et à moduler l’intensité et l’expression des émotions, est désormais classée par les chercheurs en développement de l’enfant comme un facteur de risque transdiagnostique. Elle se manifeste à travers l’autisme, les TDAH, les troubles anxieux, les troubles du comportement, et chez un grand nombre d’enfants qui ne répondent à aucun critère de diagnostic clinique.

Les cris, les crises de colère, l’incapacité à gérer les transitions, etc., ces symptômes se retrouvent chez des enfants différents les uns des autres, mais partageant le même mécanisme sous-jacent : un processus neuronal dont la capacité de régulation n’est pas encore pleinement développée. Par exemple, lorsqu’un enfant de 4 ans crie pendant plusieurs minutes, il n’est pas juste de dire qu’il refuse de se calmer. Il en est tout simplement incapable. Les connexions neuronales ne sont pas encore établies.

Plus précisément, les connexions qui lui font défaut sont celles entre l’hémisphère gauche – langage, séquençage, logique – et l’hémisphère droit – émotions, intuition, sensations corporelles. Les ergothérapeutes pédiatriques appellent cela le franchissement de la ligne médiane. Ils insistent depuis des décennies sur le fait que lorsqu’un enfant ne peut pas déplacer sa main droite vers le côté gauche de son corps, il lui sera aussi très compliqué d’exprimer une sensation brute par des mots.

Lorsque la connexion entre les hémisphères est solide, l’enfant peut mettre des mots sur ce qu’il ressent, et la sensation devient identifiable. Lorsque cette connexion est fragile, la sensation est trop forte et incontrôlable. Il ne peut donc être puni pour quelque chose dont il n’est pas fautif. 

Au cœur des tempêtes émotionnelles de l’enfant
Les ergothérapeutes pédiatriques appellent cela le franchissement de la ligne médiane. Ils insistent depuis des décennies sur le fait que lorsqu’un enfant ne peut pas déplacer sa main droite vers le côté gauche de son corps, il lui sera aussi très compliqué d’exprimer une sensation brute par des mots. (Image : gpointstudio / envato)

Pourquoi le contrôle ne fonctionne pas et pourquoi tous les parents persistent à l’exercer

En Occident, la réaction innée face à un enfant aux émotions décuplées, consiste à tenter de le faire taire et à contenir ses débordements. On le gronde, on l’isole quelques minutes, on le prive de certains privilèges, et on le soupçonne même de manipulation. Lorsque ces approches échouent, donner un écran pour calmer l’enfant est souvent le recours le plus facile. L’écran est, parmi ces réponses, celle qui a fait l’objet du plus grand nombre d’études. En 2024, une équipe de recherche dirigée par Veronika Konok, Chercheur au département d’éthologie de l’université Eötvös Loránd à Budapest, a mené une étude pendant un an sur 265 binômes parent-enfant.

Cette étude montre que lorsque les parents ont recours à des appareils numériques pour calmer les crises de leurs enfants dès l’âge de trois ans et demi, ces derniers présentent une moins bonne gestion de la colère et un contrôle moins efficace de leurs émotions à l’âge de quatre ans et demi. Le téléphone portable n’est pas une tétine neutre. Il dispense le cerveau de l’enfant du travail de régulation qu’il est censé effectuer pendant la crise – et, avec le temps, les difficultés de régulation s’installent dans la durée.

Mais l’échec sans appel des stratégies de contrôle, qu’elles passent par l’utilisation ou non d’un écran, vient du postulat selon lequel l’enfant choisit son comportement. Or, ce n’est pas le cas. Il exprime plutôt l’état d’un cerveau et d’un système émotionnel encore en construction. Essayer de corriger le comportement de l’enfant ne suffit pas à faire mûrir ce système. Les parents le savent. Chaque escalade de la punition aggrave la crise suivante, au lieu de l’apaiser. Malgré tout, ils persévèrent, faute de moyens et de conseils, et tombent dans l’épuisement.

L’approche orientale : la culture plutôt que la correction

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L’approche occidentale considère le caractère comme quelque chose à corriger. Dans le cadre de l’éducation orientale, le caractère est perçu comme une qualité à cultiver, que l’enfant développe au fil du temps, grâce à des habitudes quotidiennes structurées. (Image : Rawpixel / envato)

Il existe un autre modèle. Plus ancien que la psychologie du développement, il n’a jamais été proposé comme alternative à la plupart des parents occidentaux. Les traditions parentales d’Asie de l’Est, influencées par le confucianisme, ne sont pas plus douces que les mœurs occidentales. De nombreuses études comparatives les trouvent même plus exigeantes, plus structurées et parfois plus autoritaires. Mais les idées de départ sont très différentes. 

L’approche occidentale considère le caractère comme quelque chose à corriger – une caractéristique de l’enfant, acceptable ou inacceptable selon les situations, et que l’on cherche à contrôler à travers son comportement. Dans le cadre de l’éducation orientale, le caractère est perçu comme une qualité à cultiver, que l’enfant développe au fil du temps, grâce à des habitudes quotidiennes structurées.

La différence tient à la manière dont on aborde l’enfant difficile. Dans une approche occidentale, il est souvent perçu comme ayant un « mauvais comportement », et la réponse consiste à le corriger. Dans une approche orientale, l’enfant est vu comme étant encore en construction et la réponse relève davantage de l’éducation. La différence va bien au-delà des mots. « Cultiver » renvoie à une pratique quotidienne progressive tandis que « corriger » implique un jugement. Un enfant que l’on cultive est en train de se construire. Un enfant que l’on corrige est d’abord évalué.

Il ne s’agit pas ici de d’affirmer que l’éducation orientale est dans l’ensemble plus saine. Il est plus juste de dire que le modèle oriental conserve des valeurs profondes : l’enfant difficile a besoin d’être construit et non réparé. Cette construction se fait par de petits gestes quotidiens et répétés qui ne ressemblent en rien à de la discipline. Le cadre occidental se demande : « Comment faire cesser ce comportement ? » L’approche orientale pose la question suivante : « quelle pratique quotidienne permettra à cet enfant de faire ce dont il est actuellement incapable ? »

Évaluer l’impact réel de 20 minutes de jeu sur le cerveau d’un enfant 

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Les mouvements coordonnés qui traversent la ligne médiane du corps obligent les deux hémisphères à communiquer. Répétés quotidiennement, ces mouvements deviennent plus rapides, plus fluides et plus accessibles en situation de stress. (Image : YuriArcursPeopleimages / envato)

Nous entrons au cœur du sujet. De plus en plus d’études en pédiatrie et en ergothérapie soutiennent une affirmation qui aurait pu paraître marginale il y a 20 ans. Les activités motrices et de coordination courtes, exercées quotidiennement, dans un cadre structuré, renforcent sensiblement les connexions neuronales entre les hémisphères cérébraux de l’enfant. Ce renforcement favorise une amélioration de l’attention, de la régulation émotionnelle et une meilleure maîtrise de soi.

Une étude de 2024, publiée dans la revue scientifique Frontiers in Psychiatry, a testé un programme d’exercices d’intégration bilatérale auprès de 27 élèves présentant une déficience intellectuelle modérée. Il a été constaté des améliorations des fonctions cognitives. Ce programme peut également s’appliquer aux enfants ayant un développement normal. Les mouvements coordonnés qui traversent la ligne médiane du corps obligent les deux hémisphères à communiquer. Répétés quotidiennement, ces mouvements deviennent plus rapides, plus fluides et plus accessibles en situation de stress. Le même enfant qui, à quatre ans, ne pouvait réprimer sa colère, devient capable, à six ans, de mettre des mots pour exprimer sa contrariété avant même de crier.

Les exercices sont d’une simplicité déconcertante. Il s’agit par exemple de : trier des bonbons de couleurs différentes dans des bols en utilisant les deux mains simultanément – dessiner des huit dans l’air avec une main, puis avec l’autre, puis avec les deux – faire des déplacements croisés – toucher son genou droit avec la main gauche, puis son genou gauche avec la main droite en rythme – se lancer une balle à deux mains – marcher à quatre pattes tel un animal – faire des sauts en latéral – marcher en alternant les bras et les jambes. Aucun de ces exercices ne ressemble à une thérapie. Ils sollicitent tous le même circuit. 

Il est important de souligner qu’une pratique courte peut entraîner des effets significatifs. Il suffit de quinze à vingt minutes d’exercices par jour pour observer des changements positifs. Il ne s’agit en aucun cas pour des parents épuisés d’y voir une charge supplémentaire et hors de portée. Autrement dit, ces quelques minutes existent souvent déjà : ce sont celles où l’enfant est devant les écrans, ou celles que vous lui laissez pour s’occuper tout seul. 

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La recherche souligne le rôle essentiel du parent lors de ce temps passé avec l’enfant. Le principe est simple. L’enfant va parvenir à gérer ses émotions grâce à la présence calme et rassurante de son parent. (Image : elmedoks / envato)

Tempêtes émotionnelles de l’enfant : le parent est l’acteur central du changement 

La recherche souligne le rôle essentiel du parent lors de ce temps passé avec l’enfant. Une étude publiée dans Frontiers in Psychologyen 2024 démontre qu’occuper l’enfants avec de vrais jouets réduit considérablement les crises de colère, contrairement aux écrans qui à l’inverse vont les amplifier. Quel que soit le niveau d’études des parents, les capacités de l’enfant ou les règles éducatives données, le véritable bénéfice se trouve dans ces moments de jeux partagés.   

Le principe est simple. L’enfant va parvenir à gérer ses émotions grâce à la présence calme et rassurante de son parent . C’est ce qu’on appelle la corégulation. En d’autres termes, passer du temps avec un parent posé et attentif va lui permettre de réguler favorablement son calme intérieur. D’un côté, l’activité proposée lui permet d’entraîner son cerveau, de l’autre, la présence de son parent l’aide naturellement à mieux gérer son niveau de stress. Ces deux bénéfices simultanés ne nécessitent plus l’intervention d’un praticien.

Les consultations pédiatriques n’abordent pas suffisamment le lien parent-enfant. Même s’il fait l’objet d’une attention croissante, ce lien n’est pas encore considéré comme un véritable levier thérapeutique. Or, il en est un pour les enfants sujets à de fortes réactions émotionnelles. La présence du parent agit comme un médicament. Mais force est de constater que le rythme de vie actuel rend cette présence de plus en plus difficile. 

Les Enfants Orchidées

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Les tempêtes émotionnelles de l’enfant ne sont pas le signe d’un dysfonctionnement interne, elles résultent le plus souvent d’un système nerveux particulièrement sensible à l’environnement. Ces enfants ressentent plus intensément les émotions de leurs parents, les changements de routines et les situations de stress. (Image :  LightFieldStudios / envato)

Une autre recherche apporte un éclairage différent, mais elle reste peu connue des parents. En 2005, le pédiatre et chercheur en développement de l’enfant, W. Thomas Boyce, en collaboration avec Bruce Ellis, a publié une nouvelle théorie appelée Sensibilité biologique au contexte. Leurs travaux montrent qu’environ un enfant sur cinq est particulièrement sensible à son environnement.

Dans des environnements défavorables (froids, punitifs, imprévisibles et négligents), ces enfants très réactifs ont obtenu les moins bons résultats de l’étude. Ils connaissent davantage de difficultés sur le plan de la santé physique et mentale, et obtiennent de moins bons résultats scolaires. En revanche, lorsqu’ils grandissent dans un milieu chaleureux et stable, ces mêmes enfants obtiennent de bien meilleurs résultats. Ils s’épanouissent et dépassent facilement les enfants considérés comme faciles à éduquer. W. Thomas Boyce les a nommés « Enfants Orchidées », en raison de leur sensibilité à l’environnement, contrairement aux « Enfants Pissenlits », qui grandissent et s’adaptent quelles que soient les conditions.

Leurs crises ne sont pas le signe d’un dysfonctionnement interne, elles résultent le plus souvent d’un système nerveux particulièrement sensible à l’environnement. Ces enfants ressentent plus intensément les émotions de leurs parents, les changements de routines et les situations de stress. Depuis 40 ans, W. Thomas Boyce souhaite valoriser ces enfants. Ils ne sont pas des « Pissenlits ratés ». La qualité de leurs expériences et l’accompagnement reçu pendant les 10 premières années peuvent orienter favorablement ou non la trajectoire de leur évolution.

Un message aux parents fatigués

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Toute activité quotidienne réalisée par l’enfant et le parent, basée sur le travail des deux parties du corps, a des effets positifs. À l’opposé de ce que pensent les parents, cette pratique n’a pas besoin d’être compliquée. Elle doit juste être régulière pour produire les effets attendus. (Image : YuriArcursPeopleimages / envato)

Il serait incorrect d’écrire cet article sans reconnaître la réalité à laquelle sont confrontés les parents. Pris le plus souvent par un travail à temps plein, ils investissent dans un système de garde traditionnel coûteux et inadapté au bon développement de ces enfants. De retour à la maison le soir, après 8 heures de travail, ils doivent faire face à des enfants stressés et parfois en crise. Les écrans, solution de facilité, sont les seuls à pouvoir calmer l’enfant en quelques minutes.

Dans ce contexte, recourir à un diagnostic et à une prise en charge médicale semble être la voie la plus commode. L’école peut mettre en place des aménagements, tandis qu’un traitement donne aux parents le sentiment d’agir de façon concrète. Pourtant, aucun des deux ne peut remplacer les interactions relationnelles, essentielles à la construction des connexions neuronales de l’enfant. 

Il ne s’agit pas d’accuser les parents, mais simplement de se rendre compte que l’organisation même de la vie familiale actuelle ne répond pas aux besoins de ces enfants particulièrement sensibles. Face à ces contraintes, et sans en rajouter trop, il devient intéressant d’optimiser le temps, et de mettre en place les 20 minutes journalières de jeu avec l’enfant, bénéfique à son développement cérébral. 

Des outils sont maintenant disponibles et faciles à utiliser. Des applications, destinées au développement des capacités d’apprentissage de l’enfant, proposent des exercices courts de 5 à 15 minutes par jour. Personnalisés, ils sont réalisés par l’enfant et son parent, et encouragent la stimulation cérébrale. Toute activité quotidienne réalisée par l’enfant et le parent, basée sur le travail des deux parties du corps, a des effets positifs. À l’opposé de ce que pensent les parents, cette pratique n’a pas besoin d’être compliquée. Elle doit juste être régulière pour produire les effets attendus.

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Ce tempérament qui a 4 ans se traduisait par une crise de colère, peut se transformer, à 28 ans, en une détermination à terminer un projet. L’intensité reste la même, mais elle se manifeste autrement. (Image : WBMUL / envato)

Quand la différence devient un défaut

De nombreuses études viennent bousculer les croyances des parents au sujet de leur enfant émotionnellement « explosif ». Essayant de réfréner sans cesse le caractère tempétueux de leur progéniture, ils apprennent finalement que certains traits de personnalité en bas âge (agitation, obstination, sensibilité, refus de céder, intolérance au changement) peuvent être le reflet de grandes qualités à l’âge adulte (dynamisme, concentration, empathie, intégrité et créativité), largement recherchées dans le monde professionnel par les employeurs. 

Mary Sheedy Kurcinka, auteur renommé de livres sur l’éducation des enfants, agréée en tant qu’éducatrice familiale, conférencière et spécialiste du tempérament de l’enfant, l’exprime très clairement. Les caractéristiques qui compliquent parfois la vie des parents sont souvent les mêmes que celles que nous admirons chez les adultes. Ce tempérament qui a 4 ans se traduisait par une crise de colère, peut se transformer, à 28 ans, en une détermination à terminer un projet. L’intensité reste la même, mais elle se manifeste autrement.

Lorsque parents et enseignants passent la première décennie de l’enfant à tenter de faire taire l’intensité émotionnelle de l’enfant, ils n’y parviennent pas. Ils ne peuvent pas construire ce lien qui permettrait à l’enfant d’en faire une force à l’âge adulte. À 14, 24 et 34 ans, cette intensité mal accompagnée s’exprime négativement : rage, dépendance, dépression, rébellion silencieuse d’un adulte qui ne sait pas décrypter ses propres signaux. 

Au cœur des tempêtes émotionnelles de l’enfant
La mise en place d’un accompagnement adapté pourra permettre à l’enfant de transformer ses sensibilités en véritables forces, et ainsi construire les fondations de sa vie d’adulte. (Image : mstandret/ envato)

En revanche, lorsque parents et enseignants consacrent la première décennie à construire ce lien à raison de vingt minutes par jour, cette même intensité peut devenir une véritable ressource. Avec le temps, elle nourrit la persévérance, la créativité, l’empathie, le sens des responsabilités ou encore la capacité à entraîner les autres.

Ce premier appel téléphonique de l’école n’est en conclusion pas celui que les parents espèrent recevoir. Néanmoins, il peut être vu comme une opportunité, celle d’être rapidement sensibilisé aux débordements de leur enfant et de pouvoir agir tôt. La mise en place d’un accompagnement adapté pourra permettre à l’enfant de transformer ses sensibilités en véritables forces, et ainsi construire les fondations de sa vie d’adulte. 

Rédacteur Milène Pereira

Source : The Emotionally Explosive Child
www.nspirement.com

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